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Mondran

Chef de projet en système d’information. Statisticien de formation. Ingénieur de recherche dans un institut de recherche.

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  • Premier article le 18/05/2007
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Derniers commentaires



  • Mondran 19 mai 2007 12:14

    L’ouverture pratiquée n’est qu’un avatar de l’appel à l’union nationale qui est très fréquent dans les politiques césariennes. Il ne s’agit ni d’une manoeuvre ni d’un recentrage mais d’un souhait de casser les lignes de forces traditionnelles, pour favoriser des ralliement à la personne du président. C’est très différent de la démarche de François Bayrou qui consiste en une alliance classique entre partis politiques, telle qu’elle est pratiquée dans de nombreux pays européen. Je ne crois pas à une tactique électorale, c’est une politique qui va durer, au moins tant qu’elle n’est pas confrontée à une reconstitution solide de l’opposition.



  • Mondran 16 mai 2007 13:07

    Je réagis au commentaire posté par fifilafiloche. Vous avez globalement raison sur votre synthèse. L’objectif affiché est macroéconomique, reste à déterminer si les mesures discutées dans l’article conduiront à un accroissement de la valeur globale. J’en suis beaucoup moins certain pour la détaxation des transmissions de patrimoine. Mais ce n’est pas sur cela que je réagis. Il est assez faux de dire que la France a pratiqué une politique égalitariste depuis 30 ans. Je pense qu’il y a confusion entre égalitarisme et équité et entre équité et justice. Aucune société, encore moins la Française n’est égalitariste, ce que propose la taxation progressive et ses très nombreuses déductions possibles, s’apparente plutôt à l’équité telle que définie par Rawls, c’est-à dire des inégalités régulées, acceptées collectivement, car elles profitent à tous. Le risque pointé ici, est le développement d’injustices qui ne profiteront qu’à un ensemble extrêmement réduit de gens, dont l’accroissement de richesse ne percolera que très faiblement vers la base. Donc, oui, l’égalitarisme n’est pas souhaitable, mais l’équité sociale l’est car elle constitue le fondement d’une société organisée.



  • Mondran 15 mai 2007 13:11

    Sans vouloir faire l’exegèse de Tolosa, il me semble que les points soulevés par Hurlevent sont formellement justes mais ne traduisent le fond de l’article. Concernant l’exonération d’impôts sur les intérêts d’emprunts, il est effectivement évident que cela va maintenir des prix elevés dans l’immobilier qui pèsent sans commune mesure sur l’economie des ménages acheteurs à faible revenu, par rapport aux gains marginaux espérés sur la feuille d’impôts. L’augmentation forte de la part des emprunts à long terme sur le total des emprunts traduit la prépondérante de plus en plus forte dans certains budgets modestes des achats primaires (nourritures, logements etc.) Ceci est plutôt une involution qu’une évolution.

    Sur la création du capital, vous avez tous les deux raisons. Il est évident que beaucoup de français se sont constitués un capital par l’épargne salariale. Il est également évidement que les régimes fiscaux pesant sur les salaires d’une part et sur le capital de l’autre font qu’un l’accroissement du capital constitué est d’autant plus rapide que le capital est important. Enfin, sur la question de l’impôt et de la redistribution, il est certain que l’impôt ne paie pas le SMIC. Celui-ci est payé par tous les employeurs (y compris l’état) et est revalorisé, sur la base de l’inflation et d’un coup de pouce décidé par le gouvernement. L’impôt finance toutefois des mesures de redistributions (comme les minimas sociaux par exemple).



  • Mondran 15 mai 2007 12:20

    Cet article, très intéressant, permet de mettre en évidence l’ambiguïté des messages de la nouvelle majorité. Axé sur l’effort et le mérite, le programme contient en même temps des projets fondamentalement inéquitables. S’il peut paraître à première vue légitime de transmettre à ses enfants le fruit de son travail, est-il pour l’héritier méritant d’hériter ? Une économie de rentier n’est pas une économie libérale, elle sclérose la circulation des capitaux et empêche le renouvellement de la richesse. Nous savons depuis Rawls qu’elle est également profondément injuste, au sens où les inégalités engendrées par cette mesure ne profitent pas à l’ensemble de la société. Ces projets sont à rapprocher des efforts incessants pour alléger les prélèvements obligatoires et dans le même temps créer des emplois de service à la personne. Une économie de très riches se dessine donc sous nos yeux, avec une redistribution marginale. L’acceptation de cette économie inégale repose sur une idée néoclassique simple, selon laquelle un consommateur accepterait toute mesure visant à accroître même marginalement son gain réel, indépendamment de l’accroissement des ressources des autres acteurs. Cette idée est heureusement contredite par des expériences sociologiques sur le sentiment de justice. Le gain marginal ne suffit pas à faire accepter les mesures, il faut aussi qu’il soit équitable. L’espoir des conservateurs français - faire accepter un partage très inégal des revenus économiques - par un gain marginal positif pourrait donc se révéler infondé.

    La question fondamentale finalement soulevée en filigrane par cet article est celle de la nature de la politique. La société doit-être être seulement un vecteur d’ajustement du marché, où existe-t-il une politique plus citoyenne, qui permette de résoudre les deux principaux problèmes de notre temps : le défi écologique et le vivre ensemble ? Les notions de justice, d’équité et de gain social sont donc vraiment au cœur de l’action. Elles seront certainement au cœur des évolutions politiques des années prochaines.



  • Mondran 23 avril 2007 10:42

    Que de grands et gros mots dans ce commentaire.

    Au delà de la réaction exaspérée et revancharde d’un vainqueur d’un soir, il traduit surtout à mes yeux la brisure importante entre deux mondes français. Celui des classes moyennes aisées et cultivées qui surmontent les évolutions constantes de notre monde, et celui d’une France déboussolée par les changements forts et incessants (dans la composition sociale de la France, dans l’économie, la technique, l’environnement etc.) Cette brisure est incontestablement un échec pour la gauche. Sarkosy héraut de la fracture social ? Plutôt brillant catalyseur de l’échec politique à définir un nouveau vivre ensemble, pour tous, et surtout pour les plus fragiles d’entre nous. Il est malheureusement fort à craindre que les recettes autoritaires et libérales de Sarkosy n’accroissent cette fracture. Mais seule l’histoire nous le dira.

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