D’autre part, je citais l’affaire Dreyfus pour essayer de mettre sur le tapis du débat, la question de la responsabilité française. Il n’est pas plus recevable que nous nous protégions derrière un antisémitisme barbare que de nous mettre à pleurnicher dans tous les coins en cultivant la haine de notre histoire. Il faut être courageux, ouvrir les yeux et faire travailler les méninges, je crois.
Vous avez raison. Je centrais ma réflexion sur le sionisme de Herzl, fondateur de ce sionisme moderne que je considère, pour ma part, comme la base et le récipient de la légitimité de la réclamation d’un foyer national pour les juifs. Les tourments subis par peuple juif sont tout autant millénaires que sa culture.
Je précise qu’aucune des trois grandes théories de la nature humaine décrites dans ce livre n’a tout faux. On ne peut aborder ce sujet depuis le sectarisme qu’il soit religieux, philosophique ( contresens ? ) ou politique.
D’autre part, le problème de réduire la nature humaine à une construction sociale provient du matérialisme marxiste et de l’existentialisme. La recherche de la compréhension de notre nature profonde est un problème millénaire que la religion, non plus, n’a su résoudre. Ce n’est que très récemment que la science a commencé à lever un petit pan du voile qui nous cache cette nature humaine. Je vous conseillerais un livre The Blank Slate( je ne connais pas le titre de la traduction en français ) de S. Pinker qui pose à plat, de manière assez convaincante, l’état de ce problème aujourd’hui. Il y a aussi dans ce livre, une bonne part de spéculation gratuite quand l’auteur tente de faire le lien avec certaines réalités politiques que l’ont peut très bien se dispenser de lire. Ce dernier point n’est que mon avis personnel.
J’accepte la nuance que vous faîtes. Cette gangrène dont vous parliez est donc celle provoquée par le dogmatisme quelle que soit l’idéologie considérée. Ce dogmatisme n’est pas toujours, et même pas très souvent, majoritaire dans les mouvements déclenchés par les idéologies. Par contre, il est vrai que les traces qu’il laisse sont souvent beaucoup plus profondes que tout le reste. Donc, je peux être d’accord pour chercher les traces de cette gangrène provoquée par mai 68 mais aussi d’en chercher celle de la régénération de la pensée qu’a signifié ce mouvement. Cohn-Bendit, par exemple, a beaucoup évolué depuis 1968 et il est vraiment injuste, je pense, qu’il doive supporter les reproches insensés qu’on lui fait constamment sur ce point. Je dis bien, sur ce point, pour le reste il est tout autant critiquable que n’importe quel autre politique.