Là, on entre sur le terrain glissant, espérons que cela ne dégénère pas.
En 47 les juifs et les musulmans étaient déjà en guerre, mais pour répondre sans trop faire de nuances ( on verra par la suite ) je dirai que la terre revenait aux communautés présentes à ce moment, c’est à dire principalement, juifs installés depuis longtemps, sionistes récemment arrivés et musulmans ainsi que les petites minorités chrétiennes de toutes confessions qui ne comptent pas trop dans la problématique. Le problème est que les affrontements entre la Haganah et les arabes duraient déjà depuis plus de dix ans. Les anglais se sont vite défaits de la patate chaude après la II GM et la complexité insoluble fut servie.
« Voilà un film qui vous dit qu’il ne faut pas avoir peur de l’autre »
Exact, et de plus, il faut voir que ce n’est pas par hasard qu’ils n’ont pas peur l’un de l’autre. L’un n’a plus rien à perdre et l’autre n’a jamais rien eu à perdre. En fait, dans la plupart des critiques négatives on sent très bien l’ignorance totale de la réalité d’un tétraplégique, et de son effet sur qui doit le côtoyer, ou de celle de la banlieue et de son effet sur qui la visite sans y vivre. Ou bien tout à la fois car il y a énormément d’intellectuels gratte-papiers complètement perdus dans leur bulle de préjugés.
De plus certains savent à peine lire un scénario comme le démontre la philosophe Marcela Lacub, celle dont vous avez fait remarquer la critique de la preuve par l’œuf, qui, pour réclamer une critique sociale dont le film n’est pas le but, n’hésite pas à écrire : « Driss, contrairement aux apparences, a bel et bien reçu quelque chose de
fondamental à ce moment même : il a compris comme c’est moche d’être un
voleur et à quel point il est important de devenir un garçon honnête. » or Driss passe les trois-quarts du film à chercher à récupérer le Kinder qu’il a voulu offrir à sa tante.
Ce n’est pas un redressement de la morale d’un voleur par opération du Saint-Esprit bourgeois, sinon l’orgueil blessé de celui qui se fait prendre en flagrant délit d’arnaque. L’orgueil, ça existe aussi chez les voleurs, Madame Lacub.
Et la scène de la transformation, pour aller à la guerre de la course au jupon, de Jean Jaurès - Victor Hugo à chef nazi par la magie des ciseaux de coiffure ? Splendide. Sauf que j’ai l’impression que beaucoup restent figés sur Adolphe. Alors forcément, c’est de l’humour ringard et un point Godwin que l’on aime tant accorder.
Le pire est qu’à force de le défendre des critiques stupides, on va nous accuser de lobbying pour le présenter aux Oscars. Enfin, il faut s’y faire, c’est le syndrome du petit village gaulois...