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Nicolas Cavaliere

Nicolas Cavaliere

Je recherche la transparence absolue que les mots viennent obscurir par leur densité.

Tableau de bord

  • Premier article le 06/02/2008
  • Modérateur depuis le 03/01/2009
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Derniers commentaires



  • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 14 mars 2021 17:57

    @perlseb

    Je ne crois pas comprendre ce que vous signifiez par monnaie « horaire ». Que veut dire l’adjectif ? Quel mécanisme ou idée décrit-il ?

    D’accord pour dire qu’empiler des métaux dans un coffre ne sert à rien. Donner autant de valeur à l’or quand on a des abricotiers, c’est un peu bête. S’il y a une crise, la vraie valeur-refuge, d’utilité immédiate, c’est celle qui fait pousser des fruits.

    Après, il ne faut pas non plus tout pousser sur le travail. Se coller sur un hamac avec de la musique dans les oreilles ça ne produit rien de tangible mais tout d’essentiel...



  • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 14 mars 2021 16:01

    @perlseb

    Un système à la fois libre et juste laisse la justice être pratiquée par les citoyens libres en faisant de chacun d’entre eux des magistrats (par tirage au sort). Pour qu’une organisation de ce type fonctionne, il faut nécessairement un minimal de lois. Quand la loi devient une industrie et que les piles de codes s’accumulent, le seul citoyen protégé est celui qui a les moyens de rémunérer un avocat. Les vieilles familles accaparent tout le pouvoir et ont tout loisir d’entretenir les capacités qu’elles souhaitent, y compris les plus reposantes et les plus nuisibles. Si l’argent gagné par un individu au cours de sa vie, ses possessions matérielles, étaient intransmissibles à ses descendants, y aurait-il encore justice, alors que son savoir immatériel peut être reproduit de génération en génération ? La propriété de l’homme libre est-elle juste ?

    On ne peut pas définir le travail légitime dans une économie libre. Considérer le spéculateur et l’apiculteur à la même échelle de création de valeur pour la société, c’est préférer le minage de Bitcoin à la production de miel. Or, je n’ai jamais déversé de Bitcoin dans un mug. Il me semble souvent illégitime d’échanger le produit d’une activité immatérielle contre celui d’une activité matérielle. Le labeur de l’apiculteur lui marque bien le corps que celui du spéculateur. Il donne plus de lui-même. Il y a également plus de mérite à tuer un homme à mains nues qu’avec une arme à feu. Par conséquent, si la technologie peut créer autant de céréales que de livres, alors il est légitime que la distribution de tous ces biens soit assurée par la société et qu’il n’y ait plus de propriété privée. Et que les crimes soient jugés par des magistrats tirés au sort. La seule réelle privation de liberté étant dans le travail forcé, dont la nature est contraire aux aspirations du criminel reconnu coupable.

    La seule règle, au fond, est de reconnaitre prioritairement le travail qui épuise le plus le corps de ses exécutants. En bien ou en mal.



  • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 14 mars 2021 14:47

    @perlseb

    « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse », c’est large, et c’est faux, car ça omet la possibilité du masochisme. Et c’est une conception négative de la morale, qui repose sur un interdit. Comment parvenir à ce que le sujet agisse positivement envers l’autre ? Comment instaurer la gratuité de la relation ? Être né nous engage déjà à honorer nos géniteurs, en maintenant au moins ce qu’ils ont réalisé avant nous (le progrès, c’est le maintien de ce qui existe déjà, disait je ne sais plus trop qui). La dette n’est pas seulement un principe économique, et encore moins un principe d’exploitation. Comment se passer de la dette comme principe d’organisation relationnel ? Comment prendre ce risque ? Comment relativiser la richesse ? Comment abolir la richesse sans perdre de vue l’équilibre matériel nécessaire à l’épanouissement du sujet ?



  • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 14 mars 2021 14:09

    @perlseb

    Morale ou éthique ?

    Morale pour moi se rattacherait à la reconnaissance de la dette qu’on a envers l’autre quand il nous a rendu service, et qu’on lui rend le même en retour. Relation d’objet à objet.

    Ethique, c’est la même chose sans la dette. La reconnaissance de l’autre en tant que sujet. Faire le bien pour le bien. Le bien étant, comme dirait l’autre, ce qui accroit la longévité de la vie humaine.

    Dans les faits, ce qui ne permet plus une stabilité de l’organisation, c’est lorsque les détenteurs de la majorité du capital n’émettent plus de justes reconnaissances de dettes envers ceux qui n’en détiennent qu’une petite partie, ce qui empêche ces petits porteurs de faire le bien pour le bien entre eux. Le riche philanthrope, cette utopie des films de Frank Capra, n’a jamais existé. Le capitaliste ignore les affects.



  • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 14 mars 2021 13:10

    @perlseb

    Pour acquérir un tempérament moral, il faut, non pas du temps, mais l’assurance de la durée. Dans « Un jour sans fin », l’épanouissement du personnage principal passe matériellement par un piano, l’art de la sculpture sur glace, la souscription d’une assurance-vie... Immatériellement, par la manœuvre de Heimlich, la mémoire d’un enfant qui tombe d’un arbre... Les deux se nourrissent.

    A partir du moment où il y a rédaction d’un texte constitutionnel, ça veut dire qu’un groupe s’est constitué et qu’il a utilisé un pouvoir commun pour édicter des règles. Il y a toujours un aspect « nous » contre « eux », une ivresse du conflit, alors seule devrait compter l’ivresse du moment. Je suis d’accord avec vous sur le tirage au sort, la vraie base d’un gouvernement démocratique. Mais se munir d’une constitution est néfaste. Après, imposer le rien, c’est toujours imposer quelque chose...

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