L’idée c’est : puisqu’on ne fait plus confiance à la voix directe du peuple, au moins devra-t-on faire confiance aux personnes qu’il a élues. Sinon c’est, de fait, un désaveu de la démocratie et de notre système représentatif. Une démocratie irréprochable fondée sur des techniques dictatoriales... ça ferait un bel effet, non ?
Je ne sais même pas si c’est faisable. Je ne suis pas certaine non plus que cela garantisse, à coup sûr, une prise en compte des aspirations réelle des citoyens de ce pays. Cependant, cela me paraît en accord avec les processus d’établissement et de modification d’une constitution. Qu’en pensez-vous ?
Plutôt que de réclamer à corps et à cri un referendum qu’on n’obtiendra jamais, on pourrait imaginer l’établissement d’une commission extraordinaire, indépendante, élue directement par le peuple ?
Est-ce que ce sont les syndicats qui remettent en cause la mixité à l’assemblée nationale ?
Est-ce que ce sont les profs qui demandent le financement des écoles privées par des deniers publics ?
Evidemment qu’il y a des dérives et des récupérations ! Qui pourrait les empêcher ? Mais nos enfants sont tous déjà récupérés par la société marchande. Et il faudrait courber l’échine en bon serviteur de la république (pour les profs) ou en bon consommateur de savoir (pour les élèves)...
Sur les méchants grévistes lycéens bien caricaturaux que vous nous avez trouvé, qui seraient tous des élèves exclus ou en passe de l’être... je n’ai rien à dire vu que je n’y crois pas une minute. Mais on peut caricaturer dans l’autre sens : les gentils lycéens qui font leur boulot de lycéens se posent moins de questions sur leur avenir puisque ce sont de bons éléments. La seule question qui les préoccupe c’est d’avoir leur bac (et cette question est légitime... si elle s’accompagne aussi d’un questionnement plus large !). Considéreriez-vous l’égoïsme comme une vertu ?
Je suis, pour ma part, persuadée que ce n’est pas à nos lycéens de mener le combat des adultes. S’ils le font, c’est le signe que les adultes renoncent !
C’est évident : on doit garder sa neutralité avec ses élèves. Les profs qui embrigadent leurs élèves sont dans l’erreur (ceci dit, ce fait est rarrissime). Cependant la laïcité du service publique d’éducation est toujours défendue par tous les syndicats !
Je ne pense pas que l’on puisse comparer une action de grève avec du prosélytisme !