En 2003, le coup d’État avait déjà commencé l’année d’avant, lorsque le président ivoirien se trouvait en déplacement en Italie et qu’il avait dû écourter son séjour pour rentrer précipitamment.
Pourquoi ne pas laisser parler l’héritier de la mise en oeuvre de ce coup d’État initié par Jacques Chirac ?
« Il y a eu improvisation sur le Mali et la Centrafrique. Je ne dis pas qu’il ne fallait pas intervenir, mais je n’ai toujours pas compris ce qu’on allait y faire. Le Mali, c’est du desert, des montagnes et des grottes. Quand je vois le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire... On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Ouattara, sans aucune polémique, sans rien. » Nicolas Sarkozy.
Mais non, ils ne sont pas incompétents, sauf que la France se croyait encore en 1960 et avant. D’après Stephen Smith et Antoine Glaser dans l’un de leur ouvrage, la situation en Côte d’Ivoire et au Gabon, lors de l’éviction du premier chef d’État et l’intronisation de Bongo où les soldats n’avaient pas osé tenir tête que soldats français, était radicalement différente. En Côte d’Ivoire, soldats et populations ont tenu tête à Licorne. D’où le titre d’un article paru à cette : « Avertissementde la Côte d’Ivoire à la Francafrique ».
En 1960, quelques minutes suffisaient pour démettre un pantin. Les choses n’étaient plus les mêmes en 2002, date réelle du début du coup d’État.
L’état psychologique de 1960 et 2011 n’était plus le même. D’où cet avertissement.
Absolument d’accord, mais ne perdons pas de vue que la France sort par la grande porte pour revenir par la petite porte - ses « Gouverneurs à la peau noire ». Il y a dans les nouveaux États ceux qui veulent réellement que le colon s’en aille et ceux qui n’ont d’existence nationale qu’à travers lui. Il faut remarquer que la France écarte de diverses manières ceux qui sont contre elle et remet les clés de ces États à ceux qui ne voient aucun problème à ce qu’elle continue de diriger en sous main.
D’armées coloniales devenues « nationale » mais servant le « Gouverneur » nommé par la France, elles ne pouvaient que demeurer en esprit des armées dorénavant néo-coloniales servant a tenir en respect les populations. Au fil du temps et des viscicitudes de la vie, même les anciens adversaires de la France ont rejoints les gouvernements et le parti unique. Le colonisateur avait, une fois de plus, remporté une bataille.
Bongo finançait son maintien en place, comme les Saoud. Il suffit de voir que la France et ses « petites mains » locales ont éliminé tous ceux qui refusaient de baisser le pantalon.
Quelle équivalence y a-t-il entre le néo-colonisateur et le néo-colonisé ? Colon/colonisé est un rapport de soumission de l’un à l’autre. Néo-colon/néo-colonisé dès la fin de la colonisation directe. Le néo-colonisé est le dirigeant officiel de la néo-colonie tandis le colonisateur devenu néo-colonisateur est en réalité le vrai dirigeant. Ce qui est très avantageux pour lui : le courroux des peuples néo-colonisé n’est pas dirigé contre lui, mais contre son larbin à la couleur local.
Tu parles de la Côte d’Ivoire et des « otages » sans commencer par le premier coup d’État le plus long de la France en Afrique ? La bonne blague !