Je reprends in extenso les déclarations de JMLP dan le lien que vous citez :
« Je rappelle quand même que cette alliance a toujours été rejetée alors que si elle ne se justifie pas sur un plan politique par un accord de gouvernement puisque nous sommes en désaccord sur des sujets essentiels comme l’’euromondialisation’, l’immigration etc, elle se justifie dans des élections à deux tours »
Si les choses ne sont pas claires pour vous. Les alliances au niveau national sont récusées pour les raisons qu’il en donne, parfaitement justifiables. Au niveau local elles sont permises dans la mesure où cette stratégie politique vise aussi à dédiaboliser et normaliser le parti. Ce qui lui octroiera le cas échéant une aura suffisante lui permettant d’être crédible aux yeux d’une majorité d’électeurs, et de gouverner. En plus de phagocyter l’électorat de l’UMP, l’un n’allant pas sans l’autre. C’est en réalité une stratégie gagnante-gagnante pour le Front.
Evidemment si vous cherchez à vous cantonner à la pureté et innocence politique et idéologique, sans esprit de manoeuvre aucun, il ne faut venir vous plaindre des résultats électoraux qui sont les vôtres. On ne peut pas tout avoir.
Je reste convaincu que l’objectif premier est et demeure la prise du pouvoir. Démocratiquement. Pacifiquement. Parce qu’elle est nécessaire et urgente pour le pays et pour notre peuple, afin de réaliser le sursaut national salvateur et de rompre avec les politiques menées depuis bien trop longtemps, et qui consiste à faire à peu près l’exact inverse que la raison et le bon sens commandent de faire.
« Du temps de De Gaulle, les Traités ne comportaient pas de clause de sortie. Maintenant c’est obligatoire, et c’est l’article 50. »
L’article 50 ne concerne pas la sortie de l’euro, et la sortie de l’euro seule, je vous le rappelle. Or c’est bien de cela dont il s’agit pour le moment.
« Pourquoi mentir sur le but de l’article 50, en disant qu’il sert à renégocier les Traités, donc à y rester ? »
Marine Le Pen ne ment sur l’article 50, elle n’en parle pas !
Renégocier les traités, mais si l’on sait par avance que l’on va probablement au devant d’un échec certain, à cette vertu, que vous ne pouvez négliger si vous avez un tant peu soi peu de sens politique, qu’en cas d’échec effectivement celui-ci sera imputable au moins à part égale entre les protagonistes, voire plus imputable encore vis à vis de ceux qui ont refusé de faire bouger les lignes.
Dois-je rappeler que nous parlons ici de remise en cause et de démantèlement d’un processus qui a pris 50 ans, qui a justifié des sacrifices énormes, des investissement financiers et politiques considérables, qui a consister à bâtir une technostructure et un corpus de loi sans équivalent de part le monde, vous pensez vous qu’il serait si simple et responsable, devant l’histoire, d’en porter seul le chapeau ?
Je ne le pense pas. Nous aurions tout intérêt au contraire, actant la faillite objective à tout point de vue de ce modèle, en tout cas pour la France (et bien d’autre pays), d’inclure nos ex-futurs partenaires (dans un autre type d’alliance et de coopération) dans sa déconstruction. Cela semble logique. Cela semble souhaitable.
Allons, vous rappelez vous-même qu’il n’y a pas de clause de sortie pour sortir de l’euro. Vous ne pouvez pas dire tout et son contraire.
Je dis que l’on peut tout à fait imaginer, dans la perspective où rester dans l’Union serait souhaitable (ce que je ne crois puisque je ne crois pas l’Union amendable à un point tel que nous aurions intérêts à nous y maintenir), sortir de l’euro ET rester dans l’Union.
Pour preuve : d’autre pays comme la Pologne ou la Suède sont membres de plein droit de l’Union et pourtant se sont maintenus hors zone euro. Je ne vois pas ici de contradiction, mais assurément un biais pour attaquer le programme du Front national - en particulier, et c’est tout à fait notable - et dans le même temps valoriser le sien propre. C’est de bonne guerre diront certains.
Moi je ne le pense pas pour la simple et bonne raison que la crise aggravée dans la quelle nous nous trouvons commanderait de réunir au contraire toute les bonnes volontés contre l’oligarchie en place, au lieu de passer son temps à nous tirer dans les pattes. En cela Asselineau joue objectivement un rôle détestable, dont j’ai du mal à identifier les visées, à l’opposé de l’esprit de réconciliation qu’impose le contexte et de manière urgente.
Vous n’avez que « professions de foi » à la bouche, en faisant abstraction commode :
1/ de la dimension de communication politique que cela suppose,
2/ de la cohérence d’un parcours et discours politiques menés depuis trente ans.
Ce n’est pas raisonnable.
Je vais vous dire : je préfère mille fois le parcours, prises de position publiques et actes posés des dirigeants du Front ces trente dernières années, et une profession de foi attrape tout en campagne électorale pour ne pas effrayer le chaland qui ne manquerait pas de l’être une fois mis sous pression médiatique par le Système (même Debbouze à récemment fustigé la sortie de l’euro du haut de ses grandes compétences en économie, c’est dire le degré de manipulation qui a cours à l’heure actuelle), que l’inverse. Soit le lot commun de tous les autres bonimenteurs et traitres à l’intérêt national.
Votre dernière remarque est très juste. Simplement sa conclusion logique est que l’universalisme consubstantiel à certain système de pensée sont invalides, ou bien alors dangereux pour la coexistence pacifique s’ils s’appliquent effectivement, puisqu’ils contreviendraient alors, inéluctablement, au principe de réciprocité que vous évoquez à juste raison.
Il
convient en effet de récuser méthodiquement l’idée selon laquelle il y aurait,
non pas un même genre humain, une commune espèce au sens biologique
du terme, comme l’auteur de l’article feint de le découvrir pour assoir sa démonstration, mais celle qui consiste à croire et à
faire croire, afin bien sûr d’amener l’idée par glissement progressif qu’ils partageraient un même système de valeurs, de mêmes idéaux et de mêmes intérêts, confondus en
tous temps et en tous lieux, que les hommes seraient précisément
réductibles à cette seule grille d’analyse, primant ainsi sur toutes autres
considérations.
C’est d’ailleurs, au passage, tout à fait symptomatique et
paradoxal qu’e des individus supposément attachés aux valeurs du progressisme
historique déterminent l’idée qu’ils se font de l’Homme par une argumentation fondée
en premier lieu sur des critères essentiellement biologiques et
non philosophiques...
Introduire cette idée permet d’en développer une autre, souvent masquée en France par les
oripeaux d’un républicanisme et laïcisme de façade, qui se trouve être, comme
il a été dit précédemment, la notion d’Universalité, et en particulier
d’universalité des Droits de l’Homme. Or c’est justement une imposture et ce
pour plusieurs raisons :
1/ Première objection : tout n’est pas réductible à la
vision du monde - parfaitement réductrice - qu’en ont nos universalistes, dont
il faut notamment chercher à se décentrer pour s’en affranchir. Par exemple,
pour qui s’intéresse à la géopolitique constate très rapidement qu’il y a des
constantes dans l’Histoire, mues par des dynamiques qui leurs sont propres.
Cultures, traditions, croyances, religions, sont autant de paramètres à prendre
en compte au sein de l’hypothétique unité de l’Homme, et que l’on peut réunir
sous le vocable de « système de valeur ». Et, très exactement, il ne
faudrait surtout pas oublier que ces systèmes de valeur, multiples et
c’est un état de fait, sous-jacents à toute politique quelle qu’elle soit,
s’ancrent d’abord et avant tout dans une géographie particulière. Ce qui déjà
s’accorde très mal, par principe, avec l’idée même d’universalisme.
2/ Deuxième objection, qui découle de la précédente, la plus
redoutable : le simple fait que ces systèmes de valeurs, ces différentes
cultures et civilisations, revendiquent pour elles-mêmes leur propre
universalisme, relativise explicitement et logiquement la notion même
d’universalité. Prenons un exemple parmi une multitude d’autre : l’Islam.
Qui peut prétendre que l’Islam n’ait pas vocation, de part sa conception
dogmatique, à l’universalité ? Qui nous dit que ce que l’on appelle de
façon péjorative les « fondamentalistes », nullement en déclin mais
bien au contraire partout dans le monde en expansion rapide, n’aient pas pour
vocation et projet politique de transformer les nations occidentales et le
monde en territoire à majorité musulmane (par conversion ou substitution de
population) ? Cela pour une raison simple : le corpus islamique - qui
a prétention à l’universalité donc - ne fait absolument pas de distinguo entre
les territoires où s’exerce - ou devrait s’exercer - l’influence déterminante
de ce dernier. Il n’y a donc pas de frontières à l’islamisation du monde,
autrement que ses limites géographiques.
L’Islam, « religion totale », foncièrement intolérante à
d’autres systèmes de pensée - ni plus ni moins que tout corpus universaliste - puisque de surcroit fondée sur des préceptes religieux d’où
siège une notion d’absolue par définition peu encline à se partager avec
d’autre sphères d’influence, idéologies ou système de valeurs. Par
conséquent ces principes et ces préceptes, portés à un degré d’absolu tel que
la raison ne peut plus avoir de prise, s’opposeront - nécessairement s’entend -
pour une partie d’entre eux, c’est à dire les plus explicites et les moins
susceptible d’être soumis à interprétation (châtiments corporels, peines
capitales divers et variés notamment pour crime d’apostasie, restriction à la
liberté de conscience, rupture de l’égalité en droit, ect...) aux principes
réputés tout autant universalisables selon notre propre référentiel
occidentalo-centré. Pas moins d’ailleurs totalitaire par essence. Et les nombreux pays envahis ses dernières années militairement par l’Occident au nom de la prétendue défense des Droits de l’homme en savent certainement quelque chose.
Dans
ces conditions chacun peut comprendre qu’un quelconque partis pris idéologique
puisse être vécu par autrui, défendant de fait un autre universalisme, comme
une pure aberration morale, exactement au même titre que l’on jugerait en
conscience indécent et malhonnête de se voir refuser un principe de réciprocité
élémentaire qui, de notre point de vue encore une fois, peut pourtant sembler
évident, cohérent et rationnel ?
D’où l’idée qu’il faille introduire un nécessaire et rude rapport de force entre sphères civilisationnelles - et qui n’est absolument pas réductible à du « racisme », qui est un épouvantail argumentatif - qui plus est face à
des cultures traditionnelles patriarcales et endogames qui ont beaucoup de mal à respecter
la propension au compromis, à l’introspection et à la négociation de nos
sociétés occidentales dites modernes.
Un rapport de force d’autant plus intelligent - et subtil - qu’il
supposerait la défense en priorité des valeurs propres à chacun de ces groupes
sur les territoire où ils sont historiquement majoritaires et dominants.
Ce
qu’il faut donc prôner c’est l’intérêt bien compris de toutes et de tous qui
passe déjà, indépendamment de notre propre grille de lecture moralisatrice
pseudo-universaliste, par le respect des différences au-delà des limites,
autrement dit des frontières, qui leurs sont spécifiques. Ce qui
implique logiquement, en miroir de ce postulat, de ne nullement devoir
accepter, à l’intérieur de celles-ci, l’imposition d’us et coutumes
qui leurs sont étrangers. CQFD.
3/
Troisième objection : faisons remarquer que ce qui pourrait sembler
étrangement incohérent (mais sembler seulement) est que ce discours
universaliste sur lequel s’adosse sur la scène mondiale les bonnes
âmes occidentales (et parmi elles nombre de libéraux de droite et de
libertaire de gauche confondus) au vue de prêcher la bonne parole tels les
missionnaires chrétiens du XIXè siècle, est du reste le parfait complément
pourtant a priori antagoniste d’une autre posture cette fois-ci sur la scène
intérieure occidentale, au sein même de notre sphère d’influence donc, et qui
tend par le multi-culturalisme et immigrationnisme qu’il déploie avec force
conviction, et le droit à la différence forcené qu’il promeut, à ériger comme
modèle un relativisme moral et culturel indiscutable, avec les conséquences
heureuses que chacun peut expérimenter quotidiennement.
Ce qui ne manque pas de
dévoiler in fine la totale contradiction intellectuelle de nos tenants humanistes, qui n’en est pas
une en réalité, mais fait partie intégrante d’un processus d’aliénation et de
manipulation de l’opinion publique afin de lui faire accepter, de plus en plus
manifestement contre son gré, un projet mondialiste dégénéré de déculturation,
d’éradication, de nivellement et de déracinement à grande échelle.