@Bendidon ... voila l’Ankou ! Si il existe, au moins sur photo. Mais je suis impatient de lire son article sur le concert de casseroles d’hier soir... quel que soit son auteur réel.
La seule chose dont je sois à peu près sur c’est que la majorité de nos concitoyens la considèrent à la fois comme un droit acquis irréversible et comme un dû sans trop se poser la question de leur participation à son existence et à sa pérennité. Ils perçoivent souvent les contraintes imposées, à tort ou à raison, par les pouvoirs publics comme une atteinte à la démocratie alors que très souvent ce ne sont que des ajustements structurels. Justes ou non, c’est une autre question.
Le fond de votre question porte sur la perception que chacun en a : c’est certainement une solide conviction quand l’opinion est confrontée à des événements extérieurs qui montrent les dégâts de l’autoritarisme et du totalitarisme dans d’autres pays : massacres, emprisonnements arbitraires, spoliations diverses. Par réaction, la démocratie apparaît comme un éden protecteur et donne à chacun l’illusion d’être « en phase » avec la société. Ensuite, on oublie...
Les leaders d’opinion usent et abusent de la notion de démocratie, finalement en lui enlevant une partie de son âme. Le simple fait de la ramener trop souvent à des concepts légaux et institutionnels (j’ai le droit donc je fais) ne peut qu’appauvrir l’implication des citoyens. Par exemple, la représentativité du parlement est selon moi très faible à cause du profil social dominant des candidats. Je suis partisan d’une fraction de « tirés au sort », quitte à retrouver des inconvénients style quatrième république.
Enfin, je ne crois pas à la démocratie idéale comme rempart absolu à la tyrannie. D’un part, l’idéal est par définition inatteignable et toujours à reconstruire, d’autre part la tyrannie n’est pas forcément absolue, du moins selon les critères locaux. Par exemple, dans la Chine médiévale, le corpus et la pratique juridique étaient certainement plus « démocratiques » qu’en Occident à la même époque. Ou encore, certaines pratiques évoluent vite dans des endroits où on ne l’attend pas forcément, même si tout est relatif.
@L’apostilleur La démocratie, dans son esprit sinon dans son essence, peut être vue comme une dynamique et non comme l’état des choses ou un système auto-générateur. La multitude de petites barrières dont vous parlez peuvent être franchies à un moment donné par certains mais pas par tout le monde et surtout pas en même temps. Sa contradiction fondamentale réside dans le fait que personne ne la perçoit de la même façon ni avec la même « intensité » à l’instant T. Dès lors, plus on s’approchera de la démocratie « idéale », plus les frontière de celle-ci s’éloigneront et plus on découvrira de possibles. C’est là tout ce qui sous-tend son avenir.
Je n’en pense rien dans la mesure où ce n’est pas un plan de paix mais un catalogue de bonnes intentions leur permettant d’exister diplomatiquement dans un contexte où les logiques de bloc s’affrontent. C’est exactement ce que ferait n’importe quelle puissance dans le cas où elle ne serait pas directement impliquée dans un conflit créé par d’autres, tout en préservant ses intérêts à moyen terme. Mais tout peut évoluer très vite, nous sommes dans un jeu de poker menteur et il n’est pas certain que ceux qui ont les bonnes cartes sachent les jouer au bon moment. Pour faire court, aujourd’hui personne ne veut la paix.