@Le Fil Démocratique La dette est à l’image de la philosophie politique à l’oeuvre dans ce pays depuis des décennies : une forme structurante du clientélisme appuyée sur deux idéologies incompatibles en apparence mais qui en fait se complètent et se nourrissent l’une l’autre. Elle a été longtemps un moyen peu coûteux d’acheter la paix sociale qui pouvait se passer d’un examen rigoureux de son affectation et de son efficacité. Depuis vingt-cinq ans elle a changé de nature, ici comme ailleurs, pour devenir un palliatif à l’explosion des coûts budgétaires. Les causes sont multiples et intriquées mais le logiciel qui préside à son usage n’a pas changé : avoir la paix jusqu’à la prochaine échéance électorale pour espérer être reconduit.Je passe sur la nature même du processus de l’endettement et de sa légitimité pour donner un seul exemple : En 2024, le recours aux cabinets-conseils s’est établi à 96 millions, un record. De deux choses l’une : soit l’état dispose de hauts fonctionnaires capables de faire le travail et les cabinets-conseils sont inutiles, soit ils ne sont pas en mesure de faire le travail et les hauts fonctionnaires sont inutiles. La France a bien vécu pendant longtemps sans cabinets conseils. Pour ne pas parler du pantouflage et des intérêts privés liés à ces activités.
Oui, il font en « petit » ce que les grandes institutions financières internationales font à l’échelle mondiale mais n’est-ce pas, la morale et la justice ne se mesurent pas en chiffre d’affaires ou en retour sur investissement.
Une irresponsabilité technologique, en quelque sorte.
La technologie a bon dos.
Quand des gosses de cinq ans, voire moins, finissent chez le pédopsy pour cause d’addiction sévère au smartphone transformant le cher petit en monstre ingérable, ce n’est pas la faute du téléphone.
Il me semble que c’est autrement important que les aventures judiciaires rocambolesques du couple provisoirement présidentiel.
Depuis que ce bon Bill Clinton a abrogé le Glass-Steagall Act, qui séparait les banques d’affaires et de dépôt vers l’an 2000, les grandes banques ne se sont pas gênées pour utiliser les dépôts à des fins spéculatives.
D’où la crise ses subprimes et la titrisation, qui n’étaient rien d’autre qu’une allocation du risque à ceux qui s’en pensaient à l’abri, avec les conséquences que l’on sait en termes de destruction de valeur et de perte de contrôle des dettes publiques, qu’on continue à payer encore aujourd’hui.
Dans ce contexte, la taxe Tobin n’est plus un choix, c’est devenu une impossibilité.