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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 11 août 2006 17:29

    @ Ibraluz Je vous remercie de laisser au vestiaire les armes de combat. Vous étiez le premier à les avoir brandies, il est normal que vous soyez le premier à les ranger.

    Vous développez un long argumentaire sur la politique agricole et environnementale du Sahara. Ne connaissant pas le cheikh ould Abdel Weddoud que vous mentionnez, je m’en tiendrai à Pierre Bonte dont vous n’êtes pas sans savoir que ses conclusions n’ont guère été suivies. Les politiques hydrauliques des années 60 jusqu’aux années 80 ont toutes été entachées de dommages collatéraux parfois irréversibles. Il n’est que de citer le barrage Nasser à Assouan. Vous citez l’époque de Coppolani à propos du nombre de puits répartis dans toute la Mauritanie. Parlons-en. C’est lui qui disait, je crois : « au Sahara, tenir les puits, c’est tenir le pays ». Moyennant quoi, afin de desserrer l’emprise des chefs de tribus et émirs qui tenaient le pays en coupe réglée, il avait voulu s’assurer la collaboration des tribus ralliées en leur facilitant l’accès à l’eau. Il y était arrivé jusqu’à son assassinat commandité par Cheikh Ma el Aïnin.

    Mais ce ne sont ni les Français, ni même les hommes qui ont asséché le Sahara.

    Wadan, Tichitt, combien de villes gagnées par le sable, sans que l’homme n’y soit pour rien. La sécheresse actuelle du Sahara a commencé aux environs de l’an 1000. Et jusqu’au XIXème, il y avait des villages de pécheurs aux bord de la sebkha de Timimoun, dans le Gourara. Les premiers méharistes ont péché des silures dans le Hoggar ou le Tassili.

    Parler de « milliers d’espèces végétales » disparues au Sahara, vous exagérez. Vu le nombre d’espèces dont nous disposons en France, en climat tempéré, le chiffre exact doit être de l’ordre de quelques dizaines. D’ailleurs, je suis frappé d’avoir vu, cet hiver, le Sahara renaître à la suite de pluies torrentielles qui ont touché le bassin de l’oued Saguia el Hamra. Les vieux n’avaient jamais vu cela. Des terrains de golf à perte de vu, et sur la route de Tantan, plus de cent kilomètres d’immenses étendues de plantes à fleurs jaunes... Et l’on voyait très bien que le Sahara était entièrement couvert de graines qui ne demandaient qu’à repartir.

    Notons aussi au passage que depuis quelques décennies, pour répondre à un démographie galopante, les autorités se voient contraintes de pomper l’eau fossile contenue dans des nappes phréatiques qui n’avaient jamais été exploitées. Jusqu’à quand ? La première fois que je me suis rendu à Smara, en 1998, il y avait environ 25 000 habitants. Aujourd’hui, huit ans après, il y en a de 60 à 65 000 et j’ai vu refaire à deux reprises le réseau de canalisations qui apporte l’eau à la ville, depuis une nappe située à plus de 80 km. Et que fait Kadhafi en Libye, à pomper son Nil souterrain ?

    Le monde a changé et il change encore. L’homme essaie de s’adapter. Parfois avec succès, parfois il connaît des échecs retentissants. Mais pour moi, le problème capital de toute l’Afrique, blanche ou noire, reste un problème de démographie et de structures sociales. Le savoir ancestral comme vous dites ne peut résoudre les problèmes du XXIème siècle. Les femmes sahraouies se font construire des salles de bain avec baignoire et, le soir, elles passent leur temps dans des boutiques de produits de maquillages, où bien elles changent de téléphone portable tous les mois. Croyez-vous que la roue va se mettre à tourner à l’envers ? J’en doute.

    Même chose en France, les nostalgiques qui retournent à la terre sont ceux qui ont goûté aux charmes de la ville et qui, pour x raisons, s’en s’ont lassés. La plupart des gens qui vivent dans le Larzac n’y sont pas nés.

    Ne pensez pas que les Sahraouis ont envie de retourner vivre dans le désert. Pourtant ils l’aiment ce désert et, le soir, ceux qui possèdent une voiture sortent de la ville et vont jeter une couverture au pied d’un acacia pour boire quelques bereds de thé et faire griller un peu de viande. Mais le soir ils rentrent tous en ville. Souvent, je visite des tentes de nomades. Il y en avait beaucoup cette année dans l’oued Saguia. Et chaque fois j’en viens à me demander de quoi les gens peuvent parler toute la journée ?

    Pour moi, l’âge nomade est révolu. Je sais c’est iconoclaste de parler ainsi mais c’est la réalité. C’est le sens de l’histoire qui l’impose. Les sociétés nomades sont des sociétés fossiles qui, tôt ou tard, sont appelées à disparaître, ou tout au moins à modifier radicalement leur mode de fonctionnement. Aujourd’hui, tout le monde se déplace en Land Rover ou en camion, et même les dromadaires sont déplacés ainsi d’un campement à l’autre. il n’y a plus que les touristes pour « jouer » à la caravanne. Les tentes reçoivent des quotas de fourrage et si on ne creuse plus de puits, on construit un peu partout des citernes que les autorités remplissent régulièrement.

    Pour ce qui est du retour du religieux, il a pour moi une autre signification. Celle d’un échec, d’un blocage, d’une impuissance des sociétés à répondre aux aspirations des peuples.

    C’est parce que tout le monde n’a pu accéder, dans des délais décents, à la modernité, que maintenant certaines populations s’en détournent. Ce n’est pas de la rancœur, c’est du dépit. Allez donc voir comment vivent les députés, les caïds, tous les gens du pouvoir. La modernité ils connaissent et leur éloge des traditions ressemble trop souvent à de la condescendance ou à de la pire des hypocrisie. Un peu comme le mollah Omar fuyant en mobylette vers les montagnes d’Afghanistan retrouver son ancestralité. Souvenez-vous de sa maison aux couleurs et à l’ameublement hollywoodiens.

    Patrick Adam

    Ps - pour ce qui est de la condamnation à mort de l’homosexualité en Mauritanie, c’est dans le code civil et c’est rapporté dans le Guide du Routard...



  • Patrick Adam Patrick Adam 11 août 2006 13:56

    @ tous la duplication du texte n’est pas de mon fait.

    Pour Hassan Sebbah, je suis ravi de sa réaction qui prouve que ça fait mal. Pour Yves, l’américanisme primaire est aussi débile que l’anticommunisme primaire.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 11 août 2006 10:47

    @ ceux qui crient (de loin...) avec les loups

    Saluons respectueusement Madame Aïcha Qandicha pour sa passion guerrière (125 interventions sur le sujet d’après sa propre comptabilité) et son peu de souci pour la tolérance qui règne dans les havres de paix (0 x 0 = 0 sur toute la ligne). Bel exemple de la « suprématie » évidente de l’islam sur toutes les autres valeurs...

    Pendant ce temps, Ka, Wryzia, Ibraluz, Toukif et quelques autres, redorent le blason des musulmans bien malmenés par ces guerriers verts de rage qui ont trouvé avantage de se faire passer pour des assiégés pour mieux jouer les envahisseurs.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 11 août 2006 08:37

    @ l’auteur

    Le jour où vous comprendrez que la pire des lâchetés consiste à toujours refiler aux autres le poids de ses tares, vos propos gagneront en épaisseur intellectuelle. Pour le moment, ils ne sont que des jérémiades qui rendent le pire des services aux pays que vous croyez défendre.

    Dernière perle que vous avez enfilé : des valises bourrées de billets sortent des pays africains, mais ce sont les pays qui les acceptent qui, à vos yeux, sont les coupable... Comment voulez-vous qu’un esprit tant soit peu avisé vous suive dans cette voie ?

    L’Afrique a besoin de lucidité. Il est à déplorer que, là aussi, pour le moment, elle doive compter plus sur les étrangers que sur elle-même, malgré quelques exceptions remarquables dont malheureusement vous ne faites pas partie.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 11 août 2006 08:30

    @ Marsu

    Tiens, salut Marsu. Ça fait plaisir de te revoir. Je croyais que tu avais disparu corps et biens dans la torpeur de la canicule, du côté de Paris Plage ou dans la jungle hostile et inamicale pour y dénicher quelques marsupettes.

    A bientôt sur d’autres fils. Patrick Adam

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