Il peut être intéressant de le rapprocher de la théorie créationniste : le créationnisme ne eut pas accepter que l’existence du pétrole puisse prouver celle d’une vie "plus ancienne" que sa datation de la Genèse.
En informatique, des expériences (voir un autre de mes commentaires) prouvent que des objets informatiques peuvent s’organiser et se complexifier par eux-mêmes, dans un environnement favorable.
Or, le nombre d’essais réalisés pendant ces expériences n’est rien par rapport au nombre colossal d’expériences spontanées de biologie moléculaire qui peuvent avoir eu lieu au cours des derniers 14 milliards d’années dans des centaines de milliards de galaxies qui contiennent des centaines de milliards de soleils.
Pour n’importe quel personne un peu habituée aux nombres, l’énormité de celui-ci suffit à rendre complètement improbable que la vie ne soit pas apparue d’elle-même : sa probabilité d’apparition est 1, c’est-à-dire que c’est une certitude. La science n’a donc pas besoin de Dieu pour expliquer la vie. Que Dieu existe ou pas, c’est une autre affaire.
Stephen Gould a dit que "rien, en biologie, ne semble avoir de cohérence... sauf à la lumière de l’évolution". Un esprit ouvert et critique devrait s’intéresser à ses écrits avant d’adhérer à une théorie. Pour ma part, j’ai lu l’Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran.
Le drame avec votre théorie (non prouvée, et non prouvable) est qu’elle est fatalistre et qu’elle déresponsabilise l’Homme par rapport aux dégâts qu’il fait : ce qui est écrit est fatal. C’est essentiellemenyt pour cette raison qu’il faut la combattre, peu importe qu’elle soit fausse.
Il est clair que l’expansion de l’humanité est en train de rencontrer les limites imposées par sa planète, il suffit de se documenter un peu sur le changement climatique ou sur la raréfaction des ressources (marines en particulier). Devant ces changements majeurs, et en prévision des catastrophes humanitaires qu’ils entraîneront, il faudrait presque inverser le pari de Pascal et appliquer le principe de précaution : s’il n’y avait pas de Dieu pour s’occuper de nous, nous avons intérêt à nous dépêcher ! Sinon : si l’Homme n’est pas le but de l’Univers, il disparaîtra bientôt.
Ce n’est pas la religion qui constitue le danger, c’est l’intégrisme. Et il n’existe pas qu’en religion.
La religion est un instrument de pouvoir, tout comme l’argent, la police d’état, le terrorisme ou les porte-avions. Mais si on évalue un danger au nombre de ses victimes, alors ce n’est pas le plus dangereux.
Aujourd’hui, il y a des milliers de fois plus de victimes de la guerre économique ou politique que de la guerre de religion. L’idéologie du marché organise la guerre économique, qui tue des gens par la faim ou le froid, même dans nos pays riches. Le marxisme s’est toujours défendu d’être une religion... ses morts se comptent par millions. Et quand la religion est impliquée dans un conflit, il suffit généralement de gratter un peu pour constater que l’argument religieux cache une autre raison de se combattre.
@Philou017
On peut être croyant, scientifique... et évolutioniste, ce n’est pas contradictoire. Par exemple : le Big Bang peut être issu du souffle de Dieu, qui l’aurait laissé libre après l’avoir doté de lois physiques et de hasard... la matière pourrait alors s’y organiser sous la seule contrainte de ces lois... l’Homme pourrait apparaître ici et maintenant comme il pourrait aussi disparaître bientôt... juste un instant parmi les milliards d’années. L’Homme n’est pas nécessairement le but de cette "création"-là. Ca n’empêche pas son âme d’être peut-être immortelle. Peut-être même y a-t-il d’autres vies dans l’Univers dotées d’âmes tout aussi immortelles...
Les mutations et la sélection naturelle sont deux moteurs fondamentaux de l’évolution.
J’ai rencontré deux images qui font comprendre à quel point ces moteurs sont naturels, et je vous en fait profiter.
1 - Des mutations dues au hasard, et pourtant viables. Il y a l’analogie du "téléphone arabe", où une phrase chuchotée à l’oreille de son voisin de gauche à table se propage par chuchotements de convive en convive jusqu’à vous revenir dans l’oreille droite... souvent pleine d’un sens que vous n’y aviez pas mis à l’origine !
2 - La sélection naturelle. Il y a l’histoire attribuée à Richard Dawkins : deux triceratops aperçoivent un T-rex qui fond sur eux. Ils se mettent à courir, mais ne parviennent pas à distancer le prédateur. Alors qu’ils commencent à s’essoufler, l’un d’entre eux dit à l’autre : "Pas la peine de courir aussi vite. De toutes façons, nous ne pourrons pas lui échapper". A quoi l’autre répond : "Ce n’est pas pour lui échapper, que je cours aussi vite que je peux. C’est pour courir plus vite que toi"...