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  • phan 18 janvier 2017 21:08

    @Triplette de Sionville
    Edgar Morin, sociologue et philosophe français, est l’auteur de nombreuses publications dont un article intitulé « Israël-Palestine : Le cancer  », cosigné par Danièle Sallenave et Sami Naïr et publié le 4 juin 2002 dans le quotidien Le Monde.
    Deux associations, Avocats sans frontières et France-Israël, ont alors engagé des poursuites pour antisémitisme contre l’auteur. Après quatre ans de procédure, la Cour de cassation a mis un terme définitif à ces poursuites en considérant que cette tribune relevait de la liberté d’expression.



  • phan 18 janvier 2017 19:17

    @Triplette de Sionville

    Antisémitisme, antijudaïsme, anti-israélismeEdgar Morin - Le Monde - 2004

    Il y a des mots qu’il faut réinterroger ; ainsi le mot antisémitisme. En effet, ce mot a remplacé l’anti-judaïsme chrétien, lequel concevait les juifs comme porteurs d’une religion coupable d’avoir condamné Jésus, c’est-à-dire, si absurde que soit l’expression pour ce Dieu ressuscité, coupable de déicide.

    L’antisémitisme, lui, est né du racisme et conçoit les juifs comme ressortissants d’une race inférieure ou perverse, la race sémite. A partir du moment où l’anti-judaïsme s’est développé dans le monde arabe, lui-même sémite, l’expression devient aberrante et il faut revenir à l’idée d’anti-judaïsme, sans référence désormais au « déicide ».

    Il y a des mots qu’il faut distinguer, comme l’antisionisme de l’anti-israélisme, ce qui n’empêche pas qu’il s’opère des glissements de sens des uns aux autres. En effet, l’antisionisme dénie non seulement l’installation juive en Palestine, mais essentiellement l’existence d’Israël comme nation. Il méconnaît que le sionisme, au siècle des nationalismes, correspond à l’aspiration d’innombrables juifs, rejetés des nations, à constituer leur nation.

    Israël est la concrétisation nationale du mouvement sioniste. L’anti-israélisme a deux formes ; la première conteste l’installation d’Israël sur des terres arabes, se confond avec l’antisionisme, mais en reconnaissant implicitement l’existence de la nation israélienne. La seconde est partie d’une critique politique devenant globale de l’attitude du pouvoir israélien face aux Palestiniens et face aux résolutions de l’ONU qui demandent le retour d’Israël aux frontières de 1967.

    Comme Israël est un État juif, et comme une grande partie des juifs de la diaspora, se sentant solidaires d’Israël, justifient ses actes et sa politique, il s’opéra alors des glissements de l’anti-israélisme à l’anti-judaïsme. Ces glissements sont particulièrement importants dans le monde arabe et plus largement musulman où l’antisionisme et l’anti-israélisme vont produire un antijudaïsme généralisé.

    Y a-t-il un anti-judaïsme français qui serait comme l’héritage, la continuation ou la persistance du vieil anti-judaïsme chrétien et du vieil antisémitisme européen ? C’est la thèse officielle israélienne, reprise par les institutions dites communautaires et certains intellectuels juifs.

    Or il faut considérer que, après la collaboration des antisémites français avec l’occupant hitlérien, puis la découverte de l’horreur du génocide nazi, il y eut affaiblissement par déconsidération du vieil antisémitisme nationaliste-raciste ; il y eut, parallèlement, suite à l’évolution de l’Église catholique, dépérissement de l’anti-judaïsme chrétien qui faisait du juif un déicide, puis l’abandon de cette imputation grotesque. Certes, il demeure des foyers où l’ancien antisémitisme se trouve ravivé, des résidus des représentations négatives attachées aux juifs restés vivaces dans différentes parties de la population ; il persiste enfin dans l’inconscient français des vestiges ou des racines de « l’inquiétante étrangeté » du juif, ce dont a témoigné l’enquête La Rumeur d’Orléans (1969) dont je suis l’auteur.

    Mais les critiques de la répression israélienne, voire l’anti-israélisme lui-même ne sont pas les produits du vieil anti-judaïsme.

    On peut même dire qu’il y eut en France, à partir de sa création accompagnée de menaces mortelles, une attitude globalement favorable à Israël. Celui-ci a été d’abord perçu comme nation- refuge de victimes d’une horrible persécution, méritant une sollicitude particulière. Il a été, en même temps, perçu comme une nation exemplaire dans son esprit communautaire incarné par le kibboutz, dans son énergie créatrice d’une nation moderne, unique dans sa démocratie au Moyen-Orient. Ajoutons que bien des sentiments racistes se sont détournés des juifs pour se fixer sur les Arabes, notamment pendant la guerre d’Algérie, ce qui a bonifié davantage l’image d’Israël.

    La vision bienveillante d’Israël se transforma progressivement à partir de 1967, c’est-à-dire l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza, puis avec la résistance palestinienne, puis avec la première Intifada, où une puissante armée s’employa à réprimer une révolte de pierres, puis avec la seconde Intifada qui fut réprimée par violences et exactions disproportionnées. Israël fut de plus en plus perçu comme État conquérant et oppresseur. La formule gaullienne dénoncée comme antisémite, "peuple dominateur et sûr de lui", devint truisme. La poursuite des colonisations qui grignotent sans cesse les territoires palestiniens, la répression sans pitié, le spectacle des souffrances endurées par le peuple palestinien, tout cela détermina une attitude globalement négative à l’égard de la politique de l’état israélien, et suscita un anti-israélisme dans le sens politique que nous avons donné à ce terme. C’est bien la politique d’Israël qui a suscité et amplifié cette forme d’anti-israélisme, et non la résurgence de l’antisémitisme européen. Mais cet anti-israélisme a très peu dérivé en anti-judaïsme dans l’opinion française.

    ....



  • phan 18 janvier 2017 16:12

    Le Parti socialiste et les musulmans : histoire d’une rupture (France)

    Une simple lecture de l’histoire du socialisme français suffit pourtant à saisir que la continuité idéologique du parti socialiste est sans faille sur cette question : le soutien au sionisme aujourd’hui plonge ses racines dans le colonialisme qui a marqué toute l’histoire du socialisme français.

    Farida Belghoul : « L’état français est laïc mais la France est un pays chrétien »



  • phan 18 janvier 2017 15:27

    J’ai trouvé une belle citation ce matin d’Edgar Morin :
    Quand les vieux oublient avoir été jeunes et que les jeunes oublient qu’ils seront vieux, ils ont l’illusion d’être de races différentes !



  • phan 18 janvier 2017 12:47

    @Mordicul

    Et pour le prolétaire qui aime tant les sweat shops en Chine

    John A. Macdonald’s Aryan Canada : Aboriginal Genocide and Chinese Exclusion by Timothy J. Stanley
    Racisms are central to the creation of Canada through European dominance over the vast territories of the First Nations, Inuit and Métis people. A case in point is provided by John Alexander Macdonald and his enactment of Asian exclusion and the genocide of the people of the southern plains.[1]
    Macdonald not only excluded the Chinese, he personally introduced biological racism as a defining characteristic of Canadianness. Biological racisms depart from older racisms by constructing allegedly natural, immutable and inescapable racial categories on the basis of supposed biological differences. Previous racisms had been based on alleged cultural characteristics that could change over time.[2] Macdonald’s fixing of difference was neither accidental nor simply the result of mere prejudice.

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