Ilan Pappe, historien israélien, a choisi de vivre en Angleterre, ne pouvant plus supporter le climat politique dominant en Israel. Il analyse ici la « vertueuse indignation » du gouvernement et du peuple Israel après le drame de la flotille humanitaire pour Gaza. Il l’explique par la conviction bien ancrée en Israël que les Arabes, et en particulier les Palestiniens, ont pour objectif fondamental de détruire Israël. Cette conviction trouve son origine dans le rêve de la possession totale du Grand Israël et se nourrit de la méconaissance de l’actualité et de l’histoire. Ilan Pappe évoque aussi la puissance de l’armée qui domine la vie publique.
Ilan Pappe explique ensuite qu’il a eu du mal a briser lui-même cet étau ideologique. Incidemment, il estime que le mouvement d’opposition en Israël n est pas assez fort pour infléchir la politique israélienne et qu’il faut une intervention résolue des gouvernements démocratiques.
Toute tentative de résoudre un conflit doit s’attaquer aux racines de celui-ci, et les racines d’un conflit se trouvent généralement dans son histoire. La distorsion et la manipulation des faits historiques expliquent très souvent l’incapacité de le résoudre. À l’inverse, une approche plus exhaustive et véridique du passé permettra de trouver une solution et d’accéder plus facilement à une paix durable. Une histoire déformée peut en fait faire plus de tort, comme le démontre le cas du conflit israélo-palestinien : elle peut justifier l’oppression, la colonisation, et l’occupation.
Ilan Pappé est un historien et militant politique israélien. Bon nombre de ses travaux universitaires traitent de l’expulsion en 1948 de 700 000 à 800 000 Palestiniens de leurs foyers, dans ce qui devint l’État d’Israël.
Il a récemment annoncé qu’il allait commencer la traduction de son livre « Le nettoyage ethnique de la Palestine » par l’intermédiaire de l’externalisation ouverte sur Facebook. Cette idée lui est venue après s’être heurté pendant des années à l’impossibilité de trouver un traducteur ou un éditeur en Israël.
Ma’an l’a récemment interviewé afin de discuter de sa décision de faire appel à l’externalisation ouverte pour traduire son livre, du statut de la liberté académique en Israël et de la décision de l’Association des études américaines (ASA) de boycotter les institutions universitaires israéliennes.
Il y a vingt ans, en 1987, paraissait La Naissance du problème des réfugiés palestiniens, le premier livre de ce qu’on allait bientôt appeler la « nouvelle histoire » israélienne. Son auteur, Benny Morris, mais aussi Ilan Pappé, Avi Shlaïm, Tom Segev et d’autres ont, en quelques années, réécrit les conditions dans lesquelles l’État d’Israël a vu le jour, battant en brèche les mythes et les tabous chers à leurs prédécesseurs. Il est désormais impossible de nier la réalité de l’expulsion de quelques 800 000 Palestiniens dans les mois qui précèdent et suivent la création de l’État juif en mai 1948.