La grandeur de la France et sa belle Histoire, dans le contexte de notre discussion, je m’en tamponne totalement. Vos considérations sur la nature du peuple français me paraissent spécieuses et hors sujet.
C’est
juste une question de conception du monde. Dans la mienne, le pouvoir
appartient au peuple - quelle que soit sa nature - par définition, et la
« structure » qui est la plus adaptée à l’exercice du pouvoir par le
peuple, c’est la nation pour une simple raison de cohérence de
population. L’Europe ne le permet pas.
[ Nation : Groupe humain,
généralement assez vaste, dont les membres sont liés par des affinités
tenant à un ensemble d’éléments communs ethniques, sociaux (langue,
religion, etc.) et subjectifs (traditions historiques, culturelles,
etc.) dont la cohérence repose sur une aspiration à former ou à
maintenir une communauté. Déf. CNTRL ]
Si comme vous le dites,
il faut maintenant aller chercher le pouvoir là où il est, c’est-à-dire
en Europe (ou ailleurs), c’est justement parce que la destruction de la
démocratie est un travail auquel nos élites ont mis beaucoup d’ardeur.
Il est donc temps de corriger le tir.
Et s’il s’avère
effectivement pertinent de faire partie d’un ensemble continental, c’est
en pleine possession de nos pouvoirs, pas comme sujets asservis d’une
techno-structure à la solde de l’oligarchie.
J’aime bien votre vision idyllique, mais il suffit d’ouvrir les yeux sur le monde pour se rendre compte que l’oligarchie adore les grands ensembles et s’y trouve comme un poisson dans l’eau. Si vous pensez récupérer le pouvoir au niveau européen alors que vous l’avez déjà perdu au niveau de la nation, vous rêvez. Actuellement, la démocratie, ou quelque chose qui y ressemble beaucoup, n’existe que dans les petits pays, par exemple Suisse et certains pays d’Europe du nord. Le retour à la nation n’est pas à voir comme un repli ou une défiance vis à vis de nos partenaires. Il s’agit d’abord de reprendre le contrôle - au niveau national - qui a échappé au peuple au profit de l’oligarchie, avant de reconstruire sur cette base des relations et coopérations internationales aussi poussées que possible. La gouvernance mondiale que vous appelez de vos voeux, si elle devait voir le jour aujourd’hui, ne pourrait être qu’une dictature autoritaire au service de l’oligarchie, en aucun cas d’une démocratie.
Comme vous, Orion, je pense que le RU - le vrai, celui que vous décrivez - est la seule solution, mais c’est tellement révolutionnaire que certains, nombreux, sont incapables de l’envisager parce que ça heurte leur conception du monde qui se résume grosso modo à : on est là pour en chier, c’est comme ça et c’est pas autrement ! Des siècles de conditionnement à démolir...
Excusez-moi, je suis sûrement très con, mais je n’arrive pas à comprendre quels évènements - importants, qui pourraient réellement changer nos vies - vous pensez voir se produire suite à la prochaine élection présidentielle. Sans remise en cause profonde du système rien n’est possible - à part du simple cosmétique - et parmi les candidats ayant quelque chance d’être élus, y en a-t-il un seul qui propose une telle remise en cause ? Non, donc leur capacité d’action sera sous contrôle des marchés, c’est-à-dire nulle. « Pas de sous ! » sera leur seule réponse. Et « les marchés » continueront à se goinfrer 50 milliards d’euros d’intérêts par an.