@Pierre Lorsque vous écrivez ce message vous consommez un produit américain à savoir internet qui rapporte plus que n’importe quelle multinationale automobile. Toutes les économies post industrielles sont des économies de services. L’air du temps est favorable à une certaine réindustrialisation mais cela ne concernera que les secteurs stratégiques. Les pays développés irons seulement faire produire ailleurs qu’en Chine si la situation se dégrade. Cela permet aux pays les plus pauvres de sortir de la misère et aux plus riches d’acheter leurs produits à bas prix. La Chine est certes devenue l’usine du monde mais son modèle politique n’attire pas, sa science dépend encore des autres. L’immigration en Europe ne se résume pas aux clandestins sous des tentes. Comme toutes les zones riches elle attire aussi les talents et des gens qui trouvent leur place avec un modèle moins violent qu’aux USA et moins inégalitaire. Le début de votre texte prouve simplement que le déclin est un bon filon et une obsession occidentale depuis le XIXème siècle.
@simir Vous supposez mal. Dans une économie de services ouverte comme la nôtre les exportations se font dans le cadre d’accords de réciprocité et de concurrence loyale dans le meilleur des cas. Une France protectionniste hors de l’UE alors que l’essentiel de ses échanges s’y font verrait se réduire drastiquement ses exportations (les anglais sont en train de s’en rendre compte). De plus le programme social des insoumis (augmentation forte des salaires, aides sociales accrues, réduction du temps de travail, retraite après 40 années) et les ponctions prévues sur les grosses entreprises rendront les produits français moins compétitifs à l’exportation. Ainsi en voulant protéger on risque de détruire beaucoup d’emplois. Cela ne signifie pas qu’on ne peut rien faire. La France a déjà un modèle social très redistributeur comparé à la plupart des pays dans le monde tout en étant économiquement efficace. Il y a encore beaucoup à faire pour réduire les inégalités et donner une vie décente à chacun mais ce n’est pas en promettant de « raser gratis » qu’on y parviendra.
@Fergus Ce qui supposerait en cas de victoire deux ou trois mesures symboliques difficilement arrachées puis une gestion de droite du pays avec un président isolé dans sa tour d’ivoire. Cela fait rêver !
@Fergus Mélenchon compte mobiliser les abstentionnistes et les électeurs RN avec un programme social très généreux et protecteur. Il oublie au passage que ce n’est pas eux qui font l’élection. Même s’il réussissait à faire revenir 20 à 25% d’entre eux à gauche, ce qui serait un exploit il ne serait pas présent au second tour. De plus son programme lui met à dos l’ensemble des la droite, centristes compris, la gauche PS et les verts. Il prône un Etat ultra-redistributeur qui mettrait le patronat au pas. Un pays protectionniste quand un travailleur sur quatre doit son salaire aux exportations. L’UE doit accepter sa vision ou la France en sortira. Exit l’OTAN, vive la belle armée française qui défendra ce modèle étatiste généreux comme il n’en existe nulle part dans le monde où le privé est toléré tant qu’il travaille pour le collectif. Ce paradis gaulois que n’aurait pas démenti Georges Marchais en son temps l’écologie en moins est une illusion gauchiste pas du tout neuve. Sa séduction se limitera aux militants déjà acquis à la cause.
Le slogan est révélateur, à défaut de faire l’union de la gauche Mélenchon tente l’union du peuple. Vaste programme...
Tous les partis politiques se réclament du peuple, un terme valise qui a l’avantage de dire tout et pas grand chose.
Cela ne fera pas revenir miraculeusement les classes populaires qui votent peu et plutôt RN.
La réalité est que Mélenchon divise la gauche. Les Insoumis jouent le même rôle que le PCF jusqu’en 81, un parti de protestation dont le programme ne laisse aucune chance d’accéder au pouvoir.
Et ce n’est pas un sondage qui changera les choses. Les valeurs d’égalité et de justice sociale sont certes majoritaires dans ce pays mais cela n’entraine pas automatiquement une adhésion au projet de Mélenchon.
Un projet ultra étatiste en forme de « on rase gratis » qui se fracasserait en moins d’un an sur le mur de la réalité économique, diplomatique et politique.