@ZenZoe Je ne prête rien du tout, je constate votre formulation : « tout suicide est un drame », comme dire que tout accident est triste, mais tous les accidents se valent.
Il y a certaines typologies suicides professionnels qui sont très complexes à « traiter », comme le cas des agriculteurs où c’est surtout lié à l’environnement économique qui met une grosse pression economique menant au desespoir. C’est clairement lié à la profession et ça reste affreux.
Pour les flics et les profs c’est également lié à la profession, mais ce qui est caractéristique c’est plutôt que c’est dû à une répétition d’agressions morales, dont beaucoup sont évitables. Dans le cas de jean Willot il s’agit de la situation particulièrement emblématique où la victime est accusée personnellement, pas en tant que professionnel mais en tant qu’individu . Et la victime sait, dès le début de l’agression, qu’elle sera au mieux ignoré par sa hiérarchie, au pire utilisé comme bouc émissaire. Quand la plainte arrive le prof sait qu’il est piégé : soit il accepte le piège qui va le broyer, soit il s’échappe, par le suicide.
Moi non plus je n’aime pas les leçons de morale, surtout que je connais extrêmement bien le sujet en tant que prof : cette semaine une mère d’élève a menacé de porter plainte contre moi juste parce que j’insistais pour que son fils fasse une petite punition. La mère harcelait le Proviseur qui a fini par me lâcher, quitte à m’humilier publiquement. Il faut savoir que le fonctionnement hierarchique de l’EN est basé sur la culpabilisation et l’humiliation.
Je n’ai pas dit que vous vous foutiez du sexisme et des violences verbales, mais à moins que vous ne soyez prof, vous n’êtes pas au courant de ce phénomène caché et grandissant qui est assurément le signe d’une société qui pourrit à travers ses enfants. Pour une fois Rosemar a raison mais le dit très mal.
@ZenZoe Les profs sont particulièrement exposés. D’ailleurs c’est connu depuis longtemps pour ceux qui s’informent .
Vous seriez heureuse qu’on continue à cacher le harcèlement scolaire ? c’était le cas il y a 5 ans encore, jusqu’au mort « de trop ».
Personne ne se réjouit de ce suicide mais beaucoup, comme vous, trouvent cela quelconque, parce que sans doute vous n’aimez pas trop les enseignants. Ce que vous ne comprenez pas c’est que si les enseignants ne sont pas protégés alors qui protège les élèves ? Le sexisme et la violence verbale sont en recrudescence dans les établissements scolaires, mais on s’en fout hein, parce que Rosemar elle est méchante et que la contredire sert votre projet. Si Rosemar se déclarait contre le viol diriez vous qu’il n’y a pas de hierachie dans la violence et que bof ?
@gaijin Les femmes violées sont également responsables de leur sort . ... Comme les chomeurs .. Comme les dépressifs ... Comme les morts sur la route .. Comme les SDFs .... Comme les civils tués sous les bombes
@Fergus Sur ce cas précis les éléments connus sont déjà suffisamment clairs pour ne pas permettre de se retrancher précautionneusement derrière un « il faut attendre l’enquête ».
Un suicide est très rarement lié à une cause unique, est-ce une raison pour deresponsabliser l’auteur de l’événement déclencheur ?
Quand un enfant se suicide en raison de harcèlement on pourrait utiliser exactement le même argument pour « absoudre » la meute de harceleur (« c’est pas moi, j’étais pas tout seul ... ») ; heureusement qu’on ne fait plus cela, depuis quelques d’années. Il a fallu « un suicide de trop ».
Que votre commentaire de relativisation soit largement apprécié par les agoravoxiens montre toute l’horreur de ce problème : les adultes se réjouissent presque du suicide d’un enseignant, qui oserait le faire pour le suicide d’un enfant ?
Clairement notre société est malade. Rosemar dit souvent des bêtises, mais pas tout le temps.