Je crois que moi j’ai compris : il n’y a aucun problème en France. Le Travail est une notion qui t’échappe. Le social et le travail : pas de Frederic9. Il y a la Police.
Tu soutiens ce que tu dénoncerais en étant depuis trente ans à vingt mètres d’où tu es. Tu aurais le discours et l’avis que tu observes chez d’autres. Il ne te manque qu’un suivi personnalisé.
Des incapables qu’il faut occuper la journée au travail (pour éviter nuisances et dégradations) ne manquent pas. Ils se mêlent de tout et se voient à travers leur nombre atteint, et dans une majorité occasionnelle à se disputer du leadership. Ne crois pas que c’est mieux si d’autres bossent, en te demandant ce qu’ils pourraient faire en plus (de nourrir et d’éduquer tes enfants, de t’éclairer la nuit et de faire des routes et des maisons). Ce raisonnement, personne n’en veut plus.
Se réunir à la Gare du Nord, moi je veux bien. A HamburgerCité aussi (où je pourrais aller le six du mois, c’est nickel, sympa). Mais est-ce qu’il en sort quelque chose au niveau des biens et services à disposition, (publics et associatifs) ? je veux dire... quelque chose pour le monde qui est autour (femme enfants et frères et soeurs qui font le ménage, la vaisselle et des devoirs pendant ce temps)... Moi je te dis qu’il y a des efforts à faire pour se sentir français en France. Beaucoup ne veulent pas le comprendre, à cause de la caf entre autre, mais aussi parce que leurs parents n’ont pas d’autorité. Et tout se dégrade à tous les niveaux d’inégalité de cette société pendant ce temps.
Faye n’a rien compris au Cours sur Nietzsche, qui constitue précisément une position contre la récupération accélérée de Nietzsche (par la tendance qui affirmait son pouvoir en 1940-1941). En particulier, Heidegger déconstruit chez Nietzsche, les nombreux détours de phrase physiologisants en les confrontant à l’examen de la Volonté de Puissance. Il met en lumière ce qui les rend inassimilables au message de la Propagande : sang, race... et donc, de mettre en avant une interprétation biologique de Nietzsche. Tout le Cours en question avance et tend vers ce point. C’est peut-être ce qui a intéressé Klossowsky en son temps. Heidegger n’avait pas, évidemment, fait part autrement de sa position. Pourtant, une distance prise, et en temps de guerre, était là. Il n’était pas le philosophe du Régime... et Nietzsche non plus. (Pour certains, j’en profite pour signaler que Nietzsche a cessé brutalement de philosopher en 1889 et que la période nazie, c’est plus tard).
Ceci dit, il n’y avait plus d’autre tendance politique présente à ce moment-là au Pouvoir. Le post @herbé ci-dessus, invite à un éclairage sur Heidegger à propos de son village Messkirch, à partir de la considération du sol : un paysage où appliquer un ouvrage de petits métiers pour une existence traditionnelle, contre la succession de métamorphoses imposées par les avancées de la Technique. Les mouvements de l’écologie, très présents en Allemagne, représentent même un héritage de ces idées à gauche.
Les Résistants de l’après-bataille se précipitent à ce genre d’occasion.
Je ne me joins pas à eux.
Il y a eu au Pouvoir et au Gouvernement sous Giscard d’estaing (même si la bonne foi était probable), des serviteurs du nazisme (ou de l’état). D’autres ont plus tard dîné avec Mitterrand (et, excusez-moi, avec Simonne Weil). Il n’est pas facile de savoir qui est qui. Sur cet espace non plus.
Résister était minoritaire sous l’occupation et à divers degrés. Parmi ceux qui avaient des responsabilités familiales, qui ne résistaient pas, certains se permettaient une opposition sourde... et devaient bientôt laisser leur appartement à l’occupant pour réquisition, et partir en zone libre. A leur retour, ils étaient accueillis avec à-propos de circonstance. Ils ont remis un peu l’ordre. Je suis assez content de dire cela, car si s’opposer à des forces très supérieures à soi paraît sans solution, il en existe pourtant encore et encore.
Le Général de Gaulle a eu quelques phrases senties sur la question des résistants de dernière heure et au sujet des procès.
Sur le fond : le thème évoqué n’est en rien philosophique et beaucoup de gens ont fructifié sur le terrain de la littérature intellectuelle (j’ai moi aussi acheté de telles « oeuvres ») sur le cas ou les idées d’Heidegger. Sur le compte des lecteurs de philosophie surtout.
BHL, homme et intellectuel français engagé, n’est pas dernier à faire la différence entre la vraie et la fausse monnaie en matière humaniste et en matière philosophique. Il a défendu en connaissance de cause la mémoire de Beauffret, enseignant estimable et honnête. Je n’aime ni les traductions de Beauffret ni ses préfaces ni ses entretiens. Je lui préfère de loin Towarnicky. Cela ne me fait pas confondre les genres.
Je vois errer des posts où on parle de « Bibliothèque de Philosophie » où Heidegger serait proscrit : affolant de prétention et de médiocrité. Si encore on disait cela en étudiant, à 20ans...
Lévinas avait une position hostile claire mais une réflexion. Son expérience personnelle lui a laissé ses propres contradictions sur le terrain philosophique et assez d’inspiration pour avoir des idées. Il a soutenu Beauffret en son temps, qui souffrait à la fin d’une carrière où il n’avait rien à se reprocher (voir Jeannicaud, Martineau).
Je suis dégoûté de remarquer que les loups d’aujourd’hui crient encore avec les loups. Les mêmes adhéraient naguère à la mode comme aujourd’hui. Et même : des méthodes de « décryptage » d’opinions « suspectes » et de « pseudo »-pseudos, relèvent de l’attitude qui faisait triompher la bassesse et la médiocrité à la triste époque.
La chanson de l’Opportuniste, écrite par Lanzmann, relève d’un passé où le passé de collaboration n’était pas sorti des mémoires.
Sur le fond, il n’est pas facile à un philosophe de savoir ce qu’il pense : c’est son travail... qui apparemment serait le travail de donner son opinion sur des questions auxquelles on ne comprend rien.
Si tout le monde ne pense pas (la même chose), un échange est envisageable sans garantie de réception. Et Mille excuses pour cette indentation toute obligée.