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  • Premier article le 19/08/2008
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Derniers commentaires



  • rakosky rakosky 24 janvier 2011 12:26

    J’ajoute que politiquement et intellectuellement je me sens bien plus proche des surréalistes et de Breton et Soupault en particulier,mais enfin il faut bien reconnaitre que ce qu’ils écrits ne vaut pas un clou.Je ne vois dans tout ce courant qu’Antonin Artaud qui fasse preuve d’un véritable génie littéraire...



  • rakosky rakosky 24 janvier 2011 12:11

     "La France avait produit un antisémite exceptionnel, qui avait compris toute la puissance et toutes les possibilités de la nouvelle arme. Le fait que cet homme ait été un romancier de valeur est caractéristique de la situation particulière de la France, où l’antisémitisme n’avait pas été socialement et intellectuellement discrédité comme dans les autres pays d’Europe.
    La thèse de Louis-Ferdinand Céline était simple, ingénieuse, et elle avait juste ce qu’il fallait d’imagination idéologique pour compléter l’antisémitisme plus rationaliste des Français. Selon Céline, les Juifs avaient empêché l’unité politique de l’Europe, provoqué toutes les guerres européennes depuis 843 et tramé la ruine de la France et de l’Allemagne en suscitant leur hostilité mutuelle. Céline avança cette abracadabrante explication de l’histoire dans l’Ecole des cadavres, ouvrage écrit au temps des accords de Munich (1938), et publié pendant les premiers mois de la guerre. Un pamphlet publié précédemment sur le même sujet, Bagatelles pour un massacre ne donnait pas encore cette nouvelle clé de l’histoire européenne, mais était déjà remarquablement moderne. Céline n’établissait pas de distinction entre Juifs nationaux et étrangers, entre bons et mauvais Juifs : il ne se souciait pas de proposer des lois compliquées (l’une des caractéristiques de l’antisémitisme français) : il allait droit un but et réclamait le massacre de tous les Juifs.

    Le

    premier livre de Céline reçut un accueil très favorable de la part des principaux intellectuels français, en partie assez satisfaits de cette attaque contre les Juifs, et en partie convaincus que ce n’était qu’une nouvelle et intéressante fantaisie littéraire (André Gide dans « Les Juifs, Céline et Maritain », pense que Céline, en décrivant seulement la « spécialité » juive, est parvenu à peindre non pas la réalité mais la véritable hallucination que la réalité provoque). Pour exactement les mêmes raisons, les fascistes français ne prirent pas Céline au sérieux, même si les nazis, eux, le considérèrent toujours comme le seul véritable antisémite français."

    (Arendt, Sur l’antisémitisme, Point-Seuil p.85)

     
    Céline était-il sérieux ou ironique dans ses pamphlets antisémites ? Au début en tout cas, quand il parlait de médecine ou de l’industrie américaine, écrire des pamphlets pour Céline était clairement un jeu. Ce qui l’indique, c’est l’absurdité évidente et affichée des propos tenus, autrement dit leur ironie. Un bon exemple est un article de 1928 sur le travail à la chaîne en Amérique. Remplacez Henry Ford par Adolf Hitler et vous obtenez les Bagatelles pour un massacre (résumé) :

    "Céline vante les méthodes de l’industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de l’existence ». Cette sorte d’ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main d’œuvre stable et qui se résigne mieux qu’une autre. » Céline déplore qu’il n’existe rien encore de semblable en Europe, "sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux".

    Dans le deuxième article, publié en novembre 1928, Céline propose de créer des médecins-policiers d’entreprise, « vaste police médicale et sanitaire » chargée de convaincre les ouvriers « que la plupart des malades peuvent travailler » et que « l’assuré doit travailler le plus possible avec le moins d’interruption possible pour cause de maladie. » Il s’agit, affirme Céline, « d’une entreprise patiente de correction et de rectification intellectuelle » tout à fait réalisable pourtant car « le public ne demande pas à comprendre, il demande à croire. » 

    Céline conclut sans équivoque : « l’intérêt populaire ? C’est une substance bien infidèle, impulsive et vague. Nous y renonçons volontiers. Ce qui nous paraît beaucoup plus sérieux, c’est l’intérêt patronal et son intérêt économique, point sentimental. »

    On peut toutefois s’interroger sur la correspondance entre ces écrits et les réels sentiments de Céline, sur le degré d’ironie de ces commentaires « médicaux » (ou sur une éventuelle évolution), car, quelques années plus tard, plusieurs passages de Voyage au bout de la nuit dénonceront clairement l’inhumanité du système capitaliste en général et fordiste en particulier." (source :
    wikipedia)

    De fait, en lisant les extraits de ces articles évidemment ironiques sur le travail à la chaîne, on ne peut s’empêcher de penser à la vision nazi de la société, surtout avec l’expression de « médecins-policiers ». L’assimilation de la police à une entreprise médicale au sens sanitaire du terme est en effet l’une des inventions les plus caractéristiques du nazisme. La politique y est faite suivant des critères biologiques (Hitler choisissait les candidats SS sur photographie). Céline est ici prophétique. Il opère en fait une descente en flammes de son époque (la nôtre donc), qu’il vomit, et manie l’ironie jusqu’à l’absurde pour choquer les bien-pensant, les philistins du temps - ironie dont l’« humoriste » Pierre Desproges semble s’être inspiré, à moindre échelle cependant, c’est dire. (En littérature on peut peut-être faire remonter ce style froid et dévastateur à Flaubert.)

    Bagatelles pour un massacre, texte écoeurant d’antisémitisme, serait-il donc à lire sur le même ton : grotesque ? C’est en tout cas en ce sens que le texte est reçu avant la guerre. Le même article cité plus haut ajoute :

     « La critique reçoit avec le pamphlet de Céline une vaste et sinistre plaisanterie qu’il est impossible de prendre au sérieux. Ainsi, André Gide, dans un article intitulé "Les juifs, Céline et Maritain" publié dans les colonnes de la NRF (n°295, 1er avril 1938), considère Bagatelles pour un massacre trop grotesque pour pouvoir être pris au sérieux. De nombreux articles de presse vont dans ce sens, s’interrogeant en même temps sur les motivations réelles de Céline. Cela prouve que l’humour présent dans le pamphlet contredit de manière claire la force et la virulence du propos antisémite. » 

    Quel était donc le but de cet horrible pamphlet ? Quelle en est la cible ? Sont-ce vraiment les Juifs ? P.Laine émet des doutes à ce sujet (merci à John pour cette citation transmise avec d’autres dans les commentaires) : "La lecture des pamphlets laisse une curieuse impression : le Juif décrit par Céline est un personnage inconsistant, et les excès de langage et la dérision détruisent singulièrement la portée de l’objectif supposé de l’écrivain. D’abord tout le monde est juif dans les pamphlets, le Pape comme le comte de Paris, Maurras et même les autonomistes bretons !«  (Pierre Laine, »CÉLINE, Qui suis-je ?" éd. Pardès, 2005 p80-83)

     

    Quant à Hannah Arendt, il s’agirait selon elle pour Céline de faire tomber le masque à une société hypocrite à l’égard des Juifs :

     

    "André Gide se dit publiquement ravi dans les pages de la N.R.F., non qu’il voulut tuer les Juifs de France, mais parce qu’il appréciait l’aveu brutal d’un tel désir, ainsi que la contradiction fascinante entre la brutalité de Céline et la politesse hypocrite dont tous les milieux respectables entouraient la question juive. Le désir de démasquer l’hypocrisie était irrésistible parmi l’élite : on peut en juger en voyant qu’un tel plaisir ne pouvait même pas être gâté par la très réelle persécution des Juifs par Hitler, laquelle était en plein essor au moment où Céline écrivait. Pourtant, cette réaction était due à l’aversion pour le philosémitisme des libéraux, bien plus qu’à la haine des Juifs." (H.Arendt, Le système totalitaire Points-Seuil p.59)

     

    Céline jouerait en quelque sorte le rôle de bouffon. Avec cynisme, il dit : voilà ce que vous pensez vraiment sans l’avouer avec votre absurde philosémitisme. Je dis ce que vous n’osez pas dire, pour vous mettre le nez dans votre bêtise, pour montrer jusqu’où peut aller ce siècle dans le ridicule. Par ses pamphlets grotesques, Céline décrirait ainsi ce qui à ses yeux caractérise notre époque : le ridicule. Mais à quel moment s’est-il pris à son propre jeu, au point d’y tomber à son tour ? Pourquoi avoir encouragé la bêtise ?

    Etrangement, face à l’humanité, qu’il conchie, Céline n’est pas vraiment choqué, mais juste dégoûté. Au lieu de s’indigner, de critiquer, il se contente de raconter de façon désabusée les imbécillités qu’il voit autour de lui. « La guerre ? Une imbécillité. » disait-il sommairement (voir plus bas l’interview Céline). C’est là tout le Voyage au bout de la nuit, qui n’est pas tant une condamnation de la guerre qu’une pure description. Le pacifisme relève pour Céline du simple bon sens. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que Céline n’est pas un humaniste. Il n’aimait personne, ni les juifs, ni les chrétiens, ni les allemands, ni les français, ni les noirs, ni les blancs etc.

     

    Politiquement bizzarement, il resta un homme de gauche (Céline était un paradoxe vivant, un monstre, image de son époque). Il voua une haine terrible au maréchal Pétain, qu’il connaissait déjà depuis la première guerre, et en fit sa tête de turc - ce qui n’empêcha pas qu’il soit mis par De Gaulle sur la liste des collaborateurs et même par certaines institutions juives sur celle des criminels nazis, tant ses positions durant la guerre restèrent (délibérément ?) ambiguës. Néanmoins ses proches témoignent qu’il n’aurait jamais soutenu le régime de Vichy.

    Céline manifestement désirait choquer. Mais comme le remarque Hannah Arendt, son petit jeu malsain fut un échec, car les bien-pensants applaudirent au lieu de protester. Il est sans doute l’écrivain qui mérite le mieux le titre de « désespéré du XXe siècle », selon l’expression de celle-ci (voir Heidegger, Céline, Kantorowicz... - Les intellectuels et le nazisme (2)).

    J’ajoute à un cet article trouvé sur internet quelques remarques à propos des entretiens radiophoniques de Céline.

    L’homme était très en dessous de son génie littéraire,sa pensée politique peut être qualifiée le plus aimablement possible comme un rmassis de conneris,sa vision de l’Histoire est d’une indigence totale,enfin les justifications qu’il donne à son antisémitisme paraissent de pure circonstance.
    Rien de tout cela ne fait débat pour moi,la seule vraie question est celle de savoir si c’est le rôle d’un gouvernement d’établir des listes de proscription et si Sarkozy ou Mitterrand le neveu de l’oncle sont qualifiés pour juger du génie littéraire de Céline.
    Comme Céline le dit dans l’un de ses entretiens ,c’est le Voyage que l’on ne lui a jamais pardonné.
    C’est sans doute le plus grand paradoxe que ce oit ce partisan de l’Ordre qui ait produit l’oeuvre la plus révolutionnaire de la littérature française



  • rakosky rakosky 24 janvier 2011 02:25

    ’ai rarement vu une décision aussi stupide,prise avec de si faibles arguments.
    Vouloir faire disparaitre de nôtre patrimoine celui qui avec Proust est le plus grand écrivain français de ce siècle.
    Combien sommes -nous à avoir été saisi par la puissance du Voyage au bout de la nuit ou de Mort à crédit.
    La preuve est faite ,ceux qui nous gouvernent ne sont pas seulement des pillards au service du FMI ,mais aussi des imbéciles.
    Il ne leur reste plus qu’à raser le château de Versailles et supprimer Louis XIV de nos programmes parce qu’il n’était pas gentil et aussi Napoléon et Robespierre qui étaient vraiment très méchants et changer les paroles de la Marseillaise qui sont un peu violentes et pas dans l’air du temps.
    Le procès qui commence n’aura jamais de fin,sous ses apparences mielleuses l’Empire du Bien est un talon de fer et l’entrée de Oui Oui au Panthéon sera leur triomphe.
    Quand je pense à tous le bien que l’on dit de la démocratie athénienne et que ces fripons n’accordaient le droit de vote ni aux femmes ni aux étrangers et qu’en plus ,horreur suprême ,ils avaient des esclaves..Aux oubliettes et aux poubelles de l’Histoire Homère et Euripide...
    Ces gens sont vraiment odieux et ridicules,heureusement le Voyage est écrit dans le marbre et les Mitterrand ,oncle ,neveu et toute la Sainte Famille seront oubliés depuis longtemps quand des générations nouvelles éprouverons la même émotion que nous en lisant le Voyage.
    Franchement ,le fait que Céline ait été un antisémite et un con ,je m’en fous éperdument , tant son génie littéraire le dépasse.
    Quant aux juifs ,je pense aux combattants du Bund ,aux glorieux combattants du Ghetto de Varsovie ,leur mémoire mérite bien mieux que des défenseurs aussi indignes,que ceux qui se cachent derrière leur mémoire et leur nom pour affamer les enfants de Gaza
    Luchini lit le Voyage au bout de la nuit



  • rakosky rakosky 24 janvier 2011 01:30

    Que va-t-il se passer quand la bulle va éclater ? (…)Comme toujours, les investisseurs cesseront brutalement leurs prêts. Mais cette fois-ci, de grands Etats seront atteints (…).Nous rentrerons alors dans un monde nouveau. Tellement nouveau qu’il semble inconcevable (…). Si le choc se produit, il sera d’une violence inouïe. Il suffit de songer à ce qui se passerait en France si les fonctionnaires n’étaient pas payés pendant des mois (…). Les gouvernants devraient alors très vite faire un choix impossible. Soit ils impriment des billets—mais c’est interdit dans la zone euro (…).Soit ils ne bougent pas,prenant le risque d’une dislocation totale des institutions publiques. Soit ils resserrent l’Etat sur ses missions régaliennes (justice et sécurité),en larguant au privé des pans entiers d’activités devenues largement publiques au fil des siècles, comme l’éducation et la santé (…). Ce scénario peut paraître incroyable. Mais quelle est l’alternative ? Au bout du compte, c’est la démocratie sous sa forme actuelle qui risque de chavirer (…).La faillite à venir des Etats modernes risque donc de submerger non seulement l’économie,mais aussi la politique (…). Le choc serait particulièrement rude en France, où l’Etat constitue le socle de la nation. »
    C’est ainsi qu’un éminent spécialiste et partisan de l’économie de marché détaille le scénario de la faillite annoncée du pays, de la misère généralisée et de l’effondrement de la démocratie que prépare la crise actuelle de la dette (Vittori, éditorialiste, mensuel Enjeux Les Echos, janvier 2011). C’est la marche à la barbarie qu’il dépeint. Et cela dans un avenir proche.
    Y a-t-il une alternative ? Non, prétend Vittori. De son côté, Patrick Bessac, porte-parole du Parti communiste français,déclare ce 7 janvier : « Sortir de l’euro et de l’Union européenne serait absolument désastreux pour les travailleurs. » Tandis qu’Arnaud Montebourg, dirigeant du Parti socialiste, président de conseil général, n’hésite pas à affirmer trois jours plus tard : « Les départements sont en grave difficulté financière. J’ai été obligé de prendre des décisions un peu à la grecque,à la Papandréou, avec des diminutions drastiques des dépenses et des augmentations excessives des impôts pour sauver mon département. Je me sens un devoir de poursuivre cette œuvre. »
    On le voit : refuser de rompre avec l’Union européenne, la dette et son remboursement, c’est s’engager sur une voie qui conduit des responsables de « gauche » à organiser eux-mêmes les mesures de destruction dont Vittori indique qu’elles conduisent à la barbarie.
    Pas d’alternative ? Si. Cette alternative a un point de départ : la rupture avec l’Union européenne et l’euro, l’annulation de la dette, le refus de tout consensus sur les plans de rigueur et contre-réformes dictés par « la nécessaire réduction des déficits publics ». C’est la voie de la défense pied à pied des droits, des garanties et des revendications ouvrières. C’est la voie de la défense et de la reconquête de la démocratie par la rupture avec les institutions de l’Union européenne et de la Ve République.



  • rakosky rakosky 24 janvier 2011 01:22

    Monsieur Madjour,dans vos propos vous assimilez le peuple français à son gouvernement et vous reportez sur les générations présentes le poids d’un passé dont il faudrait par ailleurs discuter.
    En France ,comme dans quelques autres pays cela s’appelle une conception organique de la Nation,un corps mystique ,immuable où les différenciations et les antagonismes seraient secondaires.
    Ce discours appartenait jusqu’à lors à la droite nationaliste et antirépublicaine ,Maurras et Barrès en furent les principaux propagateurs,il est aussi celui de l’Eglise ,il est maintenant celui de quelques indigénes de la République qui traitent les français de souchiens...
    Il existe en France ,comme dans les pays arabes ,des intérêts antagonistes ,des classes sociales,des Princes et des fellahs,des ouvriers et des nouveaux milliardaires enrichis par les privatisations et par la vente de leur pays aux capitaux étrangers.
    Une vraie démocratie suppose la représentation et la libre confrontation de ces courants,comme le permettrait l’élection d’une Assemblée constituante souveraine,le droit des travailleurs tunisiens à s’organiser au sein de l’UGTT et à la libre négociation de leurs salaires avec leurs employeurs,y compris tunisiens.
    Enfin l’indépendance que vous revendiquez vis à vis de la France,mais on pourrait y ajouter les états-unis,exige la rupture avec l’union européenne et le FMI,le retour à l’état tunisien de toutes les sociétés nationales qui ont été cédées au capital étranger.
    C(est ce genre qui rassemble les travailleurs de france ,de ,tunisie,d’irlande,contre tous les exploiteurs quellesque soient leur langue ou leur religion.
    Bien cordialement rakosky

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