• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Renaud Bouchard

Renaud Bouchard

Juriste - Géopoliticien - Economiste (CEMI-EHESS) - Français et Européen -Passionné par les relations internationales et la diplomatie de crise, l'action politique et citoyenne. J'ai la volonté de rencontrer, réunir et fédérer les énergies pour un engagement et une renaissance politique nouvelles de la France et de l'Europe à l'occasion des prochaines échéances électorales.

Tableau de bord

  • Premier article le 08/09/2006
  • Modérateur depuis le 16/11/2006
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 318 4475 17287
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 1037 1037 0
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 février 2016 17:06

    , @philippe baron-abrioux
    Bonjour Monsieur et merci pour vos observations auxquelles je réponds d’autant plus volontiers qu’elles sont pertinentes.

    -Aucune « griserie » de ma part, mais plutôt une appréciation très neutre des événements tels qu’ils surviennent et des réactions ou agissements politiques dont tout porte à croire qu’ils relèvent beaucoup plus d’un comportement d’amateurs inacceptable à pareil niveau de responsabilités.
    Il est anormal, sauf à vouloir délibérément provoquer des incidents, qu’un ministre de l’Intérieur puisse laisser dégénérer une situation dont il ne peut plus ignorer qu’elle exaspère une très grande partie de nos concitoyens.Je vous invite à vous déplacer à Calais pour constater de visu, sans influence de quiconque, une situation qui constitue un véritable chancre sur le territoire de la République.

    -S’agissant du respect du principe de la séparation des pouvoirs auquel je suis très attaché et qui constitue un des fondements de notre droit constitutionnel (Constitution du 3 septembre 1791), il ne vous aura pas échappé que l’adéquation et le délicat équilibre entre ces mêmes pouvoirs a considérablement évolué ’en théorie comme en pratique), au point qu’un jurisconsulte aussi éminent que C.Eisenmann, par exemple, à propos de Montesquieu, dans un article paru en 1933, a expliqué que "l’idée de séparer les autorités étatiques (était) complètement absente de l’Esprit des Lois : elle n’y est ni réalisée, ni formulée » (p. 179). En effet, "aucune des trois autorités n’est à la fois attributaire de l’intégralité d’une fonction, maîtresse de cette fonction et spécialisée dans cette fonction". En fait, plus modestement, ce que Montesquieu aurait voulu, c’est faire en sorte " que deux quelconques des trois fonctions soient réunies entre les mêmes mains" (p. 178). D’où l’indépendance de la Justice par rapport au pouvoir exécutif.Dans l’espèce ici considérée, s’agissant d’une manifestation dont le ministère de l’Intérieur comme la Préfecture et bien évidemment le premier Ministre étaient informés - a fortiori le Président - il est évident qu’il existait un lien de droit direct entre un pouvoir exécutif et les instruments de son exercice. A titre d’exemple, l’article 5-1 du décret n°82-389 du 10 mai 1982 résultant du décret n° 96-619 du 11 juillet 1996 permet d’ailleurs au ministre de l’intérieur de désigner le préfet de zone de défense afin de coordonner l’action des préfets de département en cas de crise menaçant gravement l’ordre public affectant plusieurs départements.Ceci pour vous montrer que par delà l’existence d’une chaîne de commandement qui a fonctionné, toute latitude pouvait être rise pour décider ou non de l’arrestation du général Piquemal, voire, plus simplement, de sa mise à l’écart sans qu’il soit pour autant appréhendé.Où a-t-on vu qu’un Préfet et des forces de l’ordre pouvaient agir sans instructions, de telle sorte que ces mêmes instructions, sans doute non écrites mais n’en existant pas moins, pouvaient tout aussi bien émaner d’une autorité minsitérielle (Intérieur, Justice) mais surtout premier Ministre auquel le Président aurait pu faire part de son souci comme de son souhait de « gérer la sitauation sans débordement superflu », faisant en sorte que de l’Intérieur à la Justice, de la Préfecture au Parquet, une approche harmonieuse des événements soit préférée à une politique de gribouille. J’imagine et me plais à croire que je ne vous apprends rien de ces choses-là.

    -Quant à ce qui relèverait de l’incitation à un coup d’État - mesure on ne peut plus contraire à l’ordre constitutionnel -, je suis malgré obligé de constater qu’il est des moments où, dans l’histoire d’un pays tel que le nôtre (qui, vous le savez, est d’ailleurs l’inventeur de cette technique amplement décrite et théorisée par Malaparte, Luttwack, Nigro, entre autres), il peut arriver que les circonstances d’un dépérissement ou d’un trouble politique majeurs puissent lui permettre de survenir : ce qui fut le cas avec les coups d’Etat du 18 Brumaire An VIII (novembre 1799) du 2 décembre 1851, et plus récemment encore du 13 mai 1958, en réaction à la gestion déjà désastreuse par la SFIO des gouvernement G. Mollet et F. Gaillard des crises de Suez, Sakiet et Alger. Rien de bien nouveau, semble-t-il, avec, comme déjà à l’époque, une gestion socialiste quelque peu « brouillonne »...

    -Pour le reste, les lunettes noires de MM. Pinochet ou encore de M. Jaruzelski relèvent à mes yeux d’une autre époque, celle de la « démocratie protégée » à la Erràzuriz-Pinochet, dont le cynisme est à l’image de ses zélateurs.

    Il n’en demeure pas moins, c’est en tout cas ce que je pense, que la mise en place d’une chaîne de commandement intelligemment pensée, avec des dirigeants honnête et intègres (différents de ceux qui se sont largement accommodés de ce tas de fripouilles dont l’une d’entre elles, ancien ministre du Budget, est renvoyée devant un tribunal correctionnel), courageux et respectueux des institutions de la République comme des citoyens qu’ils ont pour mission de représenter, serait facilement acceptée.

    Alors oui, un pouvoir fort, un pays respecté et respectable avec un président de la République digne de ce nom, de la fonction qu’il incarne, des institutions qu’il a pour mission de défendre, d’un pays qu’il doit conduire sur la voie de la sécurité comme de la prospérité, un pays dans lequel ses citoyens seront heureux et fiers de se reconnaître, trois fois oui ! La France est une démocratie. Si elle veut le rester, elle doit se doter d’un président de haut-parage.

    « Il est des époques où, comme l’a écrit André Gorz, parce que l’ordre se disloque, ne laissant subsister que ses contraintes vides de sens, le réalisme ne consiste plus à vouloir gérer ce qui existe mais à imaginer, anticiper, amorcer les transformations fondamentales dont la possibilité est inscrite dans les mutations en cours »

     



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 9 février 2016 22:46

    @olivier cabanel
    Bonsoir.
    Avez-vous écouté les déclarations du général Piquemal avant son arrestation ? Elles figurent au bas de mon billet.
    Vos réflexions relatives aux « agissements de la Légion » sont hors sujet.
    S’il y a eu Sétif, Guelma, Kherrata etc.il y a aussi eu l’opération « Bonite », Kolwezi en 1978 (2ème REP), la Côte d’Ivoire,l’Afghanistan, le Mali etc.



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 9 février 2016 22:34

    @Pierre JC Allard
    Très bon papier. Merci beaucoup.

    "Si personne n’a autorité pour le dire formellement, mais que tout le monde sait, que ce que le peuple veut est la démission de la gouvernance actuelle – Exécutif et Legislatif – et son remplacement par autre chose, ceux qui sont les véritables maïtres de la société et ne veulent pas que le peuple soit mécontent ne tarderont pas à obtenir cette démission…

    Démission de la gouvernance actuelle, puis quoi ?… On pourrait penser à la mise en place, pour 6 mois ou un an, d’une structure de transition, dont l’objectif serait d’abord de redonner confiance aux Français, en créant un consensus large et en menant une action exemplaire contre la corruption.

    Cette structure pourrait aussi mettre en place des mesures d’urgence pour juguler la crise, puis proposer et faire adopter par referendum une nouvelle constitution. Son mandat s’achèverait par l’élection, selon les principes et procédures de cette nouvelle constitution, d’un nouveau gouvernement dont ce sont ces futures élections qui détermineraient les orientations.

    Comment constituer cette structure de transition ? Ne pouvant compter que sur les ressources politiques dont elle dispose et ayant comme premier objectif que cette structure soit consensuelle, les Français devraient exiger que se forme un gouvernement d’Union Nationale ratissant très large, de Mélenchon à Le Pen. Il ne faut exclure personne qui accepte le principe d’une gouvernance démocratique. On saura que Quidam Lambda est content quand les roues qui se seront arrêtées recommenceront à tourner correctement.

    Le peuple peut désormais choisir cette voie proactive, parce que la complémentarité, dans une société complexe, rend tant de gens indispensables qu’on ne peut simplement pas gouverner sans un large consensus. Si on tente d’ignorer cette exigence, toutefois, le mécontentement de la population conduira à un changement plus conventionnel : la prise du pouvoir par un homme providentiel qui, ne devant rien à personne, pourra nettoyer tout ce réseau de favoritisme et de copinage qui étouffe la France.

    Le peuple n’a pas le pouvoir de le faire apparaître un tel homme, mais il a celui de l’accueillir. D’autant plus facilement que, dans une société complexe, la complémentarité fait de la démocratie le régime par défaut et que celle-ci reviendrait d’elle-même le nettoyage complété. Il va être passionnant de voir le chemin que prendra la France."

    Pierre JC Allard

    Mettons de côté l’hypothèse du gouvernement d’union, nationale avec les marionnettes politiques actuelles - aisément remplaçables -, complètement démonétisées et qui ont fait leur temps.

    Mais l’idée est bien là.

    Tout comme celle d’un coup d’Etat qui serait accueilli avec soulagement par la population.



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 9 février 2016 22:23

    @Christian Labrune
    Très bien.
    "Les dénonciations du général Piquemal sont celles de tous les « néo-réactionnaires » (dont je suis !) et il s’en faut bien qu’ils soient pour autant des suppôts de l’extrême droite. Ce qu’il y a de tragique dans la situation actuelle de la France, c’est précisément qu’on aura (en particulier les socialistes, héritiers de l’homme à la francisque) laissé se développer l’extrême droite pour en faire un épouvantail, au point d’en devenir désormais l’otage : un interdit s’applique désormais à toutes les analyses qu’elle pourrait produire, et s’il arrive qu’elle dise vrai sur un certain nombre de questions (destruction de l’école, islamisme, masochisme idéologique anti-français, etc.) il ne reste plus qu’à s’enfoncer de plus profondément dans le mensonge et le déni, comme on aura pu le voir dans les jours qui ont suivi le grand rut de Köln.

    Le principal danger qui menace l’Europe actuellement, ce n’est certes pas Piquemal, ce n’est même pas une extrême droite arriérée et enfoncée dans des nostalgies maréchalistes d’un autre temps, c’est bel et bien une forme nouvelle de fascisme, et d’autant plus dangereuse qu’elle est le fait d’une extrême gauche qui aura récupéré les thématiques les plus infectes du fascisme des années 30. Le danger, c’est la cécité d’une presse qui a choisi depuis des années de chausser les lunettes roses d’un parti qui aura fait partout dans les banlieues, par électoralisme, le lit de l’islamo-fascisme des Frères et des salafistes.« 

    Et pendant ce temps on voit une vieille connaissance s’amuser à provoquer la France avec sa volonté de solliciter la nationalité française. Les paris sont ouverts.

     »A l’heure où l’on parle, avec quelque désordre et fracas, de la déchéance de la nationalité, je pense qu’il est bon de donner un exemple concret et positif d’adhésion aux valeurs de la République« , explique Tariq Ramadan. »Je n’en poursuivrai que mieux mon engagement pour le vivre-ensemble, pour ce nouveau nous que j’appelle de mes vœux", continue-t-il.




  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 9 février 2016 22:16

    @Pierre JC Allard
    Opinion partagée.

Voir tous ses commentaires (20 par page)

LES THEMES DE L'AUTEUR

Tribune Libre

Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv