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Renaud Bouchard

Renaud Bouchard

Juriste - Géopoliticien - Economiste (CEMI-EHESS) - Français et Européen -Passionné par les relations internationales et la diplomatie de crise, l'action politique et citoyenne. J'ai la volonté de rencontrer, réunir et fédérer les énergies pour un engagement et une renaissance politique nouvelles de la France et de l'Europe à l'occasion des prochaines échéances électorales.

Tableau de bord

  • Premier article le 08/09/2006
  • Modérateur depuis le 16/11/2006
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Derniers commentaires



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 12 octobre 2011 21:22

     Jean Jaurès - Lettre aux instituteurs et institutrices ( La Dépêche de Toulouse, 15 janvier 1888.) 

    Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie.
    Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire, à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son his-toire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fermeté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette oeuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.
    Eh ! Quoi ? Tout cela à des enfants ! - Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler... J’entends dire : « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte, ne comprendra pas de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » - Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment ou une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à nos coeurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.
    Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Tout d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie, et que dans n’importe quel livre leur oeil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout....Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble.
    De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! Et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire, sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine ! Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! Sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.
    Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes de commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre ; il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.
    Je dis donc aux maîtres pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque, d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années oeuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 octobre 2011 17:08

    @ BigTop



    L’amateur de Brecht devrait apprécier ceci que vous pourrez lire sur le lien suivant :


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 octobre 2011 17:07


    L’amateur de Brecht devrait apprécier ceci que vous pourrez lire sur le lien suivant :


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 7 octobre 2011 10:29

    Chère Ariane,


    Vous vous interrogez. Pour qui allez-vous voter ?
    Puis-je solliciter votre suffrage ? Au-delà de l’éternel choix entre deux sodas sucrés, écoeurants, éventés, ces marques obsolètes qui ont perdu tout contact avec la réalité, ces partis politiques dont les dirigeants ne représentent que les pauvres simulacres qu’ils ont toujours été, je vous propose un grand verre d’eau fraîche, un président de haut parage, un homme de combat, simple, mais aussi réaliste et déterminé, qui, à la différence des amuseurs qui encombrent la scène politique, regarde vers...le XXIè siècle. 

    Alors en avant ! Chère Ariane. Droit et calme.

    Si comme tous les contributeurs de cette merveilleuse tribune qu’est Agoravox vous me faisiez la gentillesse de me rencontrer, de m’écouter, de me poser des questions, de me critiquer, de m’accompagner - au-delà de ce clivage droite-gauche devenu hors d’âge, alors nul doute que vous auriez en face de vous le profil politique, humaniste auquel vous aspirez tout comme moi.

    « Les périodes électorales se suivent et se ressemblent. Celle où nous entrons voit refleurir sans retard la rhétorique creuse et hypocrite des barons de la droite et de leurs comparses socialistes qui, tels les automates solidaires d’un ancien jacquemart, viennent alternativement asséner aux citoyens les coups de maillet de l’évangile libéral : « la crise », "la dette« ,  »au-dessus de nos moyens« ,  »la nécessaire rigueur« ,  »l’unité des Français", etc.

    Alain Accardo, La Décroissance, septembre 2011.

     »O mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible " écrivait Pindare dans sa Troisième Pythique.

    Il est temps de cesser de s’indigner. Il est temps de sortir de la pétrification des consciences. Il faut se battre. 

    J’ai commencé.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard





  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 5 octobre 2011 09:01

    @ Bonjour Fergus et Bigtop


    Je vous remercie de vos observations. Elles traduisent un sentiment commun, une possibilité de voir se dessiner quelque chose, une réaction politique dans et de la part de ce tissu constitué d’élus locaux qui font la France.

    Je ne pense pas qu’il puisse y avoir un « candidat de substitution » comme l’évoque Fergus, issu du sérail. l’UMP ne dispose en effet d’aucun cheval de remonte sérieux, des candidats tels que MM. Fillon, Juppé, ou Copé étant soit de peu d’envergure, soit déjà grillés par un passé judiciaire incompatible avec la fonction de président de la République, soit déjà compromis dans le marécage des affaires politico-financières avant même que d’avoir exercé le pouvoir.Si l’on ajoute à cela que le parti est verrouillé pour éviter qu’aucune tête ne dépasse, sa structure est en train de devenir un vrai bloc de rouille. 

    L’UMP est liquidé.

    Je pense - pour reprendre votre expression qui est bien venue - que les « oligarques » qui ont créé le président et qui l’ont porté au pouvoir ont compris que le quinquennat est déjà terminé et que la perte de légitimité qui se lit dans la réaction que le basculement du Sénat vient de concrétiser compromet irrémédiablement l’avenir politique de l’intéressé.

    Le redressement ne peut venir que de l’extérieur, sous la forme d’un candidat étranger à toute compromission politique. Pareil candidat, de par sa nouveauté, serait cette fois-ci soutenu précisément par tous ces élus qu’évoque Bigtop et qui sont l’émanation d’une droite qui n’entend pas disparaître dans le naufrage du pseudo « candidat naturel », lequel ne représente plus que lui-même.

    Des signaux faibles - toujours très instructifs - montrent que rien n’est joué.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard

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