@amiaplacidus J’oppose moins athée et croyant que mon idée de l’athéisme avec ma propre foi et croyance. Difficile de faire autrement, je ne prétends ni me substituer à l’autre, ni lui dicter sa propre conscience.
La transcendance ne relève effectivement pas de la religion, mais elle ne peut - fort imparfaitement puisqu’elle relève à proprement parler de l’« indicible » - s’exprimer et se traduire qu’à travers les catégories du religieux et l’enrichir en retour de ses apports. Hors engraisser clercs et prélats, c’est toute l’utilité, mais elle est à mon sens indéniable, des religions : fournir les cadres et référentiels mythiques, symboliques, rituels, ... à l’expérience transcendantale et son expression. C’est un peu comme la notion d’inconscient en psychanalyse : il ne peut qu’être déduit des manifestations de notre subconscient, seul apte à le relier à notre système de représentation et l’y « traduire » par le biais des figures qui peuplent notre imaginaire.
Pour l’agnosticisme, il peut pour moi - tant dans l’attachement que le détachement au/du discours religieux - exprimer un doute - rationnel ou pas -, parfaitement justifiable faute d’illumination par la « grâce » ! A l’inverse du croyant ou de l’athée, il se refuse donc à définitivement trancher, ce qui est une posture parfaitement défendable !
J"ai toujours considéré le Pari de Pascal comme une arnaque logique ayant pour seul but de réveiller la crainte et rabattre l’ouaille dubitative ! La foi relevant pour moi d’une conviction intime éclairée par la grâce, elle n’est en aucun cas rationnelle, déductible ou démontrable et, fussent-elles brillantes, j’en méprise les vaines tentatives !
« Bien que tout ça nous coûte très cher, malheureusement, seule une catastrophe économique pourra faire changer les choses. » Ah, ben on y va tout droit !Il apparaît bien vain d’encore chercher à colmater les voies d’eau laissées par l’iceberg du néo-libéralisme ! Et faute de canots, inutile même de crier « Sauve qui peut ! », c’est maintenant à l’orchestre du Titanic €uropéiste que revient la tâche de se préparer à entonner le « Plus près de toi, mon Dieu » final : il ne saurait plus longtemps tarder !
"Il ne fait aucun doute que Obama est un président exceptionnellement
faible, et même paumé. L’homme a prouvé qu’il n’avait aucune vision,
aucune compréhension des relations internationales, sa culture est
minimale tandis que son arrogance paraît infinie – tout dans la forme,
rien dans le fond."
Possible, mais ne pouvait-on en dire autant de Reagan ou de G. W. Bush : il est connu de longue date que la fonction présidentielle U$ se réduit à un rôle de figuration au profit des lobbies qui y ont ouvert l’accès. Cette apparente faiblesse ne trahit donc que la confusion, les hésitations et les profondes divergences d’intérêts entre les marionnettistes qui tirent les ficelles. Pas très rassurant !
« ... chacun a son libre arbitre sur cette terre ... t se libérer par la force de l’esprit mais enfin il peut s’affranchir de toute divinité ou religion. » Absolument exact, cela relève du libre arbitre ! #Oupas, ou se convertir, ou renouer avec les croyances de son enfance, le langage de ses rêves, ... ! C’est tout aussi exact, et cela en relève tout autant !
En matière de libre arbitre, mon héros reste Don Quichotte, célèbre figure humaniste du Maranne combattant les moulins et Chevalier à la Triste Figure errant en une très initiatique quête de sa Dulcinée ! Tout un programme !
« Aujourd’hui que le savoir a grandement envahi les cœurs, ... » De quel savoir parlez-vous : la connaissance rationnelle ? C’est l’intellect qu’elle alimente, les cœurs, elle ne peut tout au plus les dessécher ! Quant au réel, même à en purger ou castrer notre ressenti, nos émotions, notre imaginaire, nos rêves et représentations, nos souvenirs, la connaissance rationnelle et la méthode scientifique ne peuvent qu’en embrasser - de la vitesse de la lumière au zéro absolu, du big-bang à l’entropie de l’univers ou la masse manquante et les trous noirs - une part extrêmement réduite et limitée !
« ... il faut bien noter qu’à défaut de prophètes nouveaux qui nous révéleraient une nouvelle parole divine adaptée au progrès de la science ... » Jamais entendu parler du transhumanisme ? Rassurez-vous, nous sommes mortels et les prophètes du marketing bio-tech sont à la relève pour prêcher les bienfaits d’une vie « saine », des compléments alimentaires et de la dévotion aux secours du dieu dollar ! Rien d’antinomique, il suffit d’adapter le baratin aux angoisses du jobard !
La différence entre l’athéisme et « ma » foi n’est elle pas que là où - au delà de toute connaissance rationnelle - l’athéisme se confronte au néant, le bouddhiste situe la vacuité et l’adepte des religions du Livre cherche l’Unique. Et comme, par définition, l’Unique comprend pour qui y ajoute foi toute contradiction puisqu’elle en émane, le processus créatif relevant - en tout cas dans la Genèse - d’un processus de discrimination et de discernement progressif par l’énonciation des dualités successives qui le composent : Ciel/Terre, Lumière/Obscurité, Jour/Nuit, Soir/Matin, ... Ce qui fait très poétiquement débuter l’Evangile selon Saint-Jean par « Au commencement était le Verbe ».
« ... mais la victime du Mal, quel est son libre arbitre à elle ? C’est pourtant une question essentielle. » Pas que pour la victime du Mal, la question est générale : que ce soit pour l’athée ou le croyant, le libre arbitre n’émerge qu’à la pointe des innombrables déterminismes (génétiques, biologiques, historiques, environnementaux, linguistiques, sociaux, culturels, éducatifs, psychologiques, ...) qui nous constituent et nous modèlent. Croyez bien que 27 ans de carrière à l’encadrement éducatif dans des homes d’hébergement pour personnes affectées de handicaps physiques, mentaux, psychiatriques et/ou neurologiques n’y laissent pas indifférent, comme aux questions de la douleur, de la souffrance, de la beauté, de la normalité, de la folie, ... ! Là ou l’athée ne trouve que hasard, déterminisme et absence de sens, moi croyant, je persiste à postuler le sens et continue à m’interroger sur les mystères de la destinée !
Quant à l’option que vous mentionnez d’une servitude volontaire et d’une soumission aveugle à l’obscurantisme d’une norme religieuse passée ou présente, c’est indéniablement le cas pour certains « croyants » ! Mais je ne peux quant à moi vous exprimer le vécu personnel de ma foi que comme grâce, force et inaliénable liberté ! J’entends bien chaque voie comme unique et parfaitement honorable, pourvu qu’elle respecte l’intime conviction, et l’athéisme est une position parfaitement respectable ! D’un point de vue « éclairé », le libre arbitre étant attribué à l’Homme lors de sa création, nul n’est sommé d’entendre une « grâce » si elle ne lui est personnellement addressée, et les desseins de la Providence sont de longue date réputés impénétrables !
Du moins ne vous leurrez pas : si la foi me donne - parfois - force de supporter ou surmonter le désespoir, elle ne m’en préserve pas plus que du doute, ou le cas échéant du bonheur d’exister !