@Luc-Laurent Salvador Je n’étais pas encore abonné à Agoravox à l’époque de vos précédents billets et les hypothèses qu’ils exposent ! Merci donc pour les liens !
@Fergus Toute la question est bien qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’acharnement thérapeutique, mais des soins ordinairement dispensés aux personnes en situation de grand handicap : alimentation, mobilisation, soins de confort, revalidation progressive, ... Son état n’a rien de bien réjouissant, mais à déplacer ainsi le curseur de l’acharnement thérapeutique, on glisse irrésistiblement vers ce qu’il faut bien qualifier d’euthanasie « compassionnelle », et on condamne à terme une série de gens qui ne l’ont pas demandé. Et croyez-moi, çà n’arrive pas qu’aux autres !
@Doume65 Pour ce que j’en comprends, c’est la parole de l’une contre la parole de l’autre : comment trancher ? Personnellement, j’ai depuis cette affaire procédé à la rédaction d’un document en bonne et due forme - dont un exemplaire ne quitte pas mon porte-feuille - pour éviter toute ambiguïté quant à mes propres volontés en cas de malheur ! On n’est jamais trop prudent !
"Il y a un véritable parallèle entre la peur de voir le grand handicap,
et la peur de l’autre, la peur de ceux qui ne sont pas pareils, pas
normaux, étrangers, etc., bref, la peur de ceux qui sont différents.
Cette peur est d’autant plus forte face au handicap que, comme pour la
mort, elle met les individus en face de leurs propres angoisses : tout
le monde peut se retrouver, un jour, dans la situation de Vincent ou
dans la situation d’un proche de Vincent. Or, cette peur ne doit pas
s’évacuer en éliminant le problème, en éliminant la personne.«
C’est bien l’enjeu, vous avez absolument raison !
J’ai professionnellement accompagné des personnes »différentes« durant 27 ans : la différence est source de richesse et d’échange, mais elle nous confronte aussi à nos propres peurs et angoisses, parfois aux limites de ce qui nous paraît humainement tolérable Un burn-out a ainsi mis terme à ma propre carrière éducative. J’ai durant cette carrière assisté au plaidoyer d’intervenants psycho-sociaux - en toute »humanité" et très sincèrement catastrophés - pour l’euthanasie d’une personne dont jamais une telle issue n’avait été le souhait, comme ce fut fort opportunément relevé puis par la suite confirmé !
Faute de pouvoir nous substituer à l’autre pour juger impartialement de ses propres capacités et limites, il nous est - sauf à respecter sa propre volonté - impossible de décider à sa place.
Et si réellement une personne aspire sincèrement à mourir, croyez-vous vraiment la Camarde du genre à flâner pour remplir son office ?