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Senatus populusque (Courouve)

Tableau de bord

  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 23 octobre 2006 18:00

    Il ne faut pas trop attendre de ces forums.

    En revanche, il ne faut pas désespérer de la justice, puisqu’aujourd’hui le CSM considère que tenir compte du rapport de la commission parlementaire d’enquête ce serait violer le principe de séparation des pouvoirs.

    Violation évidente pour tout spectateur de l’audition intégrale du juge Burgaud.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 23 octobre 2006 17:40

    Il ne faut pas s’inquiéter. Notre Constitution empêche le passage du communautarisme à la République islamique.

    De plus, dans les années 1960, on avait peur des Chinois, et ils ne sont pas venus.

    Donc, dormez tranquilles.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 23 octobre 2006 17:28

    Folie meurtrière à Benslimane

    Nous sommes dans la nuit du 26 ramadan. Une nuit unique, éminemment mystique et vécue par les Musulmans comme l’instant fatidique du mois sacré : « Nous l’avons certes fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’Al-Qadr. Et qui te dira ce qu’est la nuit d’Al-Qadr ? La nuit d’Al-Qadr est meilleure que mille mois... ». Sourate 97, La destinée (Al-Qadr). Dans ce petit village de la région de Benslimane, tous les habitants se sont préparés à accueillir cette nuit et à la vivre pleinement. Chacun a accompli ses tâches de la journée et s’est approvisionné. Les enfants ont été dotés de vêtements neufs, en particulier ceux qui ont jeûné pour la première fois de leur vie. En fait, tout le monde s’est arrangé pour n’avoir plus rien d’autre à faire qu’attendre la rupture du jeûne et ensuite se consacrer pleinement à prière d’el Iicha suivie des Tarawih. En jellaba, fouqiya et jabadour, chaussés de babouches neuves, les villageois se dirigent vers les mosquées pour vivre pleinement cette nuit sacrée : se recueillir, implorer Dieu, prier du plus profond de leur âme et ce jusqu’à l’aube. Comment ne pas souhaiter profiter des bienfaits de cette nuit si chère à Dieu ? C’est également le cas du protagoniste du drame qui va bientôt se jouer. L’homme, âgé de 45 ans, soldat à la retraite recyclé dans les petits travaux d’électricité semble profondément imprégné de cette atmosphère de recueillement. Depuis son réveil à l’aube, sa journée s’est placée sous le signe de la nuit sacrée. Il a revêtu sa plus belle tenue puis est sorti vaquer à ses activités. Sa femme, quant à elle, s’est occupée de leur unique enfant, un garçon âgé de huit ans, qu’elle a envoyé comme chaque jour à l’école, avant de se consacrer à ses tâches ménagères. Au fond de son cœur toutefois, un sentiment de frustration la ronge secrètement : elle qui souhaite tellement pourvoir se rendre à la mosquée accomplir les Tarawih. Mais elle sait que son mari ne le lui permettra pas. Comme si la sincérité de sa foi ne comptait pas. Elle est condamnée à demeurer cloîtrée chez elle en compagnie de son fils, à attendre le retour de son seigneur et maître. Quelques instants avant l’heure de la rupture du jeûne, l’électricien est de retour chez lui. Son jeune fils, qui a jeûné en ce jour béni, est fier d’accueillir son père au terme de cette journée d’initiation. L’enfant baise la main de son père et tous deux prennent place à la table, tandis que la mère s’affaire en cuisine. C’est alors que retentit l’appel du muezzin. Le père prononce l’invocation rituelle : « Ô Allâh ! Pour Toi j’ai jeûné et grâce à Tes bienfaits je romps mon jeûne », avant d’avaler une gorgée de lait accompagnée d’une datte pulpeuse. Son fils l’imite avec une joie mêlée d’une indicible fierté. Puis la famille se détend un instant devant la télévision mais les programmes humoristiques de Ramadan ne parviennent pas à retenir le père qui se retire dans sa chambre pour se reposer, le temps que le muezzin fasse retentir l’appel à la prière d’el Iichaa. Sur le chemin de la mosquée, l’homme échange des politesses avec ses voisins de quartier. En général, tout le monde l’apprécie, même si on se méfie un peu de lui. La cause en est ces crises de colère folle qui s’emparent de lui parfois. Le vrai problème est qu’il n’a jamais consulté de médecin pour identifier ce mal et entreprendre de se soigner. Il fait malheureusement partie de ces gens qui s’imaginent que les soins psychiatriques sont réservés aux fous et aux aliénés et lui n’a pas le sentiment d’être fou. De plus, ces médecins-là coûtent très cher et ces crises ne sont pas suffisamment fréquentes pour qu’il les juge dignes d’être une source de dépense. Le voici donc à la mosquée, accomplissant ses ablutions avant de rejoindre les fidèles pour les prières d’Al Îcha et des Tarawih. Quelques heures plus tard, il quitte la mosquée pour retourner chez lui. Quelques instants après son arrivée, les voisins ont entendu des cris et des appels au secours. Le voisinage ne perd pas de temps à se poser des questions. Très vite, la police de Benslimane est alertée. Dans un temps record, les Forces de l’ordre sont sur les lieux. Mais le drame s’est déjà joué, l’homme pris de folie n’a pas tardé à se déchaîner. Il a d’abord frappé sa femme à coups d’une grosse pierre jusqu’à lui faire perdre connaissance. Puis il a étranglé son fils, avant de se donner la mort par pendaison. Les policiers ne pourront que constater les dégâts, et faire le nécessaire pour que la malheureuse épouse du forcené, dans le coma, soit évacuée vers l’hôpital Avicenne de Rabat. La police de Benslimane attend le rétablissement de la santé de la mère pour déterminer les circonstances exactes et le mobile du crime.

    Abderrafii ALOUMLIKI 23-10-2006, Aujourd’hui Le Maroc.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 23 octobre 2006 17:18

    En tout cas, la religion des Asiatiques ne nous emmerde pas.

    Et pour la visibilité, il faudrait aussi penser à eux, pas seulement aux coreligionnaires de Nacéri qui ont une fâcheuse tendance à envahir les plateaux TV.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 23 octobre 2006 16:33

    Ce débat, un temps polarisé sur les adjectifs « ostentatoire », « visible » ou « ostensible », avant de retenir la « manifestation » de croyances religieuses, n’a pas tenu compte de ce qu’avec ce voile islamique, sorte de heaume textile composé de plusieurs pièces, parfois étendu, tel un uniforme, à l’ensemble du corps (burqa), ce n’est plus la personne qui porte un signe ou un insigne, mais au contraire le signe qui enveloppe et cache la personne.

    De là les problèmes avec les photos d’identité ; comment identifier à coup sûr les élèves ou étudiantes et les candidates aux examens tels que le bac, contrôles continus et concours, avec ce voile à géométrie variable, qui commence parfois au ras des sourcils ?

    Le sénateur centriste Nicolas About avait déposé une excellente proposition de loi pour régler ce problème d’identification des personnes sans stigmatiser personne. Elle n’a malheureusement pas été examinée par le Parlement. C’est cette légitime exigence d’identification des personnes qui fit demander au maire U.M.P. de Nogent-sur-Marne que les futures mariées soient découvertes lors de la cérémonie du mariage civil, et aux banques que les personnes se présentent tête nue à l’entrée, voire sans lunettes de soleil.

    Le voile dans la rue et dans les transports publics reste gênant, car il modifie notre espace public traditionnel. En admettant que circulent dans nos rues des personnes non identifiables, des OVNI (objets voilés non identifiables), nous changerions de société.

    B - Ce problème du voile comporte bien sûr plusieurs autres aspects :

    Religion et laïcité : on a presque tout dit là-dessus, sauf le ridicule du Parti Socialiste à évoquer, dans des propositions de lois, des “signes philosophiques” que personne n’avait jamais vus ... La croyance religieuse, comme d’ailleurs la nature des préférences sexuelles, devrait rester dans le for intérieur. Ce rapprochement n’est pas artificiel, puisque les religions se sont essentiellement fait connaître, au cours des siècles, par leurs prescriptions autoritaires en matière sexuelle. D’où la conclusion que ni les associations religieuses d’étudiants, ni les associations féministes ou homosexuelles, n’ont leur place dans les locaux universitaires. Si cet espace d’enseignement (les lieux universitaires) doit être neutre, ce n’est pas par caprice laïcard, mais bien pour maintenir une possibilité d’enseigner efficacement un savoir objectif, à visée universelle, forme de savoir que les Grecs et Romains anciens nous ont léguée.

    Comment étudier tranquillement si l’on avait désormais, dans la classe ou dans l’amphi, le « public » divisé en deux camps, comme au stade ?

    Les lieux de prière ou de culte n’ont pas non plus leur place sur les campus universitaires (pas davantage que les saunas gays pour le culte du dieu latin Priape, mais qui n’y sont pas encore, à ma connaissance ...). Dans cette affaire du voile, l’aspect « prosélytisme », pression sur les « tièdes », doit évidemment être pris en compte. Précisons que l’on trouve effectivement, à plusieurs reprises, l’injonction du port du voile des femmes dans les sourates XXIV et XXXIII du Coran.

    Nicolas Sarkozy trouve la loi de 1905 trop ancienne, usée, dépassée, vieillie, il voudrait la décaper. Mais si le temps faisait quelque chose à l’affaire, c’est par la plus ancienne Déclaration de 1789-91 qu’il faudrait commencer. On sait que depuis 1973 cette Déclaration fait partie du bloc de constitutionnalité (par décision du Conseil Constitutionnel). Et que dire de l’ancienneté de ces religions que nous vante Nicolas Sarkozy dans son avant-dernier livre ...

    Trouble à l’ordre public, un peu partout, et partout de plus en plus : dans les hôpitaux, où des femmes voilées, accompagnées de leurs maris, demandent à être soignées à leur manière sexiste, avec agression de médecins ; certains nous ramènent au souvenir de l’époque des bonnes soeurs hospitalières ... mais elles n’ont jamais été associées, de près ou de loin, à un quelconque terrorisme catholique ... Si l’islam fait peur, il y est pour quelque chose. L’islam dérange car ses pratiques religieuses entrent progressivement en conflit avec notre mode de vie. Il y a communautarisation des commerces généralistes, quand certains magasins arrêtent, pour tous leurs clients, la vente d’alcool pendant le mois du Ramadan, quand les boucheries « hallal » ou les rayons « hallal » dans les supermarchés se répandent et renforcent le communautarisme de séparation.

    Il y a une difficulté, que soulevent les islamistes. L’article 10 de la Charte Européenne des droits fondamentaux (Traité de Nice, décembre 2000) dispose : « Ce droit [à la liberté de pensée, de conscience et de religion] implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public [souligné par Cl. C.] ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites [souligné par Cl. C.]. » Cet article suit de très près l’art. 18 de la Déclaration universelle de 1948 (ONU) et l’art. 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (Conseil de l’Europe). Or l’autorité des traités en droit français est supérieure à celle des lois ; l’art. 55 de la Constitution de 1958 dispose en effet : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie. » Cette disposition s’applique aux lois postérieures aussi bien qu’antérieures aux traités, mais il revient en général au Conseil d’État et à la Cour de cassation de la faire appliquer. Le traité de la Constitution européenne reprenait « la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites » (partie II, article II-70) ; selon le Conseil constitutionnel, cette disposition serait à interpréter par chaque pays selon ses traditons nationales, une large marge d’appréciation étant laissée aux États par la Cour européenne des droits de l’homme.

    L’avis du Conseil Constitutionnel n’a pas été sollicité par ceux qui en avaient le pouvoir, et la loi 2004-228 du 15 mars 2004 a été publiée au J.O. du 17 mars. L’avenir nous dira si cette loi, qui a résisté au chantage des preneurs d’otages, pourra être appliquée compte tenu de nos engagements internationaux, et au cas où elle ne serait pas, quelles seront alors les solutions juridiques appropriées

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