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Senatus populusque (Courouve)

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  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 mai 2006 21:56

    Ce programme commence hélas à être suivi, voir le meurtre de Romain près d’Avignon, meurtre jugé aujourd’hui.

    Le mal vient de plus loins ; le philosophe Sartre avait, dans sa préface à un ouvrage de Franz Fanon, déjà justifié l’injustifiable, le meurtre des Blancs, comme il avait justifié le régime soviétique et, au préalable, trouvé une liberté inégalée sous l’Occupation allemande.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 mai 2006 21:45

    « Dans ma religion justement, il y a quelque chose que beaucoup de musulmans ne tolèrent pas, malheureusement : la liberté de croire et de renoncer à la foi. Il est dit dans le Coran : « La vérité est de votre Dieu. Que celui qui veut, croie, et que celui qui veut, nie ! ( la foi) » »

    En face de ce seul verset, qui figure effectivement à la fin du Coran, il y a des dizaines d’autres versets, d’une violence extrême, qui disent le contraire ...



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 mai 2006 20:27

    À Scipion : L’étreinte stérile est le cas sous contraception.

    La distinction entre normal et anormal est pertinente dans certains domaines, pas forcément dans tous. Les valeurs morales n’étaient pas absentes de la société grecque qui par ailleurs acceptait des relations homosexuelles et intellectuelles ayant parfois une valeur pédagogique.

    Je ne prône pas le mariage du père et du fils, ni l’inceste, je suis même opposé au « mariage homosexuel », oxymore basé sur une fausse symétrie entre homo- et hétérosexualité.

    Ce sont Epictète, puis Montaigne, Ponsard et Verlaine, qui ont répandu la formule que vous attribuez à Pompidou.

    « Didier Eribon confirme, »de l’intérieur« , ce que je pense,lorsqu’il dit : »La revendication du mariage (...) a un effet de déstabilisation de l’ordre familial, sexuel, du genre, beaucoup plus fort que la subversion incantatoire.« (Regards, N°5, mai 2004) »

    Oui, pour s’en réjouir, alors que je le déplore. L’homosexualité est elle aussi fondée sur la différence des sexes, et non sur l’indifférenciation.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 mai 2006 14:29

    Le terme homophobie, que j’ai introduit dans la langue française en avril 1977 dans mon ouvrage Les Homosexuels et les autres, atteint en 2006 à la sur-notoriété et envahit le vocabulaire des hommes politiques (voir les débats parlementaires sur la loi HALDE). Daniel Borrillo le définit ainsi (1) : « hostilité (psychologique ou sociale) à l’égard des personnes désirant leur propre sexe » (page 26, 2e édition). Le point fort de ce « Que sais-je ? » est le survol, assez précis, de textes réprimant ou stigmatisant ce comportement minoritaire, depuis les textes prétendus « sacrés » des Hébreux jusqu’aux lois en vigueur dans les pays du Tiers-Monde (3). La répression des comportements des hommes homosexuels par les nazis (dite abusivement « holocauste gay ») et la réprobation séculaire par l’Église catholique sont assez bien documentées. Quelques oublis importants, dont les injonctions d’hétérosexualité conjugale dans les Évangiles, le déplorable mais très influent article « Sodomie » dans l’Encyclopédie (1765), et la longue période « homophobe » du Parti Communiste Français (d’Henri Barbusse à Pierre Juquin) et de la gauche française.

    L’auteur s’enlise péniblement dans la distinction des homophobies clinique, anthropologique, libérale, bureaucratique-stalinienne (4), irrationnelle, cognitive, etc., donnant par cette accumulation l’impression (évidemment fausse) que pas une voix ne se serait élevée, dans la philosophie, l’histoire ou la littérature occidentales, pour approcher objectivement la question. Sigmund Freud et Jacques Lacan sont bien trop rapidement disqualifiés ; les références aux oeuvres du maître de Vienne, note 2 de la page 62 de la 1ère édition, sont très incomplètes. Indigente rhétorique de victime ... Il aurait été plus intéressant de distinguer l’homophobie positive, qui s’exprime, et le préjugé négatif, qui passe totalement sous silence, par indifférence ou volonté de censure, l’existence de l’homosexualité ; préjugé négatif fort apparent, par exemple, dans le Magazine de la santé de France 5, et précisément dans sa rubrique « sexo ».

    L’autonomie de l’hétérosexualité vis-à-vis de la procréation, déjà affirmée par les libertins, les philosophes (notamment Sade et Friedrich Nietzsche, après les Grecs), puis par la psychanalyse, n’est presque pas évoquée ; c’était pourtant un argument plus qu’intéressant : l’avortement et la contraception s’écartent bien davantage de la nature que la masturbation ou l’homosexualité (pour les écologistes et autres Verts). Le concept de liberté est écartée d’un revers de plume sous prétexte qu’au contraire des droits, il n’aurait pas de contrepartie (p. 72 de la 2e édition, édition à laquelle renvoient les références ultérieures) ; il est inattendu qu’un enseignant en droit exhibe ainsi son occultation de la notion de responsabilité, et de l’art. 1382 du Code civil ! On a vu depuis que Daniel Borrillo ignorait l’article 75 du même Code ... Les causes de l’homophobie sont décelées, chez l’individu, dans la peur de sa propre homosexualité (« explication » tautologique, qui n’explique donc rien), et pour la société dite « homophobe », dans son organisation selon deux sexes qui n’auraient, eux, que peu de choses à voir avec la nature ; Borrillo y voit, prétendant suivre les traces de Michel Foucault, « une entreprise politique d’assujetissement des individus » ... (page 90). Ce « différentialisme sexuel » priverait les homos du « droit au mariage » (5) ; Borrillo critique ce sous-mariage que serait le PACS au nom du principe constitutionnel d’égalité des sexes revendiqué comme absolu et radical. On objectera que la distinction des deux sexes étant constitutive tout autant de l’hétérosexualité que de l’homosexualité, l’amour des garçons n’annule pas cette différence (Jean-Louis Bory disait rechercher le « corps frère », et Michel Foucault savait protester « une femme, en plus ! » quand le sexe « indû » l’importunait) ; on apprend encore, page 106, que « l’homosexualité n’existe pas » (6). Si l’on supprimait la mention du sexe sur les cartes d’identité et autres papiers officiels, comme l’avait imaginé humoristiquement Philippe Muray (7), ainsi que les appellations Monsieur, Madame, maman, papa (dira-t-on alors camarade ?) cela suffirait-il pour faire admettre à tous ... ce qui n’existe pas ? L’obsession de l’égalité selon l’éternel apprenti juriste Borrillo conduit à de bien curieuses impasses.

    Daniel Borrillo a retranché de sa 1ère édition les notes suivantes : « Bien que plus difficile à concevoir dans l’état actuel des choses, l’inverse est aussi vrai : l’adhésion à une identité homosexuelle peut devenir aussi limitative et aliénante que l’identité hétérosexuelle. La revendication d’une identité homosexuelle me semble accepter la logique du stéréotype des dominants tel que nous l’avons décrit dans le texte. La critique du mouvement Queer semble en ce sens très intéressante, car elle nous met en garde contre l’enfermement et la logique d’exclusion des politiques identitaires. » (p. 99 de la 1ère édition). « À la différence du mariage, le PACS n’accorde pas de droits tels que l’adoption plénière, l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée, la pension veuvage, la pension de réversion, le droit à la nationalité française pour le partenaire étranger ainsi que l’obtention immédiate d’une carte de résident. Le droit au nom et à la représentation judiciaire ou extrajudiciaire entre partenaires, la reconnaissance internationale de la qualité de conjoints, le regroupement familial et la libre circulation des couples sont des facultés absentes dans le PACS. Les droits de succession ab intestat en cas de décès, l’autorité parentale partagée, la protection contre l’éloignement du territoire pour le partenaire étranger, la possibilité de donations entre partenaires sans délai de carence, la possibilité de bénéficier de dons d’organes sur une personne vivante ou encore l’allocation prêt logement, pour n’en citer que quelques exemples, demeurent des prérogatives exclusivement réservées aux couples mariés. » (p. 117 de la 1ère édition).

    Cet opuscule est révélateur des progrès du courant dit « radicalisme démocratique », alias « politiquement correct » ; page 32, la différence classique, bien connue en droit international, entre nationaux et étrangers est dite « sorte d’euphémisme du racisme ». La période des argumenteurs cultivés (Paul Verlaine, André Gide, Marcel Jouhandeau, Daniel Guérin, Jean-Louis Bory, Dominique Fernandez, et d’autres) semble terminée, ils doivent faire place aux vigilants [propulsés par le quotidien Le Monde, comme l’a montré le travail de Péan et Cohen], qui sauront, eux, mettre au pas les mal-pensants, non par le débat rationnel, mais par la « pédagogie » et l’arme absolue de l’invocation d’une « lepénisation des esprits ». Jadis, on avertissait : « la gauche s’arrête où l’anti-communisme commence ». Aujourd’hui, cette même famille d’esprit intimide plus brutalement : « l’extrême droite commence là où la pensée unique s’arrête ». Entre le « ferme ta gueule » de la nouvelle démocratie, et le « cause toujours » de la nouvelle dictature, il y a place pour le « Ca se discute » de la VIe République.

    Voilà un Que sais-je ? qui fera date, et certes un virage à 180 degrés par rapport à l’approche psychopathologique - appuyée sur des références anglo-saxonnes - du numéro 1976 (Dr J. Corraze, L’Homosexualité, 1982, éd. mise à jour 2000). La pathologisation est complètement retournée ; ce ne sont plus les homos qui sont malades, ce sont les autres, quand ils sont intolérants, sarcastiques, « homophobes » (terme qui dispense de toute argumentation) voire simplement caustiques ou railleurs, selon une tradition qui va d’Aristophane à Michel Leeb en passant par Philippe Bouvard. Daniel Borrillo dit souhaiter « une loi protégeant les homosexuels » (page 119), c’est-à-dire réprimant non seulement les discriminations, mais aussi les propos homophobes ou qualifiés tels ; les problématiques de la liberté d’information et d’expression, et de la liberté de la recherche scientifique ne sont évidemment pas abordées. La bibliographie (pp. 123-126) est, comme celle de J. Corraze, en grande partie constituée de références anglo-saxonnes récentes.

    1. Daniel BORRILLO, L’Homophobie, Paris : PUF, 2000 (2e édition mise à jour novembre 2001), coll. Que sais-je ?, n° 3563.

    2. Pour une vue plus complète relativement à l’Europe, on pourra consulter, de Flora Leroy-Forgeot, Histoire juridique de l’homosexualité en Europe, Paris : PUF, 1997, coll. Médecine et sociétés (sic).

    3. La répression en Russie avant 1917 n’était pas aussi forte que la note 1 de la page 73 l’indique ; l’article 516 du Code pénal de 1903 ne prévoyait qu’une peine d’emprisonnement de trois mois au moins pour « pédérastie » avec un partenaire de plus de 16 ans. Répression bien moindre qu’après 1934. On trouvera dans ce Que sais-je ?, pages 75-76, un extrait de ma traduction, à partir de l’original russe, de l’article « Homosexualisme » de la Grande Encyclopédie Soviétique, 2e édition, Moscou : 1952.

    4. Le « droit au mariage » n’existe (art. 12 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales - Conseil de l’Europe, 1950), que pour « l’homme et la femme ». Mais la Charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne (2000) laissait entrebaillée la porte du mariage homosexuel : « Le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis selon les lois nationales qui en régissent l’exercice » (art. 9).

    5. Exorcismes spirituels III, Paris : Les Belles Lettres, 2002. La suppression de toute mention relative au sexe sur les papiers d’identité et documents administratifs est la 9e et dernière revendication de la Plateforme pour l’égalité des droits avancée par Act-Up et quelques autres associations fin mars 2004. Ceci dans le but inavoué de promouvoir la transexualité et la trans-parentalité.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 mai 2006 14:15

    À Scipion : pour le milieu dont vous parlez, tout est politique ; cela ne laisse donc guère de place pour la morale. À la différence de Blaise Pascal, je n’ai pas de « pensée de derrière », seulement un farouche parti-pris en faveur de l’esprit d’examen.

    Je n’ai jamais aimé Lang ni son ministère du spectacle confondu avec celui de la culture.

    L’homosexualité est une variante minoritaire de la sexualité. Elle ne peut être dite ni « normale », ni « anormale ». La revendication de l’égalité entre homosexualité et hétérosexualité n’a pas davantage de sens ; il ne faut pas se laisser tromper par la symétrie des mots. La revendication pédophile, active dans les années 1970, et que Daniel Cohn-Bendit avait cautionnée, ne me semble pas près de rebondir. Auriez-vous des informations dont je ne disposerais pas ?

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