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Senatus populusque (Courouve)

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  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 20 septembre 2012 09:23
    Toute inégalité, toute différence de traitement, n’est pas une discrimination, ni une injustice, contrairement à ce que nous assène quotidiennement la démagogie égalitariste, comme si le principe de l’égalité des droits devait effacer toute différence concrète. L’égalité des droits des citoyens, libres individus, les uns par rapport aux autres, n’entraîne pas plus l’égalité juridique des couples homo et des couples hétéro (le couple n’est d’ailleurs pas une personne morale), qu’elle n’entraîne l’égalité juridique entre les associations loi de 1901, les S.A.R.L. et les S.C.I., ou encore l’égalité juridique des associations cultuelles et des syndicats. En d’autres termes, l’égalité des droits des citoyens français (article 1er de la Constitution) n’est pas l’égalité des droits conférés par des situations différentes (situations créées par des engagements personnels) ; cette distinction est devenue un principe constantde la jurisprudence du Conseil constitutionnel. L’égalité formelle des droits de l’individu (l’homme, le citoyen) n’implique donc ni l’identité des situations concrètes, ni celle des diverses institutions contractuelles. Gommer les termes « père et mère » dans le Code civil, les remplacer par « parents », (proposition de loi des Verts, Ppl n° 1650), nous rapprocherait davantage du cauchemar d’Orwell (1984) que de la société idéale.

    Cela me fait penser à cette remarque du juriste calviniste J. L. De Lolme :

    « C’est un principe fondamental chez les gens de robe de ce pays-là, que le Parlement peut tout, excepté faire une femme d’un homme, et vice versa. » (Constitution de l’Angleterre, I, ix).

    Avec le « mariage homo », c’est un peu ça.


  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 20 septembre 2012 09:22

    L’égalité des droits n’a jamais signifié que hommes et femmes soient identiques, interchangeables, en toutes situations ; l’équivalence entre homosexualité et hétérosexualitéest une erreur dérivée, basée sur cette identité primaire supposée entre homme et femme, et sur la symétrie linguistique de ces termes inventés en Allemagne dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis transposés en français à la fin de ce même siècle. Cette symétrie linguistique induit une fausse symétrie dans la réalité. Faire de l’homosexualité revendiquée la base de l’ouverture de droits, comme le droit au mariage, reviendrait à reconnaître ce « troisième sexe » imaginé simultanément par ces auteurs allemands (K. H. Ulrichs, Heinrich Marx et Magnus Hirschfeld ; les deux premiers avaient déjà revendiqué l’accès au mariage) mais récusé, pour cause de manque de fondement biologique, par Sigmund Freud et André Gide, notamment.

     On peut aussi considérer cette revendication comme une exigence communautaire de modification de la règle républicaine.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 septembre 2012 16:32

    J’ai repris les douze caricatures danoises sur mon mur facebook.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 septembre 2012 16:27

    Alain Vidalies, mardi sur BFM-TV : « Nous travaillons chaque jour pour essayer, au-delà de la gauche, de trouver des républicains qui viendraient soutenir cette démarche. »


     Cette démarche n’a rien de républicain !

    En effet, ce vote étranger remettrait en cause :

    * Le concept juridique de « peuple français » (Conseil constitutionnel, décision 91-290 
    DC du 9 mai 1991), distinct de l’ensemble des personnes présentes sur le territoire.

    * La forme républicaine (1) du Gouvernement selon les articles 1er, 1er alinéa (“La France est une République indivisible [...]“) et 89, dernier alinéa (“La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision.”) de la Constitution.

    * la notion d’électeur (article 3 de la Const.)

    * La portée de la citoyenneté européenne (article 9 de la version consolidée du Traité sur l’Union européenne).

    1. « forme républicaine » parce que République, res publica, c’est l’affaire du peuple, en l’occurrence celle du peuple français, concept juridique à valeur constitutionnelle selon le considérant 12 de la décision de 1991 citée plus haut.
    Il résulte de tous ces éléments que l’introduction du vote étranger remettrait en cause la forme républicaine du Gouvernement, forme qui ne peut être révisée, selon l’article 89 C. ; ainsi ce vote étranger semble juridiquement impossible. Tout parti prônant un tel vote étranger ne peut donc être dit « républicain ». Ces remarques ont été portées à la connaissance des parlementaires de mon département.
     


  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 15 septembre 2012 19:16

    Je lis sur LYON 1ère que la Fédération du Rhône du Parti Radical de Gauche « ne comprend pas qu’un haut dignitaire religieux puisse publiquement affirmer que le « mariage homosexuel ouvrirait la porte à la polygamie et à l’inceste… ». »

    Comprendra-t-elle mieux ces propos du philosophe Jacques Derrida dans Le Monde en 2004, propos qui alors ne firent pas scandale, et qui proposaient explicitement que le mariage homo débouche sur la polygamie ?

    JACQUES DERRIDA (1930-2004)

    « Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de « mariage » dans un code civil et laïque. Le « mariage », valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle - avec vœu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’État laïque à l’Église chrétienne - en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de « mariage », cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une « union civile » contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé. Quant à ceux qui veulent, au sens strict, se lier par le « mariage » - pour lequel mon respect est d’ailleurs intact -, ils pourraient le faire devant l’autorité religieuse de leur choix - il en est d’ailleurs ainsi dans d’autres pays qui acceptent de consacrer religieusement des mariages entre homosexuels. Certains pourraient s’unir selon un mode ou l’autre, certains sur les deux modes, d’autres ne s’unir ni selon la loi laïque ni selon la loi religieuse. Fin de la parenthèse conjugale. (C’est une utopie mais je prends date.) »
    « Je suis en guerre contre moi-même », Le Monde, 19 août 2004.

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