Les plans de relance keynésiens ne marchent plus vous savez !
Apparemment ce serait dû à l’ouverture des marchés. Avant les années
soixante-dix, quand l’activité faiblissait, l’état lançait de grands chantiers,
ça redonnait du travail aux gens, ceux-ci dépensaient leur argent et l’activité
redécollait. C’était un peu comme donner un coup de démarreur pour relancer le
moteur. Mais aujourd’hui tout se passe comme si les moteurs de tous les pays
du monde étaient venus se brancher sur notre démarreur. De sorte qu’on a beau le faire
tourner, on décharge la batterie (on fait des dettes) mais l’activité ne
redécolle pas.
Avec la crise des subprimes, on a alors tenté une nouvelle stratégie : une relance keynésienne à l’échelle mondiale !!! L’idée semblait bonne. Il s’agissait
de faire fonctionner tous les démarreurs du monde en même temps pour que toutes
les économies redémarrent d’un coup. Hélas, comme vous avez pu le voir, ça n’a
pas marché non plus. Nous manquons du recul pour bien comprendre ce qui n’a pas
été mais apparemment, il semblerait que les grands pays exportateurs aient
drainé pour eux seuls toute l’énergie des plans de relance. On a ainsi vu les économies
allemande et chinoise faire un bond spectaculaire alors que la France ou les
USA restaient amorphes.
Sarkozy a essayé autre chose en début de mandat. Il a fait
un prêt pour développer l’innovation. L’idée c’était bien sûr de créer
des entreprises leaders en leur domaine. Mais que dalle, ça n’a pas marché non plus...
Il existe une autre solution ultra-libérale celle-là pour réussir à relancer notre économie.
Il s’agit de supprimer le SMIC, supprimer toute durée légale du travail et tous les freins au licenciement. Le but c’est de faire chuter dans des proportions carrément dramatiques les salaires afin de créer une armée de travailleurs pauvres qui bosseront comme des Chinois à fabriquer des marchandises à bas coût. Ensuite nous pourrons vendre nos marchandises à des prix défiant toute concurrence !
Évidemment, vous me direz que c’est une idée franchement immorale et digne d’un parfait esclavagiste. OUI, enfin non, pas forcément du moins, car rien ne nous empêcherait alors d’instaurer un impôt négatif !!! C’est-à-dire qu’on s’arrangerait pour que celui dont le salaire est trop faible pour vivre n’ait pas à donner d’argent mais en reçoivent ! Ainsi, les vaillants petits soldats sous-payés qui se seraient sacrifiés pour redonner des couleurs à notre économie, recevraient enfin la digne récompense de la nation.
Bien sûr, cela nécessiterait que l’on convainc les plus riches de partager leurs revenus avec les plus pauvres. Mais ils ne seraient pas trop difficiles à convaincre dans la mesure où ils comprendraient vite que c’est grâce à cette solidarité nationale qu’ils peuvent jouir de coûts de production si avantageux pour leurs exportations.
Adapter scrupuleusement son endettement à la croissance économique, c’est raisonnable, mais remarquez bien qu’en ce moment, la croissance est chancelante et nos dépenses publiques suivent le chemin inverse. Autrement dit, même si nous avions le franc pour monnaie et que la loi de 73 était abrogée, nous serions quand même contraints à la rigueur...
Certes on pourrait essayer quand même d’emprunter mais avec une croissance au raz des pâquerettes nous relancerions assurément l’inflation. Ce qui, au demeurant, avantagerait nos produits à l’exportation. Oui, mais cela renchérirait également le coût de la vie ce qui signifie que l’amélioration de nos coûts de production se ferait au détriment des salariés.
En vérité, rien n’est simple ! Pour réduire notre endettement il faut relancer la croissance. Pour y arriver soit nous sacrifions notre niveau de vie jusqu’à ramener nos coûts de production à ceux des travailleurs chinois, soit nous nous dotons d’industries dont la puissance d’innovation leur permette d’être toujours leaders dans leurs domaines d’activité. La première solution est à la portée de l’état, la seconde sûrement pas. Que faire ?!
C’est -à-dire que théoriquement, le pilote automatique, c’est le peuple justement !
Tout repose sur l’idée que le peuple quand nul ne vient lui dicter sa conduite, va spontanément agir au mieux de ses intérêts. On fait donc l’hypothèse que le grand orchestre de l’humanité peut parfaitement travailler sans aucun chef d’orchestre pour le conduire. Ce qui est une hypothèse invérifiable mais que pas mal de faits accréditent.
Par exemple la vie n’a pas de chef d’orchestre et 3,8 milliards d’années après son apparition, elle nous prouve que chaque espèce en travaillant librement à sa survie est parvenu à établir sur la planète un équilibre d’une rare subtilité. Or il se trouve que la machine économique s’apparente par la subtilité de ses équilibres à la grande machine du vivant, ce qui pourrait laisser supposer qu’elle fonctionne de la même façon. Ce n’est pas une preuve, juste un indice.
Autre exemple, le fait qu’il soit impossible de contrôler un système soumis à la loi du chaos. Or l’économie comme le climat forment des systèmes soumis à la loi du chaos. On ne peut essayer de prévoir leur avenir
que sur une très courte période, ce qui fait qu’il n’y a pas de contrôle climatique ou économique possible. A tout instant, peut survenir un événement qui bouleversera du tout au tout nos prévisions : le fameux battement d’ailes du papillon. Il suffit que quelque part sur la Terre un individu ait une idée brillante ou au contraire cauchemardesque et bientôt, pour le meilleur ou pour le pire vous allez perdre le contrôle du système. Tout va se détraquer d’un coup et rien ne fonctionnera plus comme avant, jusqu’à ce que vous compreniez précisément quel changement dans tous ceux survenus est la cause de ce désordre.
Les Soviétiques ont poussé la logique du contrôle économique jusqu’au bout en instaurant une économie totalement planifiée. Pourtant, nous le savons aujourd’hui, quand Gorbatchev a pris ses fonctions, le pays était depuis de longues années déjà plongé dans une crise inextricable. Rien de ce qu’ils avaient essayé n’avait payé, leur économie s’enfonçait toujours davantage dans le marasme. Nous n’en avions pas conscience vu d’ici, mais l’audace de Gorbatchev à l’époque ne reflétait que l’ampleur des défis qui s’imposaient à lui.
Tout cela ne prouve pas l’existence du pilote automatique mais l’on en vient quand même à se dire que s’il n’est à la portée d’aucun individu en particulier de contrôler le système, il faut quand même bien que la nature ait prévu un moyen d’éviter que l’on finisse inexorablement dans le ravin. Alors, pourquoi pas le pilote automatique...