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ticotico

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Je vis en Amérique Latine depuis 2015, d'abord parce que je m'y sens bien, entouré de gens excessifs et chaleureux, mais aussi parce que la France m'a lassé. Ce pays normalisé, pasteurisé, aspetisé, sécurisé, radarisé... ou la machine médiatico-industrielle décide chaque jour davantage de ce que nous devons penser, acheter, accepter... n'a plus grand chose à voir avec ce qui fût la patrie des idées nouvelles.
Le nihilisme néo-libéral est à l'oeuvre partout, mais la décadence du libre arbitre est plus atterrante en France qu'ailleurs. J'avais le choix entre rester et râler ou partir et respirer, d'accord, je râle encore un peu, mais au moins, je respire.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/08/2018
  • Modérateur depuis le 21/04/2020
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Derniers commentaires



  • ticotico ticotico 6 septembre 2018 18:35
    Un jour, j’ai vu Jagger de très près... c’était dans un couloir d’aéroport, je me suis retrouvé face à lui tout seul... avec ses huit gardes du corps, il n’y avait personne d’autre, pas de public, pas de photographe...

    eh bien, le Mick, quand il n’est pas en représentation, il sait très bien faire la gueule, il avait même l’air de quelqu’un qui a un gros problème existentiel...

    Sinon, les Rolling Stones n’étaient pas sur ma liste de concerts à fréquenter au moins une fois dans sa vie, pas une allergie à leur musique, mais ça me paraissait trop gros, trop mégalo...
    ...jusqu’au jour où ils sont venus à Cuba...

    La Havane était en pleine effervescence, Obama avait fait show quelques jours avant, arpentant le Malecon avec sa limousine blindée... même la télé d’état consacrait des émissions spéciales à la venue des cinq anglais dont la musique fût illégale dans ce pays...

    Alors, difficile de ne pas faire les quelques kilomètres qui me séparaient du lieu de l’événement... 10 pesos plus loin, la vieille Chevrolet nous laisse au rond point tout proche, au milieu des premiers bataillons de spectateurs.

    A l’entrée du terrain de sport quelques membres de la PNR (Police Nationale Révolutionnaire) contrôlent les sacs pour vérifier qu’il n’y a pas de produits interdits... mais ils ne donnent pas l’impression de faire du zèle, peu de flics, beaucoup de public... Nous passons sans problème, comme tout le monde, nous avons mis le rhum dans des bouteilles d’eau minérale.

    Le contrôle des billets est simplifié... l’entrée étant gratuite !
    C’est FBI qui paye. Un donateur basé à Curaçao, à travers FBI (Fundacion Buena Intencion) a allongé les 7 millions de dollars couvrant les frais techniques, les rumeurs parlent d’un financement effectué par les Stones eux-mêmes en vidant un de leurs comptes off shore, mais rien n’est sûr.

    Ce qui est certain, c’est qu’ils sont venus, ils sont tous là, les roqueros de toutes les chapelles, les metalleros tout en noir, les rastas, les punks... 7 heures de plus à attendre sous le soleil un concert qu’ils avaient attendu toute leur vie.

    7 heures à boire du rhum, interdit, mais présent partout, à se prendre en photo devant cette immense langue rouge, à chanter « I love rock’n roll » en même temps que la sono, à secouer la tête sur des vieux Deep Purple, reboire des coups, se reprendre en photo... se repasser le film de leur vie, ces cassettes écoutées au volume minimum, de peur qu’un voisin dénonce des tendances antisociales... une convention de fans d’ovnis réunis pour voir enfin se poser le premier vaisseau venu d’une lointaine galaxie...

    Mais aussi des élégantes au rouge à lèvres assorti au logo sur leur T shirt, des familles, des bandes de fans, drapeau en tête, venues tout droit de Tokyo, Buenos Aires, México, Montréal, Caracas, Quito... convergeant vers ce centre du monde, ce lieu périphérique devenu capitale planétaire le temps d’une soirée.

    L’immense terrain de la Ciudad Deportiva se remplit, puis quand on peut pas se serrer davantage, l’avenue derrière accueille les derniers arrivés, 1,200,000 d’après le compte twitter des Stones... Je n’ai pas compté, mais au moins la moitié de la population de la Havane était là.

    Le dernier coucher de soleil sur le Cuba d’avant le rock’n roll embrase le ciel, une brise tiède rend la fin de l’attente plus supportable, sur les écrans géants, les vidéos des Stones ont laissé la place à des logos animés... Les projecteurs s’allument sur la foule, la musique s’est arrêtée, les dernières minutes n’arrêtent pas les questions... combien de temps vont ils jouer, quels musiciens cubains seront invités... à quelle heure ça commence ? ...

    Des images spécial Cuba sur les écrans géants font monter la température... vers 20 h 35, un riff déchire la nuit... puissant et sauvage, façon moteur de Harley, Keith lance la soirée... Jumping Jack Flash... Dès le premier refrain « It’s allright now » le public est là, il répond aux images géantes des dernières légendes du rock... Mick saute et court comme un Jagger... Charlie tape sur ses tambours sans jamais quitter son air so british, il doit avoir la même tête quand il joue au golf ou qu’il enquille les gin tonic, un petit sourire de temps en temps, preuve qu’il est content d’être là... Avec Ron Wood, on tient un autre bad boy, coiffure vintage 1972, hérisson noir (postiche ?) impeccable... Et bien sûr, Keith, « The main offender » Richards, le vrai moteur du groupe, Mick étant plutôt la carrosserie.

    Mais la vraie révélation de cette soirée, c’est le son... une qualité dingue, puissant mais pas écrasant, et surtout une clarté, une sensation de proximité, comme si on était dans le salon de Keith, à quelques mètres de sa Telecaster branchée dans un ampli Fender à lampes...

    Bien sûr, ils ont joué Satisfaction, Brown Sugar, Sympathy for the devil... et terminé par You can’t always get what you want, accompagné par un choeur de cubaines provenant d’une école de mannequins... Bien sûr, Mick Jagger a parlé dans son espagnol approximatif, le public s’est lâché, si un cubain ne bouge pas lors d’un concert, c’est qu’il est mort.

    Mais ce soir là, pas de mort, pas d’incident le flot humain qui quitte le terrain emplit les avenues en une immense procession (ici, pas de transport pour une telle foule) Tous ont encore en tête, et pour longtemps les sauts de Mick, les riffs de Keith, la promesse d’un pays différent...


  • ticotico ticotico 6 septembre 2018 00:08

    @Fergus


    Ah, les sessions... surtout dans les pubs de campagne dans l’ouest de l’Irlande... des musiciens réputés y viennent se mêler aux amateurs et donner leur maximum, même pour 50 personnes... une musique qui n’a jamais perdu ses racines et n’a pas été dénaturée par l’industrie...

    Et presque toujours, quand la soirée est bien avancée, il y a quelqu’un dans l’assemblée, souvent une fille qui se lève et envoie une ballade a capella qui déclenche un silence et une émotion magiques...


  • ticotico ticotico 5 septembre 2018 23:21
    Bonsoir Fergus,

    Merci pour ce sujet qui change des macronneries.

    Petite erreur de notre part (you and me),sur Salsa Celtica, il y au moins un chanteur latino (mais de Cuba) on ne peut avoir son accent si on est né près d’Edinburgh ou de Glasgow

    voilà ce que dit leur site

    Salsa Celtica are an 11 piece band featuring musicians from Scotland, Ireland and Cuba.

    ...et un détail me concernant : je joue aussi de la musique irlandaise


  • ticotico ticotico 5 septembre 2018 22:51

    Si j’ai un peu (beaucoup) de mal avec la musique bretonne, la musique irlandaise m’a toujours transporté... et pourtant j’écoute aussi du jazz, du funk, des musiques latines...

    Loin des concours de vitesse souvent en vigueur dans les sessions, voici un petit joyau d’Angelina Carberry
    ...ça commence après une minute de blabla, un style simple direct et lumineux.

    Un truc étonnant avec cette musique, c’est qu’on trouve des groupes locaux qui en jouent à peu près partout dans le monde... Chili, Corée, Normandie, Serbie, Australie (OK, ceux là ils ont des têtes d’irlandais), Bollywood, Japon, Hong Kong, Brésil, Mexique,
    et pour finir une fusion latino-celte (Venezuela + Ecosse)

    A la différence de la musique poitevine ou morvandelle, la celtique est nettement plus universelle...
    un petit mélange celtique/western/punk/métal (intérêt plus ethnologique que musical)


  • ticotico ticotico 1er septembre 2018 14:09

    Une ’tite remarque... et si le petit Cron avait lui même lancé cette remarque en sachant que c’était une grenade médiatique ? Une petite diversion ne peut pas faire de mal au moment où la perte de son alibi écolo enlève un rideau de plus sur l’absurdité de sa politique...
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