Il vole, certes.
Nul ici n’a prétendu nié son existence, ni même le fait qu’il existe des espérantophones aux quatre coins du globe.
C’est un fait, incontesté et incontestable.
Mais de là à dire que les dits espérantophones sont une majorité silencieuse mondiale, que l’esperanto promut au rang de langue universelle et mondiale résoudrait la quasi-totalité des maux de l’humanité et qu’un obscur groupuscule de puissants anglo-saxons (ou à leurs bottes) aux commandes des centres de pouvoirs de la planète ourdit un complot centenaire pour l’empêcher de progresser, il y a là un Rubicon que certains d’entre-nous (Une majorité ?) n’osent franchir.
Récemment, j’ai lu un article (dont je pense que l’auteur ne vous est pas inconnu) qui parlait de l’engouement de notre belle jeunesse pour le dernier opuscule d’Harry POTTER ainsi que du groupe pop-rock Tokio Hotel. Le fait que le premier se soit arraché dans les librairies alors qu’il est rédigé dans la langue de Shakespeare (Et pas encore traduit) et que les chansons du second le soient dans la langue de Goethe semblait montrer que si l’on éveille la curiosité ou que l’on touche les centres d’intérêts d’enfants, d’adolescents ou même d’adultes, ces derniers sont prêts à fournir des efforts colossaux pour apprendre la langue d’origine des créateurs.
Si l’esperanto est à ce point facile à apprendre, imaginez le raz-de-marée avec un livre ou un groupe de rock à succès.
Ne serait-ce d’ailleurs pas là que pêche l’esperanto ? La première fois que j’en ai entendu parler, je me suis imaginé un cabinet de vieilles barbiches en redingote style fin XIVe. Peut-être est-ce cette image d’Epinal qui hante l’inconscient collectif européen.
Les scientologues l’ont bien compris, eux qui ont tout misé sur Tom CRUISE : Jeune (du moins à l’époque), beau, mondialement connu et qui a surtout l’avantage d’être présent sur n’importe quel média people de la planète au moins une fois par semaine.
Mr MASSON à écrit : « ... des plus lourds que l’air qui ne parviendront jamais à voler... »
Étant donné qu’Orville et Wilbur Wright ont réussi à ridiculiser leurs détracteurs qui se gaussaient d’eux et de leur idée aussi sotte que grenue de faire voler un plus lourd que l’air, l’exemple est certainement mal choisi...
Cela dit, j’aimerais insister sur un point qui m’horripile depuis le début. Mr MASSON et consorts parlent depuis le début de l’hégémonie linguistique mondiale des USA et la nomme bien malencontreusement « Langue anglaise ».
Je ne suis pas un linguiste distingué, mais je sais que l’anglais et l’américain sont de nos jours deux langues différentes. Il y a des constructions grammaticales américaines qui sont des fautes au Royaume Uni, tout comme l’inexistence de temps de conjugaison au niveau de la langue américaine que l’on trouve pourtant dans la langue anglaise.
Dire que les américains parlent anglais, c’est équivalent à dire que les belges ou les québécois parlent français. Ce qui ferait hurler de rire ou de rage n’importe quel wallon ou habitant francophone de la belle province.