T’es vivant foufouille, qu’est-ce que tu en sait ? As-tu vécu la mort de l’un de tes proches ? être là présent, avec les médecins et infirmiers qui sont là, tous les jours, et qui comme toi, voie la déchéance et la mort qui fait son œuvre ? moi, j’ai perdu ma mère, il y a dix mois. Son départ a duré quatre mois. elle marchait, elle s’est retouvée alitée. Elle mangeait seule, il a fallu la nourrir, et ce jusqu’à son refus de prendre sa bouillie, car elle en était rendue là. As-tu essayé de faire manger et boire quelqu’un qui serre les dents parce qu’il ne veut plus rien prendre ? La perfusée, oui. ! ça a duré une semaine. As-tu déja entendu quelqu’un appelant Dieu dans son sommeil en disant « accueillez-moi, accueillez-moi. » Je l’ai retrouvée morte, un matin, à la fois soulagé et coupable. Avais-je fait ce qu’il fallait ?
Avais -je fait ce qu’il fallait ?
Alors tu sais, l’euthanasie, c’est pas le problème. Le problème, c’est l’acharnement thérapeutique. Quand c’est l’heure, c’est l’heure. Et l’on ne peut rien y faire. Et le survivant reste avec sa conscience
Elle a fait un bébé toute seule
C’était dans ces années un peu folles
Où les papas n’étaient plus à la mode
Elle a choisi le père en scientifique
Pour ses gènes, son signe astrologique
Et elle court toute la journée
Elle court de décembre en été
De la nourrice à la baby-sitter
Des paquets de couches au biberon de quatre heures
Et elle fume, fume, fume même au petit-déjeuner
Elle défait son grand lit toute seule
Et elle vit comme dans tous ces magazines
Où le fric et les hommes sont faciles
Et elle court toute la journée
Elle court de décembre en été
Le garage, la gym et le blues alone
Et les copines qui pleurent des heures au téléphone
Elle assume, sume, sume sa nouvelle féminité Elle m’téléphone quand elle est mal
Quand elle peut pas dormir
J’l’emmène au cinéma, j’lui fais des câlins, j’la fais rire
Un peu comme un grand frère
Un peu incestueux quand elle veut
Puis son gamin, c’est presque le mien,
sauf qu’il a les yeux bleux
Elle a fait un bébé toute seule