Monsieur Hollande a une excuse pour ne pas épouser Madame Trierweiler : c’est qu’elle est encore l’épouse d’un autre. C’est pour la même raison que Monsieur Hollande est impardonnable protocolairement de l’imposer.
Qu’est-ce que l’accessibilité, et qu’est-ce que « tout » ? Et qu’est-ce qu’un invalide peut, raisonnablement de son propre point de vue, demander ?
Un exemple : un hôtel particulier du XVe siècle, hôtellerie depuis trois quarts de siècle, dans la partie la plus escarpée d’une bourgade provençale. Des personnes à mobilité réduite s’y présentent quelquefois, et elles y sont aidées en fonction de leurs besoins. Le plus souvent, même si elles ont fait la grimpette jusque là, elles ne sont pas fâchées - et on les comprend - de retourner loger en plaine. Si j’étais, définitivement ou temporairement, invalide, il me semble que je préfèrerais les lieux les plus confortables, à moins que je me jette le bizarre défi de l’accès pour l’accès, indépendamment de l’agrément. Mais dans ce cas je l’assumerais seul. Or dans cet hôtel, l’accès aux chambres se fait par deux escaliers en colimaçon. Ce n’est pas tout : il y a un cagnard, petite logette sur le toit à laquelle on accède par une échelle, agréable pour lire ou dessiner. Un invalide peut-il exiger - d’être logé, et dans ce cas exiger qu’on équipe les lieux en conséquence (au lieu de bêtement le porter) ? - d’accéder à tous les locaux ? je doute pour ma part qu’il goûte le cagnard.
Dans les deux cas, l’exécution stricte des règlements impose à l’hôtelier, soit de mettre la clé sous le paillasson, soit de ravager son hôtel pour mettre des équipements dont les problématiques invalides seront peut-être les premiers à déplorer qu’ils défigurent les lieux. Imaginez en outre ce que les services de sécurité penseront devant des équipements de toute façon inutilisables en cas de sinistre.
Ah, encore, s’il n’y avait que les invalides ... Mais il y a les associations qui les représentent et qui se sentent forcées - on les comprend, mais c’est un peu triste - de renchérir sur les désirs de leurs mandants. Et puis il y a les autorités. Le maire, qui peut accorder une dérogation, en assume ipso facto la responsabilité, comme c’est logique. Mais c’est inconfortable pour lui. Comme pour les élus qui voudraient tempérer les exigences excessives ou irréalistes. Bref, je tremble un peu pour l’hôtelier.
Si j’étais scénariste, à la dernière scène, une vieille dame, passant devant l’huis en fauteuil roulant, remarquerait : « Hôtel fermé » ? Ah, c’est dommage ...
M. X débarque - au sens propre - en France, sans autre raison sentimentale que d’y espérer mieux vivre que là d’où il vient .Cela manque de romantisme, mais cela se conçoit fort bien. Il tombe sous le sens que M.X n’a a priori aucun moyen de subsistance. Mais puisqu’il est en France, autant en faire un Français, ainsi que sa descendance ( droit du sol).
M.Y est né en France, ainsi que bon nombre de ses ascendants. Il n’a donc aucun mérite : comme aurait dit ce bon M.Beaumarchais, il ne s’est donné que la peine de naître. Profitant lâchement de cette position outrageusement privilégiée, M.Y s’acquitte, au prétexte de ses activités professionnelles et d’un indécent patrimoine, d’impôts destinés - entre autres - à assurer le bonheur de M.X. On conviendra que c’est la moindre des choses.
Mais un beau matin, M.Y s’avise que, les frontières étant allègrement perméables dans un sens, il ne voit pas de raison qu’elles soient étanches dans l’autre. Il pousse le cynisme jusqu’à penser que, poreuses à la pauvreté dans un sens, elles doivent l’être à la richesse dans l’autre (votre installateur de double vitrage vous tiendra bénignement - mutatis mutandis - le même discours). Bref, M.Y se livre à la plus immédiate application des réflexions sus-exposées.
Que résulte-t-il de tout cela ? Eh bien voilà : M.X est rapidement gratifié de la nationalité française, et à titre provisoire de tous les avantages sociaux liés à son heureuse présence sur ce sol béni. Quant à M.Y, seuls les mauvais citoyens - heureusement rares - pourront s’étonner qu’une bienfaisante loi le prive d’une nationalité dont sa malencontreuse naissance l’a fait l’indigne usurpateur.
L’ennui supplémentaire, et pour tout dire définitif, est que les pareils de M.Y ont la regrettable tendance à faire moins d’enfants que ceux de M.X. Demandez donc au statisticien de service dans combien d’années il n’y aura plus assez d’Y pour faire vivre les X selon les espérances dont ils s’étaient confortés.
Ne le faites pas le soir, ou prenez des somnifères - ou émigrez pertinemment.
On reconnaît là la légendaire cohérence et le non moins légendaire courage de l’Administration :
- au nom de la laïcité - dont le Ministère prétend faire de chaque professeur un missionnaire - le même Ministère admet des fêtes religieuses comme motif à absences. Vous me direz : et les fêtes catholiques, alors ? Je ne suis guère compétent pour vous répondre. Mais demandez donc à la République qu’elle les supprime de son calendrier. Et qu’elle rétablisse le calendrier républicain, pour faire bonne mesure.
- le devoir le plus urgent de l’Administration est de lâcher les professeurs - que l’Etat a le devoir de protéger. Mais l’Administration n’est sûrement que le bras gauche d’un corps - lequel ? - dont l’Etat n’est que le bras droit.
Supposons que, plus conformément à nos moeurs judiciaires, DSK ait été jugé en cour d’assises et que ND se fût constituée partie civile. Je sais, il n’en est pas de même outre Atlantique, mais je réponds ici à votre argumentation morale. Supposons encore que DSK ait été reconnu coupable et condamné. Il aurait subi une peine infamante (la prison) et afflictive (une amende confortable, quoique sans rapport avec le montant supposé de la transaction new-yorkaise). La partie civile - qui n’est pas une pute - et qui se trouve par les faits la vengeresse potentielle de toutes les femmes qui ... ne réclamerait qu’un euro / dollar / roupie sénégalaise etc de dommages et intérêts - moraux, cela va sans dire, vu le tarif. Et la morale serait sauve : ND ne serait pas une pute, et l’Etat serait un proxénète !