rien de pessimiste, c’est juste des appels pratiques de ce monde qui n’est rien, comme on dit « j’ai des choses à faire dans le réel, je reviens... »
j’ai lu votre artcile sur la « comm. paradoxale », je préfère répondre ici, sachant par ailleurs qu’entre Hervé, JL et Philouie, trois pistes sont déjà ouvertes, et ce n’est pas une incidente dans ma quatrième qui vous perdrait...
en vous lisant j’ai pensé à un vieux titre « la perduasion clandestine » de vance packard je crois qui est au moins parallèle à la question mais qui concerne la communication publicitaire ou l’information de masse ; ayant moi-même travaillé un moment dans la pub, je me suis intéressé à la lecture psychanalytique des messages publicitaires en termes de processus primaires, processus secondaires, plaisir et bénéfice, etc. vous ne pouvez pas imaginer l’ampleur et la profondeur de la manipulation à laquelle les spectateurs sont livrés.
mais venons-en de plus près au sujet de l’article, certes le double-bind est une terreur, mais j’ai pensé en vous lisant que le psychanalyste dans son exercice doit devenir un artiste de l’interprétation ; et comme cette interprétation ne se fait pas d’un coup, elle se fait par ouverture de pistes, elle doit surtout ouvrir un travail pour le patient, ainsi, l’analyste doit pratiquer une certaine ambiguïté, il est certain qu’elle n’est pas du double bind, mais il y faut une ouverture, une respiration, souvent donc on peut y friser le paradoxe, mais comme il n’y a pas d’injonction au sens presque impératif, alors le jeu est ouvert, et un je s’ouvre avec.
je m’étonne à vous lire tant concentré dans une suite logique d’articles tournant autour de la même question que vous n’ayez jamais évoqué de près les méthodologies des sectes auxquelles vous faites référence rapidement dans cet article, à moins que ce ne soit déjà fait, je veux dire recrutement, prise de contrôle, etc. , le parcours classique dans ces « îlots du bonheur »...
j’ai songé que peut-être l’antipsychiatrie de ronald laing et consorts pourrait vous être utile un jour, notamment « le moi divisé » sur les rapports du schizophrène au milieu, et surtout « la politique de l’expérience » dont je me souviens que c’était un grand travail.
autre référence celle-là pour vous nettement plus utile, et directement liée à vos questionnement : « l’analyse caractérielle » de wilhelm reich, ainsi que « la psychologie de masse du fascisme » qui peuvent être très éclairants, notamment sur les concepts de « carapace », et « peste émotionnelle », etc.
pour en venir plus directement à votre texte, il me semble que l’implication du double-binder est importante, car vous présentez un schéma de base, une ossature une structure, vous montrez des exemples, mais c’est comme si le moteur de tout cela demeurait caché, quelles sont les motivations ? en quoi ces deux-là sont-ils impliqués et surtout liés l’un à l’autre ?
voilà qui sans doute, faute de place dans un article long, ne pouvait être envisagé, pourtant c’est une grande clef, car malgré le jeu de tension, ce n’est pas seulement qu’une complicité de fond s’installe, c’est que le double-bind opère sur le fond de cette complicité, un certain jürg willi a forgé dans ces alentours le concept de « collusion fantasmatique ».
car il faut bien considérer que du fait que cela dure et s’installe, il s’agit d’une dynamique de couple, et feuilleter un auteur comme lemaire sur le couple pourrait s’avérer éclairant sur ces scénarios à deux.
toujours à propos de la bibliographie, je ne sais si je me trompe, mais il me semble que searles a fait de son article un bouquin ; plus encore, que vers la fin de sa vie, m’a-ton dit, en catimini, il aurait fait le « choix de la psychose » !
« ne devient pas fou qui veut... » disait lacan, mais quand on l’est déjà en sourdine, c’est une formalité...
pour en revenir au double-bind, on ne peut pas considérer qu’il « suffit » à rendre fou,
du point de vue psychanalytique, si dans l’enfance précoce, notamment avant trois ou quatre ans, les conditions d’une psychose ne sont pas réunies, alors quelle que soit la puissance des injonctions paradoxales à venir, elle ne viendront pas à bout du moi.
c’est ici que la lecture de margaret malher peut s’avérer très utile.
parce que la dissociation qui s’opère sous le double-bind n’est pas entre conscient et inconscient, quoi de plus normal au fond... non, elle force à tenter le refoulement, mais ce n’est pas lui qui entre en jeu :
d’abord une agressivité monte, il est impossible de la verbaliser, de l’extérioriser normalement, on peut la retourner contre soi en culpabilisant, mais même cela ne suffit pas, alors restent des mécanismes plus régressifs, comme la projection, car l’élaboration et l’ambivalence ne sont pas ici possibles, et alors la fissuration du moi s’installe, c’est alors justement que si la base du moi est fragile on abouti au « moi divisé » de ronald laing, donc la dissociation est dissociation du moi, dont certes une bonne partie est inconsciente.
pour comprendre cette géographie, un regard jeté sur la différence entre « position paranoïde-schizoïde » et « position dépressive » selon mélanie klein est essentiel, essentiel vraiment, car c’est dans le passage de l’une à l’autre que se décide s’il y aura clivage du moi où unification ambivalente.
j’arrête là cette digression, en vous demandnat d’excuser le désordre, et sachant que dans ce panier vous saurez cueillir l’utile et balancer les conneries.
c’est pas grave, vrai que là j’ai jamais autant été subjectif genre sec, vous j’vous aime bien par contre, quelles que soient nos différends idéologiques incurables, car dans le temps, votre capacité à vous régénérer est digne d’intérêt, donc l’auto-entrepreneur était à lire, et comme pierre a été trèèès généreux y’a même photo ! quoique grands progrès encore à faire côté image, mais ça viendra...
Oui, il me semble que Spartacus a bien raison : Ne pas perdre de temps à culpabiliser, on ne se prend que les jurys que l’on invoque, quelque soit la tribune ou le tribunal, c’est presque inhumain n’est-ce pas, comme il s’auto-punit parmi ses pairs, mais pour qui ?
Et allez...
Qu’il devienne rimailleur de bohême lui aussi, errant dans son chemin buissonnier, mais cela remèderait-il à toutes ces illusions en miroir ?
On dit que le vie a des cycles de treize ans pour ces crises, et que l’esprit, lorsqu’enfin l’âme se repose, peut se lever enfin, que quand Ulysse tout bouillonnant part en voyage, on le lui souhaite long ?
Allez ça voir, votre oeuvre...
Vous êtes en charge d’un navire, les baleines échouées pourraient être de votre ressort, mais c’est tout un renoncement, que rien ne justifie, surtout sachant l’insulte, gagez qu’il jouerait la carte de l’innocence, de l’enfance brimée, on connaît... Les bas-fonds comme les berges sont la négation du voyage.
N’allez pas oublier que vous êtes en mai, que l’arrivée à bon port ne tardera pas, pour un repos mérité.
1/ je constate que la mythologie de la francophonie est stérile, vu le recul avéré partout, et qui pourtant aurait pu être surmonté ; que la francophonie est raciste, de fond, car la simple expression « écrivain francophone » n’étant pas appliquée aux français « de souche », conte toute une ségrégation active et sournoise.
2/ partout désormais, en affaires comme en politique et communication, le recul définitif de la langue française et avéré, acquis, et reçu ; hélas, il n’est plus question d’y revenir, le problème est désormais d’assumer...
3/ il ne fait nulle doute à mes yeux - de non Français, et pas principalement francophone, c’est pour moi une langue seconde, voire moins - que le Français est porteur d’une intelligence, d’une vivacité, et d’une richesse qu’on ne trouve dans aucune autre langue, actuelle, voire même passée ; cela n’empêche pas d’être réaliste et de constater que ce n’est pas tant l’avancée de l’anglais ou du globisch, que plutôt la très nette régression du vocabulaire et de la syntaxe des nouvelles générations, qui a signé cet arrêt de mort, désormais irréversible et définitif, c’est une question d’heures. & mes condoléances.
4/ tout le reste ne sert à rien, vous et moi serons bientôt (une à deux décennies) des animaux empaillés bon pour les musées et ) amuser la galerie de nouvelles générations qui riront bien de nos adjectifs - voilà, c’est fait, échec et mat, il aurait fallu se réveiller sous tonton, mais le sommeil était profond.
voilà bien quatre définitions du réel qui comportent déjà un regard, déjà et surtout.
ainsi, la question que vous posez (« ne devrions-nous pas, nous être humain dont les progrès techniques ont atteins une apogée à nulle autre pareille dans l’histoire de l’humanité, connaître cette « nature » ? ») comprend peut-être sa réponse incluse :
au sens où le premier étage du réel que nous puissions appréhender c’est justement ce regard, car la technique, en termes heideggeriens, après avoir vaguement flotté avec le statut d’« application de la science », commande aujourd’hui le discours de cette dernière, aussi bien dans l’industrie qu’en biologie et médecine, qu’en psychologie...
Il ne s’agit pas seulement d’une question ou affaire de « résultats », car cela est le visible au bout de la chaîne, il s’agit de désubjectivation galopante, c’est-à-dire du remplacement d’une logique du « qui » par une logique du « quoi », vaste logique, très rapide, et dévastatrice.
car si c’est un progrès (et encore...) face à une montagne de passer de « qui est cette montagne ? » à « qu’est-ce que cette montagne ? », il n’est pas sur que l’évacuation du « qui » appliquée aux humains soit de bonne augure.
si je vous dis « qui êtes-vous ? » vous commencez à penser,
si je vous dis « qu’êtes-vous ? » vous criez à l’insulte...
or la médecine, en évacuant l’anamnèse au profit du labo, est en bonne voie là-dessus.
l’embryon, c’est un qui ou un quoi ?
nous sommes tous susceptible de valser entre ces deux-là.
Lacan, pose le concept de « Nom-du-Père » comme centralisant l’idée que le symbole, nécessitant le désir, donc l’interdit, donc la loi, suppose la figure du père comme fonction sécante de l’imaginaire qui serait maternel ; mais ailleurs, il dit :
nous sommes en train de passer d’un univers des « nommés de » (donc descendance, ancêtres, discours, histoire) à un monde des « nommés à » (vous êtes nommé à telle fonction, vous n’êtes plus un « qui », oseriez-vous y prétendre ? passage du discours au performatif pur, et de l’histoire à la géo, pas d’histoire svp !).
A relire sur ce fil le texte lacanien de 35 « le déclin de la fonction paternelle en occident », c’est non seulement le fait qu’un mamouth fabrique désormais 25% d’illétrés qui serait éclairé, mais c’est aussi le fait que tout le discours politique se trouve assigné au médiatique si bien illustré par votre citation « documentaire » de Morin.
mais pas d’illusions, cette logique n’est pas nouvelle, l’histoire d’une sortie d’egypte se conte d’une manière très précise :
les tous premiers mots du Livre de l’Exode sont bien très exactement, Exode 1.1 :
« Voici les noms... »,
ainsi toute l’histoire de Moïse est celle du passage d’un univers pharaonique où l’on n’est que des « quoi », vers un autre univers, où l’on va devenir des « Qui », on va entrer dans l’Histoire, la faire, s’inscrire, etc. - SubjectivationS...
Reste Guy Debord qui pose tout de même l’équation que :
le contraire exact de l’Histoire n’est rien moins que le Spectacle
spectacle au sens large, donc bien plus que ciné et télé :
la manière dont je me déroule et représente ma propre vie étant devenue spectaculaire, elle induit d’office l’injonction « oui, mais attention, pas d’histoire(s)... »
Or une rue, comme dit Kafka, raconte déjà toute cette mort,
lorsqu’il s’étonne de n’y voir que des individus isolés se hâtant de quitter continuellement la place où il se trouvent, sans se croiser, dans un univers de cotillons fanés...
un dernier point sur l’espace que vous évoquez longuement :
revenant à la mise en place par descartes de la notion de « substance-étendue », Heidegger choisit de forger le concept nouveau de « dimensionnal », c’est-à-dire de « dimension de la dimension »...
le fait selon lui de penser l’espace d’abord comme mesurable, et selon trois dimensions, est déjà une réduction, avant même de passer du 3D au 2D.
Je n’aurais pas le temps de développer, ni même de vous ramener des liens, mais vous saurez y faire.
à plus tard, le réel, en 2D, et en mode « quoi », m’appelle à sa géographie, sans histoire...