Un article signé Spartacus, ça valait bien la peine de le parcourir pour voir ce que ce type peut avoir d’intéressant à dire quand il ne trolle pas ... Les trolls systématiques m’agacent, mais il m’est arrivé d’être heureusement surpris lorsque l’un d’eux, intervenant sur un sujet différent de celui sur lequel il sévit d’habitude, émet des opinions sensées, voire intéressantes au lieu de faire de l’obstruction stupide.
Malheureusement je n’ai pas pu aller plus loin que les trois ou quatre premiers paragraphes dans l’article de Spartacus. Son sujet est peut-être intéressant, et son point de vue peut-être moins débile que ce qu’il nous assène à longueur d’année, mais je ne me sens pas capable de lire jusqu’au bout un article si mal rédigé. C’est dommage.
Oui, Vipère, attendons un peu pour voir ce qu’il en est, mais ne nous berçons pas d’illusions. La religion dans les pays de chrétienté est un instrument de pouvoir trop tentant pour que les puissants nes’en emparent pas. Mais il ya parfois des ratés, il y a parfois des hommes qui valent mieux que ce que leurs maîtres escomptaient. Nous verrons.
Bonjour ffi, Je crois que vous êtes complètement hors sujet, ce qui peut expliquer pourquoi personne ne répond à vos posts.
Sur ce fil il est question de la dérive inquiétante que connaît la langue française en raison de l’utilisation massive (en particulier sur les media) de mots ou d’expressions à consonnance anglophone, ce qui fait leur charme pour les gens qui se veulent à la mode, et plus ou moins heureusement composés pour désigner les gadgets technologiques sans lesquels on n’appartient plus à la société normale. Pardonnez-moi si j’abrège dans ce post par l’expression « sabir anglo-technique » (technologique aurait mieux sonné mais c’est plus long). Certains demandent que des mesures de nature à endiguer l’invasion soient enfin prises. Ce débat n’est hélas pas nouveau, il y des décennies que la question se pose. De mon côté j’ai voulu faire remarquer ce qu’un tel combat d’arrière-garde pouvait avoir de vain, car ce n’est pas une poignée d’intellectuels qui décide quelle langue parle la population. Preuve en est le peu de conséquences qu’ont eu les recommandations de l’Académie devant le rouleau compresseur que sont la publicité et les média, qui, eux, sont dans l’obligation d’utiliser le langage courant.
Quant à vous, si je vous ai bien compris (merci de bien vouloir vous relire avant de publier vos posts, les mots manquants et la ponctuation approximative en rendent la lecture pénible), vous prônez la refonte de la langue à partir d’une étymologie purifiée. Si c’est bien de cela qu’il s’agit, vous vous trompez de fil et d’auditoire. Adressez-vous plutôt aux académiciens.
Non pas que je considère votre idée comme mauvaise, mais réfléchissez-y bien. Il vous faudra réunir une petite équipe d’érudits prêts à consacrer des années à votre projet. Il vous faudra décider de la base étymologique à utiliser. Oubliez le grec, dont les ingénieurs du XIX° siècle ont abusé dans le seul but (fatuité) de montrer qu’eux aussi avaient des lettres ! Le grec est une langue étrangère à la France, c’est la langue d’un peuple qui vivait à plus de 2000 km de là, ce qui suffit à la disqualifier. Sinon, pourquoi pas le germain, l’arabe ou le mandarin ? Oubliez aussi le latin, langue étrangère également, imposée par la soldatesque de l’empire romain. Sinon, pourquoi pas l’allemand moderne ? A part quelques mots hérités du gaulois et, éventuellement, le basque, vous ne trouverez pas grand-chose d’authentiquement français pour en faire dériver votre nouveau langage. Supposons pourtant que vous ayez trouvé. Restera à passer avec vos deux collègues quelques années à définir un vocabulaire de base d’un petit millier de mots, puis vous pourrez consacrer avec vos successeurs quelques siècles à fonder l’équivalent du Petit Larousse. Ne vous hasardez pas à traduire les termes appartenants aux divers domaines techniques et à tous les jargons spécialisés, non seulement vous n’avanceriez pas, mais votre retard augmenterait chaque année. Enfin, la réalisation de ce nouveau français épuré ne vous dispensera aucunement de converser dans la langue vernaculaire avec votre crémière, quand vous irez faire vos courses, car personne ne fera jamais l’effort d’utiliser le bijou linguistique que vous aurez confectionné. Vous pourrez graver votre dictionnaire sur des tables en or destinées aux archéologues du futur : Peut-être les induirez-vous en erreur, c’est tout ce à quoi votre travail aura servi.
Arrêtons de geindre contre l’intrusion de l’américain chez nous. Arrêtons de proposer de minables contrefeux, comme imposer à la place de mots déjà implantés des mots « francoïdes » qui n’ont jamais reçu la consécration de l’usage ! Une culture ne s’impose pas à moins de jouir d’un minimum de soutien populaire. Or, qu’on le veuille ou non, ce soutien est acquis au sabir américano-technique. Les mots qui vous déplaisent sont déjà dans la langue parlée de notre pays, et cela les authentifie plus sûrement que ne pourraient le faire cent mille académiciens. Mais nous en avons absorbé bien d’autres dans les millénaires passés, et c’est de ces ajouts que notre langue est formée, comme toutes les autres langues d’ailleurs.
Vous voulez à toute force préserver le français, vecteur de l’âme française ? Eh bien, pratiquez-le, mais de façon positive, en produisant dans cette langue de la culture de haute qualitéet en quantité suffisante. Donnez envie de lire en français ! Ce sera plus efficace que toutes vos règlementations. Et si vous n’en êtes pas capable, alors vous aurez au moins un début d’explication pour la perte d’influence de la francophonie.
Autre chose : Le français est une langue admirable, je vous le concède. Mais pas plus que n’importe quelle autre langue parlée sur notre planète. Toutes témoignent du génie créatif de notre espèce, quand il n’est pas employé à des fins destructrices. Pourquoi ne vouloir préserver que le français ? Rappelez-vous : « Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien fait, car je n’étais pas Juif... etc... » Souhaitez-vous rester les derniers à éliminer ? Sans la contribution permanentes des autres langues du monde (langues du passé, langues actuelles et langues en devenir) le français deviendrait une langue aussi desséchée et stérile que le latin d’église de Mgr Lefèbvre.
Alors, aidez-vous en aidant les autres. Apprenez et pratiquez d’autres langues EN PLUS de la nôtre. Tout le monde ou presque peut apprendre et pratiquer deux, trois langues ou davantage. Ce n’est pas réservé aux pauvres et aux citoyens des pays de l’Est. Eux le font par nécessité, les Français s’en disent incapables mais c’est par paresse. Le proverbe roumain « O limbă învațată îți da un creier în plus » (une langue que tu apprends te donne un cerveau de plus) est parfaitement exact. Regardez nos immigrés : Des gens pauvres et souvent incultes. Pourtant en quelques mois ils se débrouillent en français, une langue pourtant très difficile, avec comme seul soutien les rudes paroles d’un chef de chantier... Et nous, en
France, avons la chance d’être quotidiennement en contact avec des locuteurs de nombreuses langues moins
favorisées que la nôtre. Apprenez le berbère ou l’arabe, le rom, le roumain, que sais-je ? Quelle marque d’amitié pour votre voisin immigré que de vous intéresser à sa langue, à la culture de son peuple ! Et en aidant sa culture à ne pas disparaître vous lutterez aussi de manière plus positive et moins égoïste contre l’hégémonie de la non-culture américaine. Vous aiderez le français à vivre dans le monde, au lieu de le laisser se fossiliser dans sa forteresse interdite aux anglicismes.
Sinon, toutes vos protestations ne sont que du vent.