Un citoyen, tout simplement....
" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]
@Antoine Diederick (IP:xxx.x5.110.5) le 11 novembre 2006 à 21H21
J’ai trouvé ce que tu cherchais...en lisant le « Monde des livres » du 17 nov.Un livre de Frédéric Martel vient de sortir :« De la culture en Amérique »(Gallimard) et fait le bilan détaillé de la politique culturelle aux USA.
S’il n’existe pas d’équivalent de notre ministère de la culture, on trouve le NEA (National Endowment for the Arts), organisme fédéral créé par L. Johnson en 1965, au bubget assez faible et à la structure assez souple, qui est plutôt une agence.Mais l’essentiel est ailleurs:près de 200 organismes financent la culture au niveau fédéral, des Etats, des comtés, des quartiers, grâce aux aides directes ou indirectes (diverses taxes:par ex. vignette auto dans le Tennesee). Plus un système fiscal permettant aux entreprises et aux individus de retrancher de leurs impôts leurs dons au développement culturel. L’argent public investi dans la culture tournerait autour de 50 milliards de dollars, proportionnellement autant , voire plus qu’en France.Plus l’argent accordé par les innombrables fondations privées et les universités, finançant des musées, des bibliothèques, des artistes.
La situation est donc plus complexe que ce que nous pensons.Ce qui n’exclut pas la marchandisation des oeuvres(musées, opéras...) et un net clivage entre culture de masse et culture élitiste et une « industrie » d’exportation trés agressive...
« La france etat centralisé a outrance,dont certains disent même qu’il en est colberto stalinien voudrait se faire la championne de la diversité culturelle ! ,de qui se moque t-on »
Relisez l’article et les documents joins. De toute évidence, le problème de fond n’a pas été compris.Vous en faites une caricature.Il n’était pas question de faire l’apologie de la France ou de faire une critique simpliste des USA. Le problème est ailleurs. Pour ne pas me répéter, relisez attentivement.
La logique marchande , dans le cadre de la libéralisation des services, risque de s’imposer dans les domaines qui lui échappent pour l’instant,surtout culturels, aux dépens des pays les moins capables de résister :
« si l’AGCS vise essentiellement les marchés du Sud, son approfondissement ne serait pas sans incidence en Europe, où il aggraverait les effets de dumping déjà facilités par les grandes disparités au sein du marché intérieur européen (4). Des services encore formellement exclus du mandat de négociation de la Commission de Bruxelles à l’OMC - éducation, santé, culture, audiovisuel, services sociaux (5) - pourraient bien y entrer par la bande, par exemple l’enseignement supérieur à distance (e-learning), qui intéresse au plus haut point les Etats-Unis. Le commissaire européen Peter Mandelson ne peut en effet qu’être très tenté de les incorporer, fût-ce de manière indirecte, comme lorsqu’il propose que les offres de libéralisation des pays développés (donc celles de l’Union) comportent de « nouvelles et sérieuses ouvertures » dans au moins 139 sous-secteurs (soit 85 % des 163 sous-secteurs de services), en échange d’offres substantielles de libéralisation des pays en développement dans au moins 93 sous-secteurs (soit deux tiers des 139) »
(Viale)
« C’est la thèse que défend Pascal Buckner dans le livre précité : « Le malheur n’est pas seulement le malheur : il est, pire encore, l’échec du bonheur » dans notre société où être heureux est une obligation morale qui pèse sur chacun. »
Il me semble qu’il y un malentendu ou un contre-sens sur la pensée de Bruckner, ou alors c’est mal exprimé...ou j’ai mal compris.
Dans « L’euphorie perpétuelle »(Grasset), il dénonce le bonheur , telle qu’on nous oblige à l’intérioriser, comme un « nouveau stupéfiant collectif », une « idéologie qui pousse à tout évaluer sous l’angle du plaisir...cette assignation à l’euphorie »...qui devient un dogme aliénant qui nous rend malheureux ;
Sur ce point, pas sur d’autres, je suis d’accord avec B.