Un citoyen, tout simplement....
" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]
« Ce serait beaucoup trop simple s’il y avait une seule explication à tel ou tel phénomène de société. La crise des banlieues est certes économique ... »
Tout à fait d’accord avec toi.Un phénomène social, quel qu’il soit,a toujours des causes multiples. Si, je mettais l’accent sur cet aspect des choses,via l’article du Monde, c’est parce qu’il a été systèmatiquement oublié sur ce fil et qu’il est même étrangement nié par certains.
Tu fais un parallèle historique qui m’intéresse, je vais m’informer là-dessus.Totalement en phase avec toi sur tes dernières remarques.
« Vous allez la manger à combien de sauces votre honte coloniale »
Vous ne savez tout simplement pas lire .Philippe Bernard, parle de « prisme colonial », rien à voir.
Je n’ai aucune honte, j’ai vécu de près les événements, j’ai côtoyé des sergents et des adjudants qui ne pensaient qu’à « tuer du fell’ », j’ai vu comment les paras traitaient les populations locales, j’ai perdu plusieurs bons amis...et j’ai beaucoup lu là-dessus après coup. Alors,s’il vous plaît, mon général, vous n’avez pas de leçons ou de suggestions perfides à donner...
Ta contribution est intéressante , mais je n’y adhère qu’à moitié.D’abord, il y a des contradictions et des oublis : si je me rappelle bien, P.Blanchard avait été défendu par PAdam et est vertement critiqué ici.De plus, l’auteur prend à la légère les ravages de la colonisation .Il faut relire Marc Ferro. Ensuite, rien sur les causes socio-économiques-urbaines en ce qui concerne le problème des banlieues.J’avais plus haut reproduit un article du Monde , qui abordait cette question sous cet angle, mais il n’y a pas eu de commentaires.Je le reproduis :
SORTIR DU PRISME COLONIAL (extrait)Le Monde
« Si la connaissance du passé colonial a bien une utilité pour agir aujourd’hui, ce devrait être pour sortir de ce double discours. Il serait temps que les réalités de ce qu’il est convenu d’appeler l’ »intégration« des enfants d’immigrés dans la France contemporaine soient analysées par les responsables politiques autrement qu’à travers un prisme qui reste de fait colonial. Au lieu de ressasser le refrain sur l’ »échec de l’intégration" comme s’il s’agissait d’agglomérer des peuplades étrangères à une France immuable, les élus pourraient tirer les conséquences du caractère essentiellement social, économique et urbain de l’exclusion dont ils souffrent.
Or le discours et les actes de l’acteur ultra-dominant sur ce terrain qu’est M. Sarkozy ne font que conforter les intéressés dans la conviction confuse mais résolue qu’ils restent considérés comme des indigènes. Des citoyens de papier qu’il est possible de reléguer, de contrôler, de provoquer et de tutoyer à loisir, des importuns à « nettoyer » d’urgence au Kärcher. De tels messages « sécuritaires », nolens volens, convoquent les clichés coloniaux dans l’imaginaire populaire. La rhétorique assimilant les banlieues à de nouveaux territoires à « nettoyer » comme jadis le djebel fait le lit de l’extrême droite. Chez les jeunes issus de l’immigration, il renforce un processus de victimisation autodestructeur.
Quant au geste de M. Chirac en faveur des tirailleurs, telle une faveur accordée par le prince à des sujets délaissés, il confirme l’idée que seul un événement médiatique peut secouer la torpeur des politiques. Ce que les émeutiers des cités savent depuis longtemps. Quel film faudra-t-il tourner pour qu’un président de la République engage le grand plan de rattrapage scolaire, urbain, policier, judiciaire et social qui romprait avec le naufrage des quartiers déshérités ?
Là encore, la référence aux tirailleurs fait sens. De la première à la seconde guerre mondiale, c’est dans l’insupportable confrontation entre la promesse républicaine d’égalité entrevue dans la fraternité combattante et la réalité coloniale retrouvée intacte après la guerre, que se sont forgés les militants des indépendances. Les jeunes qui, aujourd’hui, provoquent les policiers ou brûlent des voitures sont, eux, aspirés par une frénésie de consommation ou par la spirale du vide et non par un élan révolutionnaire. La discrimination sociale dont ils souffrent dans le seul pays dont ils peuvent se réclamer, la France, a peu de choses en commun avec le statut d’« indigène » qui officialisait la situation de sous-citoyens des colonisés. Mais la perpétuation de telles frustrations sans réponse politique et sociale adaptée se révèle électoralement aussi explosive."
PHILIPPE BERNARD Article paru dans l’édition du 10/11
« un grand spécialiste du dialogue estampillé »l’évitation« qui, perdu dans sa zénitude mitée, ne répond jamais quand on prend la peine d’apporter des précisions (courtoises) à ses interrogations. Et monsieur le professeur en civilités de caniveau vient encore une fois de s’étaler dans sa fange. Mais c’est qu’il y prend goût, l’impétrant du garage philosophique. »
Vous aurez remarqué l’admirable sens du dialogue de notre prêcheur du désert. Ils sont comme ça, les hommes du désert, accueillants,ouverts,patients,tolérants, affables, raffinés,doués d’un grand sens de l’écoute...