Mitterand n’était pas très clair. Il ne faut pas oublier qu’il n’a pas toujours été à gauche et qu’il a revu sa position pour des raisons d’ambition personnelle plus que par conviction. Il est par ailleurs curieux que la dégringolade de la France coïncide avec le règne de Mitterand (mauvaise adaptation à un nouvel environnement économique, perte de compétitivité, montée du chômage de masse, mises à l’écart des salariés âgés, développement de l’assistanat, hausse d’impôts en tous genres, flambée des dépenses publiques...). Non, Sarkozy n’a pas tort sur ce coup-là. Il n’empêche qu’il n’a pas été élu pour critiquer ses prédécesseurs, mais pour nettoyer après eux et que sa remarque était inélégante.
Sur le vote blanc : il faut le comptabiliser, on est tous d’accord. Sur le vote en général : je persiste et signe. Le vote est le seul levier valable pour donner notre avis. Sans cette possibilité, ce serait bien pire. Demandez-donc aux Chinois, aux Nord-Coréens ou aux Birmans par exemple. J’ajoute aussi que, soit on s’intéresse à la vie politique et on vote, soit on ne s’y intéresse pas et on ne vote pas, mais dans ce cas, on ne la commente pas non plus - et on ne se permet certainement pas de commenter les décisions des électeurs. Trop facile. Quant à l’argument du « classement rectal » évoqué par certains... eh bien... il se passe de commentaires.
C’est désolant de voir toutes ces réactions défavorables au vote. Je suis 100% d’accord avec les propos tenus dans l’article personnellement. Bon, OK. J’adorais Coluche bien sûr mais... Imaginons un instant que tout le monde a raison et que le vote ne sert à rien. Plus personne ne va voter alors, on est d’accord ? Du coup, il n’y a plus besoin d’avoir des élus non plus alors, on est d’accord ? Du coup, il n’y a plus besoin d’avoir des partis politiques alors, on est d’accord ? Bien. Pas mal d’économies en perspective. Mais que de questions restent en suspens ! Qui dirige le pays ? Comment est-il arrivé là ? Qui décide de nommer ceux qui gouvernent (parce qu’il faut bien quand même prendre des décisions collectives de temps en temps) ? Et si les choses ne sont pas à notre gré ? Qu’est-ce qu’on fait ? On descend dans la rue, on fait grève, on râle dans les bistrots, on casse les préfectures, on séquestre les patrons ? Tout ça en même temps ? Comme réponse, je ne vois que deux alternatives : l’anarchie - ou bien, mais oui mais oui, le retour officiel de la monarchie-dictature, autant aller au bout du raisonnement (d’ailleurs, on a déjà un roi, ou on couronne Mme Royal, ce sera notre dernier choix). Allez, retour sur terre : voter est responsable, s’abstenir est irresponsable. C’est tout. Ne pas se chercher des excuses.