Cher Voltaire, merci pour ce commentaire détaillé ainsi qu’aux autres participants auxquels il m’a été impossible de répondre. Pour ce qui est de la droiture de l’homme, elle ne fait aucun doute. Ce qui lui manque, c’est à la fois une vision de l’avenir puissante, et par voie de conséquence une démarcation nette. Ce qui n’est pas le cas, vous l’avez souligné, son programme étant flou mais ni plus ni moins que ceux des concurrents. En plus, les frontières de Sarkozy et Royal sont floues et donc impossible de se fixer une stabilité dans un environnement qui fluctue.
Ma réaction a été à chaud mais je n’ai pas voulu en perdre la substance alors j’ai écrit. La légitimité de cette analyse repose sur deux hypothèses. La première, c’est que cette émission est révélatrice d’un contexte déjà déterminé, et donc, j’ai fait comme s’il y avait un oracle à extraire. C’est un procédé discutable mais pas plus que de se positionner en Suisse et dire que c’est une étape et que après, tout peut évoluer. La deuxième, c’est que le manque d’affirmation de Bayrou révèle son manque de conviction, autrement dit, la forme qui trahit le fond. Bayrou essaye d’être au centre comme synthèse et compilation des bonnes idées de part et d’autre et comme chef d’équipe, alors que s’il voulait être alternatif, il lui faudrait taper dans le centre révolutionnaire, avec une synthèse comme dépassement au sens hégélien et qui sait, une plus grande audace.
Pour le reste, nous n’en sommes qu’aux débuts. Rien ne permet de dire que Ségolène tiendra la distance. Et puis, se garder de l’illusion d’un troisième homme comme providence du premier tour permet au citoyen de se repositionner, réfléchir, tout en méditant sur la menace Le Pen qui, même numéro 3 avec 20%, jetterait le trouble. Et puis pour finir, rien ne nous empêche, nous citoyens, d’élaborer quelque plate-forme pouvant donner lieu à une négociation politique. Cela dit, il va falloir foncer. Mon idée est que le troisième homme c’est le peuple des citoyens éclairés. Il faut inventer un positionnement, un libéralisme équitable, avec un instrument monétaire nouveau et aussi une politique fiscale adaptée.