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Commentaire de blurpy

sur A Mme Danielle Porte, au sujet d'Alésia


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blurpy 14 mai 2010 07:13

Réponse de Danielle Porte : Réponses aux questions posées par le colonel Mourey.

« Pourquoi ne voulez-vous pas comprendre que ces « loca praerupta » sont 
les pentes abruptes du mont Rhéa et non les falaises de Chaux-des-
Crotenay que César aurait bien évidemment mises en exergue dans son 
premier tour d’horizon si tel avait été le cas ? »

Je me demande où vous voyez des falaises (loca prærupta) au Réa, le « 
camp » est en pente juste derrière la gare des Laumes, sans obstacle 
quelconque, hormis qu’il est impossible de grimper (ex ascensu) pour 
atteindre un endroit situé plus bas que soi. Or, Vercassivellaun 
attaquerait, selon J. Le Gall, d’en haut, donc, descendrait, alors que 
César écrit ascensum dat Gallis, et les assiégés qui parviennent aux 
praerupta y grimpent aussi (ex ascensu temptant), donc, montent, alors 
que s’ils visaient le camp du Réa, ils seraient, une fois en bas de 
l’oppidum, quasiment à niveau avec lui. Ils n’auraient donc pas à « 
escalader » des « abrupts » qui n’existent pas.

Noter que pour atteindre ces prærupta, il est nécessaire que les 
assiégés aient franchi les fortifications romaines, établies tout 
autour du mont Auxois. Or, César dit justement que les assiégés n’ont 
pu venir à bout des lignes de la plaine, et se rabattent sur 
l’escalade des abrupts. Situation inenvisageable à Alise, mais 
parfaitement applicable à Chaux, à cause du relief montagneux et de la 
position de la plaine en avant de la colline, pas tout autour comme à 
Alise.

Pour ce qui est de parler d’emblée des abrupts, la méthode qu’a 
adoptée César de décrire au fur et à mesure les éléments du relief qui 
lui servent pour son récit, ne l’y obligeait nullement. De même 
mentionne-il la colline de Gergovie où il a concentré son attaque 
seulement quand la clarté de son exposé l’exige, non dans un panorama 
d’ensemble avant les événements. Il s’est attardé sur la plaine 
d’Alésia au début, puisque les premiers combats s’y sont déroulés et 
qu’il a décrit son système de retranchements. Quand l’armée de secours 
sera arrivée et qu’elle cherchera à débloquer l’oppidum par une 
stratégie de contournement en montagne, il décrira la montagne. C’est 
simple et logique.

« Comment peut-on dire : Pas de crêtes alentour sur lesquelles disposer 
23 postes fortifiés ? Ce qui montre à l’évidence comment en sortant du 
texte latin – car César ne dit pas qu’il a installé ses postes sur les 
crêtes – on peut dire n’importe quoi. »

Les crêtes alentour : César dit bien que les camps étaient en haut des 
collines (7, 80, 2) ex omnibus castris quae summum undique iugum 
tenebant et qu’on peut voir d’en haut, erat despectus, tout ce qui se 
déroule dans la plaine. un balcon est, me semble-t-il, en surplomb, 
pas à niveau. Il va de soi que, l’oppidum étant partout cerné de 
hauteurs qui constituaient une chaîne (iugum), il n’existait pas de 
plaines pour les entrecouper, où l’on eût pu installer les castella. 
D’ailleurs César dit bien castra oportunis locis erant posita ibique 
(et aux mêmes endroits favorables) castella XXIII facta (7, 69, 7). Si 
les camps de l’Alise napoléonienne occupent les collines alentour, les 
castella doivent le faire aussi. Mais si on les positionne sur les 
crêtes autour d’Alise, ils sont bien trop éloignés pour se révéler 
efficaces.

la bonne logique était justement de placer ces postes sur la pente 
pour renforcer et interdire l’obstacle naturel qu’étaient les cours 
d’eau.

Selon César, toujours en 7, 69, ces castella ont été aménagés pour 
protéger les ouvriers en train de construire la contrevallation. Sur 
les plans napoléoniens, ils sont tous extérieurs à la contrevallation, 
comme s’il s’agissait de protéger des remparts déjà construits contre 
une armée extérieure. Or, la circonvallation ne sera envisagée 
qu’après l’appel de Vercingétorix à l’armée de secours, bien plus 
loin, en 7, 74.

Notons que les camps de plaine (tous abandonnés depuis J. Le Gall) 
sont situés hors de la circonvallation qui est censée les protéger. 
Forcément : la distance de 600 à 1000 m qu’on a admise entre le grand 
fossé et les lignes romaines, au lieu des 120 m voulus par César, 
resserre d’autant la contrevallation et la circonvallation, puisqu’on 
ne peut rien changer au périmètre des lignes indiqué aussi par César : 
il ne reste plus que quelque 120 m entre les deux lignes, et le côté 
d’un camp romain demande déjà un minimum de 650 m de côté.

Pour ce qui est de « l’obstacle naturel » que forment les cours d’eau, 
on reste perplexe : il faut barrer l’Ozerain avec des claies de bois 
pour empêcher les bœufs de passer…


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