@ l’auteur.
Si beaucoup de vos arguments concernant le pouvoir excessif de la Présidence sont pertinents, on voit mal ce que le non-cumul des mandats vient y faire. Il s’agit, historiquement d’abord, de deux problèmes différents.
A la suite d’un IV ème République devenue ingouvernable par le jeu des petits partis « charnières » et aussi le problème algérien, De Gaulle avait fait passer une nouvelle constitution qui donnait d’autres pouvoirs au Président que « d’inaugurer les chrysanthèmes ». Nous vivons toujours avec ça. Les parachutistes ne risquant plus de sauter sur Paris (ils sont occupés ailleurs, à exporter la démocratie), il serait effectivement temps maintenant de revoir un peu le statut du Président, surtout son intouchabilité.
Pour ce qui est du non-cumul des mandats, l’histoire est autre. Depuis la loi Defferre on a vu, au fil du temps, se construire un véritable mille-feuilles territorial avec ses élus et ses fonctionnaires. Outre les empiétements de compétences, les redondances, le coût du système et l’impossibilité d’être partout à la fois (c’est un autre débat qui arrive), nous pouvons constater la constitution de véritables petites baronnies, comme du temps de la royauté. Elles ont, elles aussi, leurs obligés et donc leurs « godillots ».
Si nous avions une véritable régionalisation, genre Espagne ou Allemagne, votre raisonnement pourrait s’entendre mais ce n’est pas le cas. Nos régions sont des naines économiques face à, par exemple, la Bavière ou la Catalogne et leur influence politique va avec. Les grands vassaux n’existent pas et leurs petits fiefs leur sert surtout de base de repli en cas de perte de leur mandat de député ou de leur poste de ministre. Juppé en est un bon exemple...