Le BTP reste l’un des meilleurs moyens de dépenser l’argent public. Ajouter à ce constat quelques ingénieurs disposant de relais dans les milieux politiques et quelques millions en rétrocommissions, et vous comprendrez pourquoi les travaux ne risquent pas de s’arrêter.
Un exemple dans On les croise parfois de Cedric Citharel.
« C’est
vraiment un bel engin. Pourquoi voulez-vous vous en débarrasser ?
– Pour
l’argent bien sûr, répondit Geoffrey d’un ton neutre.
– Oui… bien
sûr… et vous en voulez combien ?
– Cinq
mille euros.
– Cinq
mille euros ? Je ne comprends pas…
– Oui, je
sais, elle vaut bien plus. Plusieurs dizaines de milliers d’euros, mais le prix
exact n’est pas très important.
– Mais…
vous venez de me dire que vous la vendiez pour l’argent. Vous voulez être payé
en cash, ou quelque chose comme ça ? demanda le maire sur ton à la fois
agressif et soupçonneux.
– Non. Je
veux être payé en chèque. Je vends cette voiture pour l’argent, mais ça n’est
pas vous qui allez me payer. Je travaille pour une compagnie de BTP.
– Ah. Je
vois. Et vous défendez quel projet ?
– Le
rond-point sur la départementale. »
Les yeux
sur le bolide, le maire se mordit les lèvres.