Si j’étais Dieu !
Si j’étais Dieu,
Nom de Moi,
Je ferais cuire tous ces
cagots
Ces insupportables bigots,
Ces punaises de sacristie,
Tous ces culs bénis abrutis,
Ces flagorneurs et ces
badernes,
Ces lèche culs qui se
prosternent,
Genoux ployés ou culs levés,
Pour Jésus, Allah ou Yahvé.
Ils proclament que je suis
Tout,
Que je suis le Grand Manitou
Omniscient, plein de sagesse,
Généreux devant leurs
faiblesses,
Et voyez, nom de Moi !,
Comment agissent- ils avec
moi !
Ils me traitent comme un
vieux con,
Ridicule vieillard abscons,
Fort avide de privations,
Jouissant des propitiations,
Des louanges bêlantes, des
sanglants sacrifices,
Capable d’imposer de
m’immoler son fils
A celui que j’aurais choisi
comme prophète,
Et bavant de plaisir en cette
immonde fête.
Si j’étais ce pervers, ce
névrosé sadique,
Ce parano borné, ce tyran
narcissique,
Si j’étais Dieu,
Nom de Moi,
Et si j’étais salaud tout
autant qu’ils le sont,
Pour les gratifier d’une
bonne leçon
Je leur infligerais cette
terrible peine
Qu’ils ont imaginé, par
bêtise et par haine,
Que j’eus pu concevoir, que
je puisse appliquer :
C’est eux ! ces tristes
cons, eux ! que je damnerais !
En enfer les croyants !
Satan, met du charbon !
Mais bouche-toi le nez :
ils sont nauséabonds.
Leurs curés, leurs imams, leurs
rabbins rabat-joie,
Infligent à tous de Moi une
image d’effroi,
D’une espèce de flic,
d’adjudant implacable,
Les menacent en mon nom de
tourments redoutables.
Ils prétendent m’aimer avec
leurs simagrées,
Leurs prières débiles, leurs
rituels tarés,
Leurs cérémonials qu’ils
veulent grandioses
Mais qui ne sont que le
reflet de leurs névroses.
Comme si je pouvais — Moi,
Dieu, Être parfait,
Suprême intelligence — être
par ça bluffé ! ! !
Si j’étais Dieu,
Nom de Moi,
Les athées, les sans-dieu,
les non-croyants,
Ceux-qui-se-posent-des-questions,
les mécréants,
Ceux qui refusent
d’ingurgiter
Les réponses prêt-à-porter,
Qu’un soi-disant Elu,
prétentieux allumé,
Aurait reçu de Moi !
Pauvre illuminé,
En haut d’une montagne, en
quelque lieu secret
Et qu’il aurait transcris
dans un livre sacré.
Ceux-là, tous ceux qui
doutent, les hommes de Raison,
Ceux qui n’acceptent pas, de
la foi, le poison,
Et qui ne vivent pas pour
autant en bandits,
Pour ceux-là j’ouvrirais,
tout grand, mon paradis.
Si je suis Dieu,
Nom de Moi,
Si je suis cet être
infiniment bon,
Comment peut-on penser que je
suis assez con
Pour vouloir tourmenter
Toute une éternité
Ce pauvre humain mortel qui
dans son désarroi
Ne croit pas en moi !
Si je suis cette suprême
intelligence
Comment peut-on penser, et
par quelle aberrance,
Que j’ai créé les Hommes pour
en être adoré,
Et que je prends en compte
toutes leurs logorrhées !
Si je suis Dieu,
Nom de Moi,
Si j’ai donné à l’Homme la
Raison,
Cet outil merveilleux pour
poser des questions,
La faculté de pouvoir
discerner
Si un événement est vrai,
Possible ou invraisemblable,
Il faut vraiment être minable
Pour penser que je vais punir
Tous ceux qui osent s’en
servir !
Par chance, je ne suis pas
Dieu,
Nom de Dieu…
A la santé de ceux qui
refusent de croire,
Satan, verse-moi à
boire !
VictorAyoli