Je me souviens de Moscovici , il y a
quelques années, à une université d’été du PS à La Rochelle, assis à une
terrasse de café, seul, l’oeil mélancolique, tout à son amertume de louveteau
abandonné : il avait sans doute joué le mauvais cheval sans qu’il me souvienne
de quel canasson il pût s’agir.
Sans doute ses caprices, son désordre ou la
frivolité de son engagement avaient-ils fait fuir ses compagnons, je répugne au
mot camarade quand il s’agit de qualifier des encartés PS et à fortiori des
apparatchiks.
Il a des dehors insignifiants mais, mu par
le feu de l’ambition, il était obsédé par la réussite qui, encore une fois,
failli se dérober sous ses pieds pour quelques taches de foutre sur le tablier
d’une soubrette new-yorkaise.
Les Caprices de l’histoire l’ont fait revenir
en odeur de sainteté avec surtout une grande capacité d’adaptation qui lui
permet d’approprier sa pensée à ce que disent ses modèles du moment et surtout
à ce qu’ils pratiquent.
Il a la chance d’avoir l’idéologie
polymorphe
En
fait notre Mosco est né rangé, propre sur lui et, seuls, les hasards de la vie lui ont fait partager les "
valeurs " du parti socialiste, il est viscéralement du centre, celui où les
possibilités d’épanouissement social et d’enrichissement personnel sont les
plus grandes.
Soyons objectifs : il a été nourri dans
un certain sérail et non par un idéal et, si le discours a forcément changé depuis qu’il est parti
jouer les maîtres d’école à la Commission pour répercuter le programme obligatoire
de la grande maison, il reste fidèle à
sa pensée.
C’est finalement sa bonne fortune davantage
que sa versatilité qui lui vaut aujourd’hui de briguer la médaille d’or au palmarès
des girouettes.