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Commentaire de Céline Ertalif

sur Economie collaborative : les dérives d'un modèle non régulé


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Céline Ertalif Céline Ertalif 8 septembre 2015 12:58

Le bon versant de l’économie collaborative, c’est qu’elle est économique tout court. La première chose que le consommateur voit, c’est qu’il dépense moins d’argent. Quand vous faites du covoiturage, vous faites rouler moins de voitures et vous faites baisser la consommation de pétrole, et vous découvrez les vertus de la décroissance du volume économique. On peut dire à peu près la même chose avec Airbnb, wimdu, Guest-to-guest, drivy etc.

Le versant le plus contestable n’est pas dans l’aspect collaboratif de la pratique des acteurs consommateurs et/ou producteurs eux-mêmes, il est plutôt dans le pouvoir concentré par les plateformes qui permettent la mise en relation des acteurs. Ainsi voit-on effectivement quelques entreprises qui ont trouvé le moyen d’améliorer le service en court-circuitant la chaîne habituelle de production, et les prélèvements fiscaux par la même occasion.
Uber, Blablacar, Airbnb etc... deviennent des lieux incontournables et monopolistiques parce qu’elles rendent un service d’utilité publique. Pas besoin de se demander quel numéro appeler en arrivant à l’aéroport, un clic sur Uber, et tout est beaucoup plus facile qu’avec les taxis et moins cher... Et on découvre que l’État a lui aussi ses ressources sur les transactions (TVA notamment) mais aussi sur quelques corporatismes installés (licences, droits de place, taxe de séjour, etc). Ainsi les pouvoirs publics sont atteints autant que les entreprises. Il en va de même pour la protection sociale, à partir du moment ces méthodes suppriment des emplois.
Ces entreprises, souvent californiennes, sont supercapitalistes, elles font de la mise en relation mais... bloquent la communication avant le passage par la case carte bleue pour faire leur prélèvement ! En clair, on ouvre la relation directe et négociée du marché mais l’accès au marché (on disait l’octroi au Moyen-Age) est privatisé. Et c’est cela qui est le plus discutable dans l’histoire : nous avons aujourd’hui des entreprises qui gèrent des plateformes de mise en relation qui sont d’intérêt public et des services publics qui ont partie liée avec capitalisme ancien modèle pour leur financement.
Et ce n’est pas fini. Ces entreprises rendent certes un service public mais sans contrôle démocratique des usagers, c’est un problème. Mais l’État fait-il encore du service public ? Pourquoi n’est-il pas au rdv de ces nouveaux services publics ? Et est-ce que les services publics qu’il assure sont bien sous contrôle démocratique (Education nationale, Trésor Public, Forces armées, Justice, etc) ?

Rien de nouveau sous le soleil capitaliste ? Ah si ! Beaucoup de nouveau, et pas que du soleil sans le ciel...

 

 

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