Je ne jugerai pas de
la valeur des chansons de Bertrand Cantat, je le connais assez peu,
ce qui signifie bien qu’il ne fut jamais ma tasse de thé. Il en
rejoint beaucoup d’autres d’ailleurs.
Cependant il a été
condamné pour ses actes commis probablement dans un état second qui
était aussi, si je me souviens bien, celui de la victime, Marie Trintignant.
C’est ce que l’on
peut appeler un drame de l’ »ivresse »
Cela
n’excuse rien mais disons que le couple était réputé assez
explosif et le malheur planait donc au-dessus de lui comme le vautour
au-dessus de ses proies.
Je comprends que les
proches de Marie voudraient faire taire Cantat à jamais et ils auraient
peut-être applaudi à une sentence de mort si elle avait encore été
d’application.
Pour ceux qui
pleurent un proche assassiné, le meurtrier n’est jamais assez
puni, ils revendiquent toujours une sentence maximale. Dans leur cas, c’est assez normal.
Bertrand Cantat a
purgé sa peine que l’on peut estimer trop légère mais le Droit a
été respecté, en tout cas, il n’y a pas eu de passe-droit.
On ne lui a pas
retiré le droit d’exercer son métier et il fait donc la seule
chose probablement qu’il sait faire : chanter.
Quant à savoir s’il
aurait dû rester dans l’ombre et en sourdine, c’est un problème
qui ne regarde que sa conscience.
Personne n’est
obligé d’aller assister à ses concerts mais je trouve qu’il est
indécent d’aller se déchaîner et éructer sa haine pour fustiger
les spectateurs qui lui trouvent sans doute du talent et ont, eux,
comme la Justice l’a fait, tourné la page.
Encore une fois il
faut dissocier les réactions outrées des proches ( mais elles le
seraient tout autant s’ils venaient à le croiser dans l’exercice
d’une autre profession ) et le cirque infect donné par une poignée
d’hystériques qui n’ont que la vengeance au cœur
ou des sentiments qui ne font pas honneur au genre humain.