C’est bien de faire un retour
d’expérience sur ces réalités « sociales »
problèmatiques, de s’y employer et d’aider les détresses. OK.
Hommage rendu à votre action. Mais au plan éditorial, çà tourne
un peu en rond autour d’omissions inquiétantes .
La question du logement, subordonnée à
la logique du marché, met de fait les gens en concurrence à
commencer par le bailleur en concurrence avec le locataire, les
copropriétaires en concurrence entre eux, voire même les locataires
en concurrence entre eux, puis les mal logés et les sdf en
concurrence entre eux. C’est systémique. Le marché c’est le
contraire de la solidarité, c’est le contraire de l’abondance, c’est
la carence organisée au profit du capital.
Et même le « droit
au logement » n’est qu’une forme de ce carencement
systémique.
Ce qui divise et exclu c’est la machine du marché. N’allez pas chercher du racisme !
OK ? Donc on va pas se répéter
toutes les semaines, redire qu’il y a des injustices, des inégalités,
des discriminations, des carences... on a compris ! :
c’est vouloir combler un puit sans fond, vouloir faire entrer par la
porte les uns quand d’autres en seront tôt ou tard éjecté par la
fenêtre ! Vous le savez.
Ce qui n’est pas vu dans vos articles
périodiques, M. Chalot, c’est la contradiction suivante :
c’est parce que le marché du logement
est ouvert qu’il est sauvagement concurrentiel donc
discriminatoire, excluant socialement. Dans un contexte socialiste de
mutualisation solidaire, de co-gestion localiste, ou conseilliste
entre habitants co-responsable, il n’y aurait pas d’ouverture
inconditionnelle au monde ! Pas « d’open society »,
de « no border », de citoyens du monde. çà c’est le néo-libéralisme !
C’est pas physiquement possible ! Ni écologiquement d’ailleurs.
Les gens, humains populaires, qui sont
« gentils » par définition étymologique (de gens,
genos), donc par défaut accueillant spontanément, disent comme mes
grands mères « on aime donner, mais pas qu’on nous
prenne », en particulier qu’on nous prenne pour des
connes, indifférenciées, interchangeables, pour des
« individus » de masse d’ici ou d’ailleurs, du bétail
objet de « droits ». Mes grand mères on connu et assumé l’exode,
les guerres, l’occupation !
Donc vouloir des logements « pour
tous » qui soient des « hotels » anonymes comme dit
Attali « pour toutes & tous », caser les gens
indifférenciés comme des lapins en clapier, çà marche pas :
c’est conflictogène, c’est déresponsabilisant, collectivement
déshumanisant.
Il est donc malhonnête de
dénoncer une fabrication de racisme quand on met sciemment
en concurrence les uns d’ici avec les autres d’ailleurs, comme des
lapins d’importation, c’est souffler sur les braises pour cacher que
les politiques d’ouverture migratoire, faussement
conjocturelles, réellement structurelles, sont anti-sociales et anti-prolétarienne par construction systémique. C’est même fait pour !
A force de ne pas le dire pour bien
faire, vous finissez par sembler le cacher. Y a un problème !
Faut pas déplorer les effets dont on chérit tacitement les causes !
C’est reporter sournoisement la culpabilité « anti-raciste »
sur les prolétaires, leur asséner la double peine ! C’est
monter les logés contre les mal logés ! Finalement çà
confine à la mutualisation des coûts (et des coups !) sociaux pour
la plus grande privatisation des profits ! Ce serait du
fauxcialisme !