Un
article à la thèse dépassée de puis belle lurette au moment de sa
parution, et qui reprend un point de vue qui est en fait celui d’un
discours occidental bien-pensant.
Pointent
par exemple le bout de leur nez certaines inversions pratiquées par
une propagande sioniste-impérialiste ; ainsi quand certains sayanims
disent que les pro-palestiniens veulent faire oublier les leçons des
procès de Nuremberg, alors que ce sont bel et bien Nétanyahou et
ses multiples sbires et soutiens qui ont cette intention. Et aussi
certaines incompréhensions au sujet de la notion de génocide, trop
hâtivement assimilée à la Solution Finale, qui avec ses
einsatzgruppen et ses camps d’extermination en était la forme la
plus extrême, la plus mécanisée et industrialisée, mais n’est
nullement exclusive d’autres définitions. Elle-même d’ailleurs
recourrait aussi à l’expulsion de masse, la famine imposée, la
stérilisation forcée, on voit qu’elle était diverse au niveau de
ses pratiques. Génocide n’a en fait pratiquement jamais voulu dire
volonté de tuer tous les membres d’un groupe ethnique, racial ou
national donné, mais seulement de réduire délibérément une
population. Si on s’en tenait au génocide hitlérien pour définir
le terme, le massacre de Srebrenica ne serait par exemple pas un
génocide (et il est vrai que sa qualification ainsi reste
discutable, mais seulement parce que l’intention de réduire
délibérément la population musulmane de Bosnie demeure difficile à
prouver, non parce qu’elle ne serait pas constitutive d’un génocide
si elle existait)
Et
il n’est pas la peine d’ergoter sur le fait qu’on devrait mieux
parler de purification ethnique que de génocide, car même si cette
objection paraît fondée à première vue, il reste que c’est
essentiellement un faux-semblant et même une perte de temps. Car il
se trouve qu’il n’y a pas de différences au niveau du droit pénal
entre les deux, relisez par exemple les statuts de la Cour Pénale
Internationale, le type d’actes attachés au ’’nettoyage ethnique’’
(dont la déportation de masse) se retrouvant en fait tous dans la
définition du génocide. Les notions de « purification ethnique » ou
de « nettoyage ethnique » ne sont d’ailleurs pas reconnues dans les
textes juridiques, et à ma connaissance c’est vrai dans les codes
criminels de tous les pays. Et même si on décidait de le faire, il
serait difficile d’établir une distinction nette, car les deux ont
tendance à se fondre en l’autre, on passe de l’un à l’autre
(c’est-à-dire tels qu’on les définit habituellement dans les
médias) de façon progressive, sans aucune solution de continuité.
Et il est indiscutable, au vu de tous les éléments disponibles, que
Israël se livre bien à des agissements visant non seulement à
faire fuir les Palestiniens de Gaza, mais aussi à réduire leur
nombre en causant leur mort, non seulement par bombardements
indiscriminés, mais aussi en organisant sciemment la famine et le
manque de soins. On ignore quel est le nombre exact de morts causés
par l’intervention israélienne, mais il est indiscutablement
beaucoup plus élevé que les quelques 70 000 reconnus par le Hamas,
auxquels s’ajoutent entre 10 000 et 20 000 disparus. Il ne s’agit là
que des tués directement par les frappes israéliennes. Mais avec
les morts de famine et du manque de soins, on pourrait approcher les
300 000.
Mais
là où on voit que la thèse défendue par l’auteur de l’article est
à côté de la plaque, c’est que les responsables israéliens ne
cachent même plus leurs intentions envers les gazaouites. En
fait, toute discussion de ce genre n’est désormais plus d’actualité.
Netanyahou et ses sbires ne faisant plus mystère de leur désir de
vider Gaza de tous les Palestiniens, avec ou sans l’aide de Trump, il
s’agit désormais d’une affaire close, il y a bien pratiques
génocidaires reconnues par les criminels eux-mêmes.
La
seule question qui se pose, maintenant, c’est de savoir ce qu’il faut
faire pour l’empêcher, et, de façon plus grave, si ce ce qu’il faut
faire sera fait. Pour le moment, on n’en prend vraiment pas la
direction. C’est là que la décrépitude morale tant des Européens
que des étatsuniens (pour ne pas parler des régimes arabes
affairistes) s’étale pleinement aux yeux du monde. Déjà mal
embarqués avec la guerre en Ukraine qu’ils ont créée par leurs
agissements déstabilisateurs, ils ont perdu le peu de considération
qu’ils pouvaient encore avoir aux yeux du monde. Il faut voir la
façon dont ils font des pieds et des mains pour ignorer le mandat
d’arrêt de la Cour Pénale Internationale contre Nétanyahou, voire
l’accueillir de façon infamante, exposant leur racisme et leur
impérialisme de la façon la plus flagrante. Maintenant, c’est au
tour de la Cisjordanie d’être maltraitée et victime d’une
intensification des pogromes et de nettoyage ethnique avec la
complicité des Européens. Quand un criminel réussit sans que
personne ne lui dise rien, il continue.