• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Analis

sur Guerre Israël-Hamas : déconstruire le mythe du génocide dans la bande de Gaza


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Analis 4 avril 2025 11:18

Un article à la thèse dépassée de puis belle lurette au moment de sa parution, et qui reprend un point de vue qui est en fait celui d’un discours occidental bien-pensant.

Pointent par exemple le bout de leur nez certaines inversions pratiquées par une propagande sioniste-impérialiste ; ainsi quand certains sayanims disent que les pro-palestiniens veulent faire oublier les leçons des procès de Nuremberg, alors que ce sont bel et bien Nétanyahou et ses multiples sbires et soutiens qui ont cette intention. Et aussi certaines incompréhensions au sujet de la notion de génocide, trop hâtivement assimilée à la Solution Finale, qui avec ses einsatzgruppen et ses camps d’extermination en était la forme la plus extrême, la plus mécanisée et industrialisée, mais n’est nullement exclusive d’autres définitions. Elle-même d’ailleurs recourrait aussi à l’expulsion de masse, la famine imposée, la stérilisation forcée, on voit qu’elle était diverse au niveau de ses pratiques. Génocide n’a en fait pratiquement jamais voulu dire volonté de tuer tous les membres d’un groupe ethnique, racial ou national donné, mais seulement de réduire délibérément une population. Si on s’en tenait au génocide hitlérien pour définir le terme, le massacre de Srebrenica ne serait par exemple pas un génocide (et il est vrai que sa qualification ainsi reste discutable, mais seulement parce que l’intention de réduire délibérément la population musulmane de Bosnie demeure difficile à prouver, non parce qu’elle ne serait pas constitutive d’un génocide si elle existait)


Et il n’est pas la peine d’ergoter sur le fait qu’on devrait mieux parler de purification ethnique que de génocide, car même si cette objection paraît fondée à première vue, il reste que c’est essentiellement un faux-semblant et même une perte de temps. Car il se trouve qu’il n’y a pas de différences au niveau du droit pénal entre les deux, relisez par exemple les statuts de la Cour Pénale Internationale, le type d’actes attachés au ’’nettoyage ethnique’’ (dont la déportation de masse) se retrouvant en fait tous dans la définition du génocide. Les notions de « purification ethnique » ou de « nettoyage ethnique » ne sont d’ailleurs pas reconnues dans les textes juridiques, et à ma connaissance c’est vrai dans les codes criminels de tous les pays. Et même si on décidait de le faire, il serait difficile d’établir une distinction nette, car les deux ont tendance à se fondre en l’autre, on passe de l’un à l’autre (c’est-à-dire tels qu’on les définit habituellement dans les médias) de façon progressive, sans aucune solution de continuité. Et il est indiscutable, au vu de tous les éléments disponibles, que Israël se livre bien à des agissements visant non seulement à faire fuir les Palestiniens de Gaza, mais aussi à réduire leur nombre en causant leur mort, non seulement par bombardements indiscriminés, mais aussi en organisant sciemment la famine et le manque de soins. On ignore quel est le nombre exact de morts causés par l’intervention israélienne, mais il est indiscutablement beaucoup plus élevé que les quelques 70 000 reconnus par le Hamas, auxquels s’ajoutent entre 10 000 et 20 000 disparus. Il ne s’agit là que des tués directement par les frappes israéliennes. Mais avec les morts de famine et du manque de soins, on pourrait approcher les 300 000.


Mais là où on voit que la thèse défendue par l’auteur de l’article est à côté de la plaque, c’est que les responsables israéliens ne cachent même plus leurs intentions envers les gazaouites. En fait, toute discussion de ce genre n’est désormais plus d’actualité. Netanyahou et ses sbires ne faisant plus mystère de leur désir de vider Gaza de tous les Palestiniens, avec ou sans l’aide de Trump, il s’agit désormais d’une affaire close, il y a bien pratiques génocidaires reconnues par les criminels eux-mêmes.

La seule question qui se pose, maintenant, c’est de savoir ce qu’il faut faire pour l’empêcher, et, de façon plus grave, si ce ce qu’il faut faire sera fait. Pour le moment, on n’en prend vraiment pas la direction. C’est là que la décrépitude morale tant des Européens que des étatsuniens (pour ne pas parler des régimes arabes affairistes) s’étale pleinement aux yeux du monde. Déjà mal embarqués avec la guerre en Ukraine qu’ils ont créée par leurs agissements déstabilisateurs, ils ont perdu le peu de considération qu’ils pouvaient encore avoir aux yeux du monde. Il faut voir la façon dont ils font des pieds et des mains pour ignorer le mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale contre Nétanyahou, voire l’accueillir de façon infamante, exposant leur racisme et leur impérialisme de la façon la plus flagrante. Maintenant, c’est au tour de la Cisjordanie d’être maltraitée et victime d’une intensification des pogromes et de nettoyage ethnique avec la complicité des Européens. Quand un criminel réussit sans que personne ne lui dise rien, il continue.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès