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Commentaire de njama

sur Catherine Théot, la « Mère de Dieu » : prophétesse ou folle dans la tourmente révolutionnaire ?


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njama njama 8 mai 2025 12:34

@Giuseppe di Bella di Santa Sofia

« L’affaire Théot : un complot contre Robespierre »  ?

Points de vue sur l’affaire Catherine Théot
Michel Eude, Annales historiques de la Révolution française Année 1969 198 pp. 606-629

Il existe, sur l’interprétation de l’affaire Catherine Théot, une vulgate qui a trouvé son expression la plus nette dans l’œuvre d’Albert Mathiez : machination du Comité de sûreté générale — en particulier de Vadier — contre Robespierre, dans le double but d’abattre par le ridicule le « pontife » de l’Être Suprême, et d’entraver la politique d’apaisement religieux que Robespierre s’efforçait de réaliser par le décret du 18 floréal (1). Interprétation qui semble avoir été admise implicitement par beaucoup d’historiens de la Révolution française.

Elle a pour elle des faits et des témoignages contemporains incontestables, au premier rang desquels il faut placer le discours de Robespierre à la Convention le 8 thermidor : « La première tentative que firent les malveillants fut de chercher à avilir les grands principes que vous aviez proclamés et d’effacer le souvenir touchant de la fête nationale [du 20 prairial]. Tel fut le but du caractère et de la solennité qu’on donna à ce qu’on appelait l’affaire de Catherine Théot. La malveillance a bien su tirer parti de la conspiration politique cachée sous le nom de quelques dévotes imbéciles, et on ne présenta à l’attention publique qu’une farce mystique et un sujet inépuisable de sarcasmes indécents ou puérils » (2).

Loin de nier le fait, Vadier le confirme : alors que dans son rapport il s’était bien gardé de citer le nom de Robespierre,l n’hésita pas, le 9 thermidor, à faire état d’une prétendue lettre de Catherine Théot à celui-ci. Et dans sa vieillesse, un des souvenirs que l’ancien conventionnel — au témoignage de Philarète Chasles — ressassait avec le plus de complaisance était ce rapport du 27 prairial an II, par lequel il se vantait d’avoir anéanti , fini , abîmé Robespierre et son Être Suprême (3).

Témoignages irrécusables, certes. Mais est-il interdit de nuancer quelque peu l’interprétation traditionnelle ? Doit-on voir dans l’action du Comité de sûreté générale uniquement une machine de guerre dirigée contre Robespierre et sa politique religieuse, l’exploitation tendancieuse de renseignements auxquels Vadier et ses collègues n’auraient, dans d’autres circonstances, attaché aucune importance, mais dont ils se servirent pour ridiculiser Robespierre ? Il ne le semble pas.

Que le Comité ait saisi l’occasion qui s’offrait à lui, qu’il ait aperçu le parti qu’on pouvait en tirer, que Vadier en particulier se soit empressé de donner libre cours à son esprit voltairien, à l’hostilité foncière que lui inspiraient la religion chrétienne et ses cérémonies, soit. Mais qu’on ait éprouvé, à l’Hôtel de Brionne, une réelle inquiétude devant les développements de l’affaire, dans le climat de peur du printemps de 1794, c’est ce qu’il semble difficile de contester.

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https://www.persee.fr/doc/ahrf_0003-4436_1969_num_198_1_3861


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