@Phil
Belle intuition, je confirme les frères La Truelle sont à la manœuvre depuis quelques décennies ! Un pas non pas vers une éthique, une autre vision morale humaniste, mais clairement vers l’amoralité, une rupture anthropologique au nom de la liberté absolue de conscience !
« Vous mesurez tout le temps perdu depuis les années 1970 ? »
« Nous sommes rentrés en période préfasciste » : Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France, face à Michel Taube
vendredi 19 avril 2024
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- Dernière question, sur la fin de vie, avec un projet de loi en discussion. Là aussi, est-ce que vous avez une position sur ce débat qui commence à diviser la société française ?
Je ne crois pas que ce débat divise la société française. Je crois qu’au contraire cette loi de l’ultime liberté, comme je la qualifie, est très attendue par une écrasante majorité de Françaises et de Français. Le Grand Orient de France a toujours été aux avant-postes de ce combat qui est un combat laïque.
- Pourquoi est-il laïque ?
Il est laïque parce que, là encore, il est question de la liberté absolue de conscience. Il est question de la libre disposition par les êtres humains de leur corps pendant toute leur vie jusqu’à leur mort et de l’émancipation de leur mort. C’est-à-dire que c’est une question aussi d’émancipation.
Les êtres humains ont émancipé leur vie. Là, il s’agit d’émanciper leur mort des dogmes religieux, parce que ceux qui sont les adversaires de ce projet de loi sur une aide à mourir, qui sont-ils ? Ce sont les religieux. Ce sont les religions, ce sont les dogmes.
- Mais on pourrait être, par sa propre conscience, hostile à ce projet de loi sans être d’ailleurs un dogmatique ?
Bien sûr, ce projet de loi va donner des droits, et ne rien enlever à ceux qui ne veulent pas en bénéficier. Mais celles et ceux à qui on a annoncé qu’ils sont condamnés, qu’ils ont une maladie incurable, que leur espérance de vie est inférieure à un an, doivent pouvoir choisir le moment de leur finitude. C’est une question de progrès social.
Il n’est pas acceptable dans ce pays, ni dans le monde, que des femmes et des hommes puissent non seulement souffrir physiquement mais aussi moralement, parce qu’ils se savent condamnés et leur espérance de vie très courte. Donc, je crois que c’est une question de progrès de l’humanité.
- Il y a des francs-maçons qui sont contre ce point de vue, j’imagine ?
Vous savez, au Grand Orient de France, il y a la liberté d’expression, donc il y a des débats. Mais, aujourd’hui, je crois que ces débats ont eu lieu. Ils ont eu lieu d’ailleurs au sein de la Convention citoyenne sur la fin de vie, qui a été, dans une écrasante majorité, une quasi-unanimité, favorable à la loi qui permet cette aide à mourir.
Désormais, les débats doivent avoir lieu au Parlement. Nous, ce que nous attendons, c’est que les parlementaires se saisissent désormais de ce projet de loi. Henri Caillavet, illustre franc-maçon, avait, dans les années 1970, soumis une proposition de loi pour une fin de vie digne. Elle avait été rejetée à quelques voix près au Sénat.
Vous mesurez tout le temps perdu depuis les années 1970 ? Bien sûr, il va y avoir des débats et nous sommes attachés à la démocratie, mais les Françaises et les Français, qui ont tous été touchés dans leur chair parce qu’on a tous, à un moment de notre vie, eu des amis ou de la famille concernés, ne peuvent plus attendre.
Propos recueillis par Michel Taube
https://www.opinion-internationale.com/2024/04/19/nous-sommes-rentres-en-periode-prefasciste-guillaume-trichard-grand-maitre-du-grand-orient-de-france-face-a-michel-taube_121052.html