(suite)
On sait que le Trust colonial juif (T.C.J.) créé par
l’Organisation sioniste mondiale en 1898 était, selon
Nahum Sokolow, l’un des premiers théoriciens du sionisme,
un instrument financier du mouvement sioniste dans la
poursuite de l’objectif principal : le développement
industriel et commercial de la Palestine et des pays
voisins [9]. Il s’agissait donc d’une entreprise
capitaliste. Son capital initial était d’environ deux
millions de livres, somme considérable pour l’époque. Les
colonialistes britanniques étaient intéressés au succès
de l’entreprise. Dans le sionisme, ils voyaient un moyen
de combattre le mouvement de libération nationale au
Proche-Orient, une sorte de « corps de janissaires »
pour la protection des frontières de l’empire
britannique. Mais à l’époque déjà, les
objectifs du sionisme dépassaient de loin la simple
colonisation de la Palestine. Créer un « foyer national »
. Peu importe où : puisqu’on envisageait l’organisation
d’un « État juif » en Ouganda ou en Argentine. [10] Cela
était nécessaire à la grande bourgeoisie juive,
étroitement liée à l’impérialisme, surtout pour garder
sous son influence les masses des travailleurs juifs. V.
Jabotinski ne le cachait pas :