@Francis, agnotologue
La première citation, « Une œuvre d’art est un mensonge criant de vérité », est en effet très poétique et saisissante. On peut y voir une interprétation nietzschéenne.
L’art est un « mensonge » dans le sens où il n’est pas la réalité brute. Il recourt à la fiction, à l’illusion, à la mise en scène. Il choisit de montrer une chose plutôt qu’une autre. Mais c’est un « mensonge » qui crie de vérité, car c’est précisément dans cette illusion que se révèle une vérité plus profonde sur la condition humaine, nos émotions, nos désirs, nos peurs. C’est l’art qui nous donne les moyens de transformer le chaos de la vie en une expérience esthétique qui fait sens.
La deuxième citation soulève des problèmes logiques plus sérieux (désolé). L’idée que « Les seules pensées auxquelles un penseur est absolument nécessaire sont les mensonges » est incohérente.
D’une part, la notion de « pensée vraie » n’a de sens que si elle est saisie par un esprit, un « penseur ». Une « pensée vraie » qui n’est pas pensée par quelqu’un n’est rien d’autre qu’une information inerte, un fait sans conscience. C’est le penseur qui lui donne son statut de « pensée ».
D’autre part, si un « mensonge » est une pensée qui est sciemment fausse, alors il requiert la conscience et la volonté d’un « penseur » pour être formulé. Mais le même raisonnement s’applique à la « vérité ». Il faut qu’un penseur existe pour qu’il y ait une intentionnalité de vérité. En d’autres termes, pour qu’il y ait une distinction entre le vrai et le faux, il faut un esprit qui pense et qui discerne. La prémisse de cette citation, qui sépare la pensée vraie de tout penseur, est donc fallacieuse.