(suite)
En faisant d’abord observer que l’utilisation du mot « compagnons » est inappropriée et que le vocabulaire a un sens : les résistants gaullistes se donnaient du « compagnon » quand les communistes s’appelaient « camarade ». Et Môquet lui-même parle de ses co-suppliciés ainsi : « mes 26 camarades ». Mais évidemment, le mot « camarade » lui-même, fortement connoté, évoque le communisme comme si on le prononçait en langue soviétique, « tovaritch ». On a donc remplacé le mot honni de la droite par un « compagnon » moins « ringard », dixit Guaino. Cette précision utilement apportée aux élèves, il faudra ensuite leur conter comment la frange la plus puissante du patronat français, en cheville avec L’État pétainiste, a profité de l’exigence allemande d’exécuter des otages pour éliminer ses opposants politiques en même temps que les animateurs du mouvement social, pour mieux le décapiter. Et enfin leur lire la lettre de ce jeune homme de 17 ans, qui va mourir simplement parce qu’il est le fils de Prosper Môquet, député communiste élu en 1936, et que cette seule filiation suffit aux yeux du gouvernement français de Vichy à lui faire mériter la peine capitale. « Victime de la barbarie nazie » ? Plutôt martyr politique aux bourreaux bien Français.
Extrait de Guy Môquet, assassiné par le grand patronat français, 22 octobre 2007.